publicité

 

Réagir
Sécurité 10/03/2016

Les mesures de protection à mettre en œuvre pour les espaces scolaires et leurs abords

par Pascal Weil
Ecole, sortie de cours

Etat d’urgence oblige, les établissements doivent mettre à jour leurs diagnostics de sécurité et élaborer des plans de mise en sûreté des élèves et du personnel.

Dans le contexte de l’état d’urgence, en vigueur au minimum jusqu’à fin mai, et de menaces terroristes élevées, la sécurité des établissements scolaires et d’enseignement supérieur, des élèves et des personnels a été érigée en priorité par la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Mobilisation de la communauté éducative et des forces de l’ordre

Deux circulaires des 25 novembre et 4 décembre 2015, qu’ils ont cosignées, ont détaillé les consignes de sécurité à mettre en œuvre pour prévenir cette menace et assurer une réaction rapide des services de l’Etat en cas d’urgence.

Même si les mesures à prendre s’inscrivent principalement dans un cadre de coopération et de mobilisation de la communauté éducative et des forces de l’ordre, certaines concernent directement les collectivités.

Ainsi, les outils de prévention et de protection des élèves et des personnels seront mobilisés en vue d’un « déploiement systématique aux abords des établissements en lien avec les mairies et les forces de l’ordre », indique la circulaire de novembre.

Concrètement, une attention particulière doit être portée à la surveillance de la voie publique et aux abords des établissements où « tout attroupement préjudiciable à la sécurité des élèves » est à éviter.

L’Education nationale, la police et la gendarmerie, ainsi que les collectivités doivent se coordonner avec les établissements pour mettre en place « un système de vigilance accrue » permettant de gérer les flux d’entrées et de sorties, de dépose et de récupération des élèves.

Diagnostics et travaux de sécurisation

Autre dispositif intéressant les collectivités : des diagnostics de sécurité dans les collèges et les lycées, incluant un état des lieux de l’établissement et une analyse des risques, doivent être élaborés ou mis à jour.

Sur la base des vulnérabilités repérées, des travaux de sécurisation pourraient être envisagés en associant les collectivités, propriétaires des bâtiments ; les préfets devant leur rappeler les procédures pour solliciter des financements auprès du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), en cas de projet d’installation de vidéoprotection ou de digicode.

Les préfets ont aussi été chargés de veiller à ce que la police, la gendarmerie et les services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) disposent de tous les plans des locaux des établissements scolaires, en prenant attache auprès des collectivités. Les communes devant, quant à elle, être informées de la tenue des exercices d’évacuation incendie, de mise à l’abri et de confinement réalisés périodiquement dans les écoles.

© B. Holsnyder La circulaire ministérielle précise que « tout attroupement préjudiciable à la sécurité des élèves » est à éviter.

 

Trois conseils

Etablir un schéma de surveillance de voie publique des écoles

Les villes de plus de 50 000 habitants ont d’ores et déjà dû arrêter ou mettre à jour, fin 2015, un « schéma de surveillance de la voie publique » des écoles, associant les communes et les polices municipales, destiné notamment à renforcer les patrouilles.
Dans celles de moins de 50 000 habitants, ces schémas devront être établis selon un calendrier approprié aux circonstances locales, précise la circulaire du 25 novembre. Ils devront tenir compte des horaires spécifiques et des flux ou zones de rassemblement important, qu’il s’agisse du ramassage scolaire, des déplacements vers la restauration scolaire ou vers les plateaux sportifs extérieurs aux établissements et écoles.

Elaborer un plan particulier de mise en sûreté (PPMS)

Ces plans, élaborés par les écoles et les établissements et devant être facilement accessibles aux enseignants intervenant dans les classes, doivent permettre de mettre en sécurité les élèves et les personnels et de mettre en œuvre les directives des autorités en attendant l’arrivée des secours.
Consigne a ainsi été donnée pour que leur efficacité soit vérifiée et qu’ils soient connus par l’ensemble des personnels et des représentants de parents d’élèves présents dans les conseils d’école et les conseils d’administration. Afin de mieux accompagner les établissements scolaires dans la réalisation de ces PPMS, le réseau local des « correspondants police et gendarmerie sécurité de l’école » sera étoffé pour permettre à chacun d’entre eux d’avoir un interlocuteur identifié.

