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Commerce en ville 23/06/2016

La vacance commerciale toujours plus importante, partout, sur le territoire national

par Martine Kis
Commerce en ville : lutter contre le déclin © Flickr-CC-Direction.Centre-ville

Le taux de vacance commerciale dépasse les 9,5 % dans plus de la moitié des 200 villes observées par Procos. Une tendance lourde qui se poursuit au fil des années. Et qui demande aux maires et aux intercommunalités de s’investir dans les politiques commerciales.

 

La tendance de la vacance commerciale est mauvaise. L’observatoire mis en place par Procos (Fédération représentative du commerce spécialisé), il y a 4 ans, le confirme : toujours plus de cellules commerciales sont vides.

 

Dans les 200 villes prises en compte (hors Ile-de-France), la vacance atteint, pour 2015, le taux moyen de 9,5%. Un point de plus qu’en 2014. L’aggravation de la situation est rapide, souligne Pascal Madry, directeur de Procos.

« En 2001, la vacance était de 6% en moyenne et seulement la moitié des villes étaient au-dessus de 5%. Aujourd’hui, la moitié des villes connaît un taux de vacance supérieur à 10%. Il s’agit d’un phénomène structurel », précise-t-il. Seulement 14 d’entre elles ont un taux inférieur à 5% (1). Cinq ou six d’entre elles devraient sortir de la liste dans un proche avenir. Pour Procos, le taux d’alerte se situe à 7,5%.

Facteurs de résilience

Certains territoires sont-ils plus touchés que d’autres ? Non, les villes en cause se trouvent partout. Tout au plus est-il possible d’expliquer leur bonne ou mauvaise situation par leur typologie. Ainsi, les grandes villes, métropoles et capitales régionales, résistent-elles mieux, à l’exception notable de Marseille.

Parmi les facteurs de résilience : les revenus apportés par le tourisme, la taille du marché ou un marché captif (Cahors ou Laval), enfin, une population aisée.

Plus la ville est petite moins elle résiste. Sont particulièrement touchées, avec un taux au-delà de 15%, les villes de la désindustrialisation, où seules les aides sociales maintiennent les revenus.

Dans certaines villes, l’ensemble du tissu commercial souffre, comme à Perpignan. Nevers est l’exemple d’une ville dont la rue principale maintient son attractivité, au contraire des rues secondaires et d’un centre commercial qui souffrent.

Certaines villes, dans un bassin touristique, échouent à capter les flux de touristes, comme Béziers, Saint-Nazaire ou Dax. Ailleurs, des villes dont la population vieillissante conserve un certain pouvoir d’achat se sont laissées déborder par la périphérie. « Mais le rapport centre-périphérie n’est pas toujours déterminant, tient à préciser Pascal Madry. Il s’agit d’un affaiblissement de l’ensemble du territoire ».

Tendance lourde

La cause de cette baisse serait-elle à chercher du côté de la concurrence du e-commerce ? Certes, certains secteurs en souffrent, « mais à l’échelle du territoire, on ne voit pas encore de lien direct », remarque le directeur. D’autant plus que les boutiques apprennent à utiliser internet comme vecteur de flux.

Il s’agit en réalité d’une tendance lourde, historique. En effet, l’apogée du parc commercial français est atteinte dans les années 1920 avec environ 1,5 million de boutique. On n’en compte plus aujourd’hui que 850 000, pour la même surface, mais une population double.

Une ville comme Vierzon en a tiré les conséquences. Alors qu’elle s’échinait à accroître son offre commerciale, espérant ainsi contrer le déclin, elle préfère aujourd’hui accompagner la rétractation pour préserver une offre de qualité.

 

Un colloque sur commerce et territoires
Le 16 septembre, l’Institut pour la ville et le commerce et l’AdCF, organiseront un colloque(2) à l’Assemblée nationale dont l’objectif sera de mobiliser les élus sur la question du commerce. « Le maire doit être impliqué. S’il laisse cette responsabilité à un adjoint, des autorisations peuvent casser la dynamique du centre-ville », avertit Michel Pazoumian, délégué général de Procos. Il s’agit également de les sensibiliser à la perception du marché que représente leur ville, afin qu’ils ne recherchent pas des solutions toute faites, inadaptées à leur contexte. Surtout, il s’agit de montrer l’importance, pour les collectivités, de traiter la question du commerce à la bonne échelle, au minimum celle de l’intercommunalité. Or, déplore Michel Pazoumian, si la loi Notre a transféré à l’échelle intercommunale la compétence développement économique, le transfert du développement commercial est facultatif. « Tant que le commerce restera à l’échelle de la commune et non du bassin de consommation se posera un problème de régulation », insiste-t-il.

Note 01:

Bayeux, Beaune, Biarritz, Cahors, Compiègne, La Rochelle, Laval, Lyon, Nantes, Périgueux, Rouen, Saint-Malo, Strasbourg, Toulouse - Retourner au texte

Note 02:

Colloque Commerce et Territoires : la nouvelle donne pour les collectivités et les acteurs privés, 16 septembre 2016. - Retourner au texte

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