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Transports publics 30/11/2016

Mobilités : l’AdCF et Transdev appellent collectivités et opérateurs à se réinventer

par Hugo Soutra
idBus, transporteur français © Flickr-CC-Eddie

L’AdCF et Transdev ont analysé les évolutions récentes dans le secteur de la mobilité, dans un contexte institutionnel mouvant. L’occasion pour l'association d’élus et l'opérateur de transports publics d'appeler, lors d’un point-presse commun le 22 novembre, les autorités organisatrices des transports (AOT) à davantage expérimenter et innover au bénéfice de l’intermodalité.

« La question de la mobilité est d’ordinaire la grande absente des campagnes électorales. Mais cet enjeu stratégique, notamment pour le monde périurbain et rural, ne pourra pas ne pas être traité dans les mois à venir » prévient Charles-Eric Lemaignen. A entendre le président de l’Assemblée des communautés de France (AdCF), les évolutions récentes en matière de mobilité et de transports publics rendent aujourd’hui plus que jamais ce débat incontournable.

Les professionnels dénoncent la fragilité de leur modèle économique, du fait des faibles tarifs des transports publics en France. Leurs capacités d’investissements aurait été réduite, tout comme leurs possibilités d’innovations et d’expérimentations. Ce n’est pourtant pas faute d’en avoir besoin : le découpage de la France en 13 grandes régions ainsi que la rationalisation de la carte intercommunale oblige à réinventer les rôles et les pratiques des autorités organisatrices comme des opérateurs privés de transports publics. Les prestataires des intercos XXL qui naîtront au 1er janvier 2017, par exemple, seront probablement confrontés à un taux de remplissage moindre dans certaines zones peu denses du territoire.

Changements institutionnels et révolution digitale

La nécessité de s’adapter au nouveau paysage institutionnel en matière de gestion des mobilités est l’une des principales raisons qui a poussé l’AdCF à faire appel à Transdev pour « croiser les regards. » Un rapport commun a été présenté le 22 novembre, pour aider les vice-présidents de communautés, métropoles et régions en charge des Transports à réfléchir à des solutions innovantes. Son P-DG, Thierry Mallet, insiste pour sa part sur la révolution digitale en cours : « l’économie collaborative a un fort effet de-régulateur et bouscule les règles du jeu : la voiture individuelle ne peut désormais plus être exclue des schémas de transport, d’autant plus qu’elle est de moins en moins individuelle si l’on pense au covoiturage ou aux VTC. »

A bien des égards, il est aujourd’hui plus aisé pour l’autorité publique de réguler les cars Macron ou son délégataire de service public que Blablacar… Pas de panique pour autant ! Les transformations à l’œuvre du fait du numérique peuvent très bien être mises au service de l’intérêt général. Ainsi de l’analyse des données en temps réel, qui pourrait permettre aux autorités organisatrices d’optimiser les flux de circulation en heure de pointe ou encore de faciliter le stationnement, permettant ainsi d’économiser des émissions de CO² et/ou d’éviter de construire des parkings supplémentaires.

Elargir la palette de solutions

Ce nouveau contexte technologique, économique, territorial et sociétal représenterait donc aussi une formidable occasion d’élargir la palette des solutions. Notamment pour ce qui est des transports périurbains. Pourquoi les autorités organisatrices de ces territoires ne développeraient-elles et n’expérimenteraient-elles pas avec les industriels ou les exploitants privés des applications pour organiser l’auto-stop de façon sécurisée ou faciliter le covoiturage de courte-distance ? 

La principale innovation attendue par l’AdCF et Transdev réside néanmoins dans l’amélioration de l’intermodalité, terme en vogue quoique trop rarement concrétisé. C’est sur quoi insiste, au demeurant, leur rapport. Plus que jamais, les collectivités devraient tenter d’assurer une continuité de service entre les différents réseaux publics de transports urbains, périurbains et ferroviaires, en intégrant le transport à la demande, l’usage partagé de la voiture individuelle ou tout autre type de services de mobilités, pas forcément conventionnés.

Agrégateur d’offres et gares vivantes

Il leur appartient désormais de jouer un rôle d’agrégateur, d’ensemblier des différentes offres disponibles sur leurs territoires. Objectif : organiser les trajets des usagers de A à Z.  « De plus en plus d’élus semblent prendre conscience de la nécessité de proposer un système unifié de billettique multimodale avec une tarification intégrée. Reste à trancher la question du partage des recettes, mais j’ai bon espoir » confie Charles-Eric Lemaignen.

Enfin, comme l’explique le rapport AdCF/Transdev, « qui dit articulation entre offre publique conventionnée et offre dérégulée dit lieux communs », connectant les différentes solutions de mobilité à disposition des habitants-usagers. « Ces lieux d’intermodalité doivent être correctement identifiés par nos administrés. Ils doivent également devenir des lieux de vie, pour que le temps d’attente perçu ne soit plus considéré comme du temps perdu » souhaite Charles-Eric Lemaignen. Il reprend ici une préconisation de la filiale Gares & Connexions de la SNCF, dans l’optique de diversifier les revenus des opérateurs par l’installation de commercialités.

Références

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