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Sécurité publique 18/07/2016

Face aux attentats, le Sénat prône une réserve territorialisée contre les « déserts militaires »

par Aurélien Hélias
Réserve militaire © defense.gouv.fr

Présenté la veille de l'attentat de Nice, le rapport Jourda-Bockel en faveur d'une réserve militaire territorialisée a été transmis au chef de l'Etat. S'ils ne proposent pas une Garde nationale sur le modèle américain, les deux sénateurs préconisent de renforcer les moyens de cette réserve et d'en déployer les effectifs de manière à lutter contre les « déserts militaires ».

Dans un rapport adopté à l’unanimité de la commission des affaires étrangères et de la défense, et présenté le 13 juillet 2016, les sénateurs Jean-Marie Bockel (UC-UDI, Haut-Rhin) et Gisèle Jourda (PS, Aude) proposent notamment de territorialiser la réserve opérationnelle militaire « face au risque de troubles graves générés par la vague d’attentats terroristes que nous subissons actuellement ». Des propositions qui « rejoignent votre orientation », a ainsi écrit le sénateur du Haut-Rhin à François Hollande, deux jours plus tard, au lendemain de l’attentat qui a frappé Nice.

« Vous avez évoqué la possibilité de faire appel à la réserve militaire opérationnelle pour de nouvelles missions dans le cadre de la prévention des attentats terroristes et de leurs éventuelles conséquences sur le maintien de l’ordre public et de la cohésion nationale », rappelle Jean-Marie Bockel. Et de souligner également que le chef de l’Etat avait évoqué, lors de son discours au Congrès de Versailles, à la suite des attentats du 13 novembre 2015, la constitution d’une Garde nationale « dans le cadre de la montée en puissance de la réserve militaire ».

« Une participation directe des citoyens à la défense du pays »

Dans leur rapport, les deux sénateurs ne vont pas jusqu’à imaginer une Garde nationale sur le modèle américain. Mais leur constat est clair : « La professionnalisation des armées, à la fin des années 1990, devait s’accompagner d’une réserve plus disponible et mieux formée. Mais la montée en puissance de la réserve ne s’est jamais produite. Elle reste malheureusement une variable d’ajustement budgétaire pour la Défense », déplore l’ancien ministre. La « rénovation » de la réserve s’avère donc nécessaire selon le Sénat, tant pour soulager « des forces armées qui se retrouvent sur-sollicitées » dans le contexte d’attentats répétés, que pour permettre une « une participation directe de l’ensemble des citoyens à la défense du pays ».

Aussi, les deux rapporteurs préconisent d’assurer « un maillage territorial qui ancre la réserve et, à travers elle, les armées, sur l’ensemble du territoire national, notamment dans les « déserts militaires », issus « pour une grande part de la recomposition de la carte militaire qui a été opérée ces dernières années et des dissolutions de régiments et de bases aériennes qui en ont procédé ».

La carte de la répartition des volontaires ayant souscrit un engagement à servir dans la réserve (ESR) fait effectivement apparaître d’importantes inégalités entre départements :

© Sénat; source : Conseil supérieur de la réserve militaire

Répartition géographique des volontaires ayant souscrit un engagement à servir dans la réserve (ESR) en 2015 (gendarmerie comprise).

 

 

 

Rapprocher la réserve géographiquement… et psychologiquement

Et le duo sénatorial de justifier ce redéploiement de la réserve : « L’éloignement géographique des armées qui s’ensuit pour toute une partie de la population nationale constitue, du point de vue de la réserve, un double risque :

- d’une part, avec une dimension psychologique, d’ordre affectif, que l’on aurait tort de sous-estimer, un effet « loin des yeux…  » peu propice, de façon générale, à l’entretien du lien entre la nation et ses armées et défavorable, en particulier, au recrutement de réservistes dans les rangs de ces dernières ;

- d’autre part, sous un aspect plus factuel et pratique, un effet de dissuasion, pour les candidats potentiels à la réserve ou pour les réservistes en situation de renouveler leur engagement, eu égard aux distances à parcourir pour rejoindre une unité de rattachement, un lieu d’entraînement, etc. Les complications de tous ordres qui peuvent s’ensuivre, pour la vie professionnelle et la vie familiale notamment, sont, à l’évidence, de redoutables inhibiteurs de motivation. »

Cette relocalisation de la réserve viserait aussi « les secteurs identifiés comme présentant un risque de crise ou de troubles importants« .

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