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Politique de la ville 28/10/2016

Un milliard supplémentaire pour la rénovation urbaine, des formations pour les conseillers citoyens

par Hugo Soutra
Logement HLM dégradé © M. Kis

Lors du premier Forum national des conseils citoyens, le président de la République François Hollande a annoncé que l’Etat contribuerait au NPNRU non plus à hauteur de 5 mais de 6 milliards d’euros d'ici 2025. Réaffirmant la nécessaire dimension participative de la politique de la ville, le gouvernement avait, quelques minutes plus tôt, confirmé que les conseillers citoyens bénéficieraient de formations pour devenir autonomes et co-construire véritablement des projets conçus par et pour les habitants des quartiers prioritaires.

Les habitants des quartiers populaires attendaient ce discours depuis des mois. Pour ne pas dire des années. « La politique de la ville a longtemps été centrée sur la rénovation de l’habitat. Le bilan est positif en ce qui concerne l’amélioration du bâti, mais reste insuffisant car les habitants ont trop souvent été oubliés » a reconnu le président de la République, François Hollande, en conclusion du premier Forum national des Conseils citoyens, point d’orgue d’une « rentrée citoyenne » qui aura réuni près de 20 000 acteurs associatifs et adultes-relais partout en France depuis fin septembre.

L’hôte de l’Elysée, que certains voient déjà en campagne présidentielle, est venu les mains pleines de cadeaux à la Cité des Sciences de Paris, ce 27 octobre. Il y a, par exemple, annoncé l’octroi « d’un milliard supplémentaire aux cinq milliards du nouveau plan national de renouvellement urbain (NPNRU). L’idée est de dégager des moyens supplémentaires pour ce qui fait la vie dans les quartiers, pour les écoles, les équipements culturels, les centres sportifs » a-t-il expliqué au millier de conseillers citoyens réunis par le ministère de la Ville.

Plus de 850 conseils citoyens, plus ou moins efficaces

Ces derniers représentaient près de 860 conseils citoyens – composés d’habitants tirés au sort, de volontaires et d’acteurs associatifs. Ces structures ont été installées au cours des derniers mois pour permettre aux habitants de mieux se faire entendre et d’influer sur les politiques publiques locales mises en œuvre dans les quartiers prioritaires. « Certains conseils citoyens fonctionnent, d’autres piétinent. Mais les freins peuvent être levés avec un minimum de volontarisme politique » veut croire Mohammed Mechmache, inspirateur de ce dispositif avec la sociologue Marie-Hélène Bacqué. « Les habitants ne représentent pas un problème, mais une partie de la solution. Si élus comme habitants jouent le jeu, c’est gagnant-gagnant. »

Aux yeux de François Hollande, la participation des habitants aux contrats de ville aurait dû être acquise depuis bien longtemps. « La démocratie, ce n’est pas simplement voter une fois tous les six ans pour votre maire. La démocratie, c’est aussi déterminer votre destin au quotidien. J’attends que vous investissiez ces lieux, y parliez au nom des quartiers et prenez les décisions en collaboration avec les élus » a exhorté le président de la République.

« Parce que c’est vous qui connaissiez le mieux les quartiers, votre implication est extrêmement importante. Les projets défendus par les élus peuvent être améliorés grâce à votre expertise d’usage » a assuré, pour sa part, la secrétaire d’Etat aux collectivités territoriales, Estelle Grellier. « Personne ne doit sous-estimer votre rôle, mais travaillez avec bienveillance. Car vous ne devez pas oubliés que les maires, leurs adjoints ou les conseillers communautaires sont, eux aussi, pleinement légitimes du fait de leurs élections au suffrage universel. »

Diverses formations pour les conseillers citoyens

Le président de la République en a remis une couche lors de son allocution finale : « le conseil citoyen, ce n’est pas un conseil municipal-bis : il ne doit ni servir de courroie de transmission aux élus locaux ni être manipulé par l’opposition locale. » Au contraire, le conseil citoyen peut servir de médiateur entre les différents opérateurs de la ville ainsi qu’avec les habitants. Encore faut-il, pour véritablement parvenir à échanger et co-construire des projets avec les élus ou les bailleurs sociaux, comprendre les acronymes de la politique de la ville…

C’est pourquoi nombre de conseillers citoyens n’ont pas hésité, tout au long de ce Forum national, à faire remonter leurs besoins de formation. « Nous devrions recevoir des formations sur les institutions, le fonctionnement du développement social urbain ou de la rénovation urbaine. Ce n’est pas simple de décrypter le jargon des contrats de ville » entend-on dans la salle. Par la voix de Patrick Kanner, le ministère de la Ville  a rappelé leur a accordé une enveloppe de 7 millions d’euros, dont 5 spécifiquement dédiés à la formation et à l’animation.

Améliorer l’image des quartiers

Une plateforme a également été mise en place pour que ces structures échangent de bonnes pratiques entre elles, s’autonomisent et apprennent ainsi à peser. Mais pas seulement, il s’agirait aussi de « donner à voir ce qui se fait dans les quartiers populaires et inspirer les populations plus aisées » veut croire la secrétaire d’Etat à la Ville, Hélène Geoffroy. De l’aveu de tous, conseillers citoyens comme personnalités politiques, la bataille de l’image sera en effet déterminante. « Les difficultés de ces quartiers ne sont pas à nier, mais leurs habitants ne doivent pas pour autant être réduits à cela. C’est extrêmement réducteur » dénonce Patrick Kanner, le ministre de la Ville.

Autres pistes de travail : développer la desserte des quartiers prioritaires en transports en commun pour faciliter l’accès à l’emploi, veiller à la ferme application des clauses d’insertion, réfléchir à de nouvelles exonérations de charges pour les créateurs d’entreprises, améliorer « l’estime de soi » des jeunes de banlieues ou bien encore augmenter de la mixité sociale. Ils ne semblent pas manquer d’idées.

Augmentations de la DPV et de la DSU

Devant le grand public, le président de la République s’est contenté d’un discours généraliste, n’allant pas plus loin que l’annonce d’une hausse du budget de l’ANRU. Ce qui n’a pas empêché le ministère de la Ville de confirmer, plus tard, que la Dotation politique de la ville (DPV) serait augmentée de 50 millions d’euros supplémentaires par an. La Dotation de solidarité urbaine (DSU) augmentera également, de son côté, de façon « significative » selon les services de l’Etat pour soutenir les capacités d’investissement des collectivités. 

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