Initier aux premiers secours

Apprendre les gestes qui sauvent figure parmi les mesures opérationnelles indispensables à développer demandées par l’Etat. Pratiquement, une large démarche de sensibilisation aux premiers secours menée par les acteurs de la sécurité civile concernera les établissements scolaires et ciblera la communauté éducative, les élèves et leurs familles.
Des stages devront être organisés pour permettre à des élèves et adultes de la communauté éducative d’obtenir l’attestation Prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1). Plus largement, les sapeurs-pompiers sont intervenus également au mois de février, en lien avec les mairies, lors d’une première campagne nationale de formation sous forme de modules de 2 heures à destination de la population. Les participants ont été formés aux gestes d’alerte, de massage et de défibrillation ainsi qu’au traitement des hémorragies par la pose d’un garrot.

 

L’Intérieur et l’Education nationale veulent améliorer la diffusion d’alerte
Dans une instruction du 22 décembre 2015, la ministre de l’Education nationale et le ministre de l’Intérieur précisent que la protection de l’espace scolaire suppose une coordination la plus étroite possible entre les forces de sécurité intérieure et la communauté éducative.
« La priorité centrale est bien de s’assurer de la parfaite connaissance mutuelle des acteurs, à l’échelon national comme au niveau local, tout en prenant en compte une menace durable », indique le texte. L’un des objectifs est ainsi de mieux diffuser l’alerte. Des études techniques sont conduites en ce 1er trimestre 2016 afin d’adapter les dispositifs type « alerte SMS » aux écoles et aux établissements scolaires et permettre « une alerte en temps réel et une diffusion de l’information la plus fluide possible ».
Une autre étude porte sur la création, pour les responsables des établissements, de lignes d’accès prioritaire en situation de crise aux centres d’opérations et de renseignement de la gendarmerie et d’information et de commandement de la police, afin d’éviter une saturation des centres d’appels.

 

Sur le terrain

Millau (12) : intégrer au quotidien une culture de la prévention

A Millau, neuf groupes scolaires publics et trois privés, quatre collèges et lycées publics et privés sont concernés par les mesures de vigilance renforcées imposées par l’état d’urgence et le maintien du plan Vigipirate. La sécurisation de tous ces établissements avait été engagée par la municipalité avant l’été 2015.

« Nous avions fait le tour de tous les établissements pour recenser ce qui pouvait être amélioré en termes de sécurité, notamment aux abords des écoles, comme la fermeture des portails », précise Claude Assier, 1er adjoint au maire chargé de la sécurité.

Depuis les attentats de novembre dernier, une attention particulière est portée à la surveillance des abords des écoles, avec des patrouilles régulières des polices municipale et nationale. Les poubelles à proximité des établissements ont par ailleurs été remplacées par des sacs transparents.

« Les mesures prises consistent à intégrer une culture de prévention et de sécurité dans les gestes quotidiens », explique Janine Creyssels, chef du pôle animation et vie locale en charge de l’éducation.

La sécurisation de l’intérieur des locaux, privilégiant des dispositifs anti-intrusion, a été prise en compte au travers de plans particuliers de mise en sûreté (PPMS) élaborés par l’Education nationale. Elus, services de la ville et police nationale ont accompagné les directeurs des écoles du 1er degré, de l’élaboration des scénarios de confinement et d’évacuation jusqu’aux mises en situation.

L’installation d’une gâche électrique munie d’un interphone et d’un visiophone est, en outre, programmée en 2016 dans chaque école primaire publique. « Des dispositifs intégrés à notre conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance », précise la DGS, Géraldine Descargues.

Chiffres Clés

  • Millau : 23 000 habitants
  • 12 groupes scolaires et 4 collèges et lycées
  • 5 000 élèves
  • Budget sécurisation des écoles : 60 000 euros pris en charge en partie par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD)

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

publicité