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Réseaux de transport 17/11/2016

L’UTP encourage les élus locaux à augmenter progressivement les tarifs des transports

par Nathalie Da Cruz
Le tram, à Brest © D. Leroux

Depuis 10 ans, en tenant compte de l’inflation, le prix des titres de transport a diminué pour les voyageurs. Raison pour laquelle l'Union des transporteurs publics et ferroviaires (UTP) incite les autorités organisatrices à accroître progressivement les tarifs, pour que les usagers paient à leur juste prix des réseaux qui ont amélioré leur offre.

Les transports publics ont la cote, s’est réjoui Jean-Pierre Farandou, président de l’UTP, en présentant les le 17 novembre les résultats de son Observatoire de la mobilité. Plus de 1000 voyageurs résidant dans des agglomérations de 50 000 habitants et plus ont été interrogés. 67 % d’entre eux utilisent les transports en commun au moins deux fois par semaine – contre 62 % en 2015.

Une fréquentation des TER en recul

« Une hausse de la fréquentation liée au développement quantitatif de l’offre : + 60 % en 20 ans, et à sa très grande progression qualitative », analyse l’UTP.

Bus, métros et tramways sont plébiscités par les usagers. En revanche, les TER font l’objet d’une baisse structurelle depuis plusieurs années. « Pour se déplacer sur des distances plus longues, les Français préfèrent la voiture, d’autant plus que, ces deux dernières années, le prix des carburants a baissé », explique l’UTP.

Des tarifs très – trop ? – attractifs

Les usagers qui choisissent les transports publics le font parce qu’ils les trouvent pratiques, mais aussi économiques, pour 49 % d’entre eux. En moyenne, en France, le ticket coûte 1,22 euro et l’abonnement mensuel 30 euros. Si, à Paris, le ticket unitaire est à 1,90 euro à Paris, il est à 1,50 euro à Madrid et Rome, mais à 2,70 euros à Berlin, 3,70 euros à Stockholm et… 7,20 à Londres.

Aujourd’hui, le prix des transports publics en France est inférieur de 2 % à celui qu’il était en 2005, si l’on prend en compte l’inflation ! La raison ? Une frilosité des élus à augmenter les tarifs des transports. Or leur modèle économique est fragilisé. Alors que leur coût était couvert à 50 % par les recettes issues des ventes des titres dans les années 2000, aujourd’hui, ce taux de couverture a reculé à 30 %. Ces 20 % perdus en quinze ans, il faudrait les rattraper progressivement, sur les quinze ans à venir, estime l’UTP.

Répercuter l’inflation et l’amélioration de l’offre

« J’incite les élus locaux à avoir le courage d’augmenter progressivement les tarifs pour répercuter l’inflation, surtout lorsque l’offre s’améliore avec l’ouverture d’une nouvelle ligne ou l’achat de nouvelles rames, par exemple ». Quant à la gratuité des réseaux, l’UTP comme le Groupement des autorités responsables de transport (GART) s’y oppose.

 

La tarification solidaire, plus juste

L’UTP a mis en avant une bonne pratique : celle de la tarification solidaire, basée non plus sur le statut mais sur les revenus réels, ce qui est plus juste. Elle évite un tarif réduit pour un retraité aisé, par exemple, du seul fait de son statut… Elle gagne du terrain en France : les agglos de Strasbourg, Grenoble, Brets, Quimper, Dunkerque, Nantes, Abbeville, Vannes, Blois, Chambéry, Montauban ont opté pour cette tarification. Et bientôt, ce sera le tour de Toulouse et Clermont-Ferrand.

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