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Décentralisation 16/02/2016

L’exécutif confirme son projet d’une collectivité unique de Corse pour 2018

par Aurélien Hélias
Rivage corse © Phovoir

Ni l'arrivée d'élus nationalistes à la tête de la collectivité territoriale de Corse ni le remaniement gouvernemental n'ont infléchi l'exécutif dans sa volonté de doter l’île d’une collectivité unique d'ici 2018. A l'issue d'une réunion de travail avec les élus au ministère, le nouveau ministre des Collectivités territoriales, Jean-Michel Baylet, a confirmé les intentions du gouvernement de rédiger un projet d'ordonnance en ce sens.

Deux mois après l’arrivée au pouvoir à la tête de la région d’un duo d’élus nationaliste, le nouveau ministre des Collectivités Jean-Michel Baylet et sa secrétaire d’Etat Estelle Grelier ont consacré l’une de leurs premières séances de travail à la Corse.

Jean-Michel Baylet y a confirmé la poursuite du projet de transformation de la Collectivité territoriale de Corse (CTC) et des deux départements en une collectivité unique, projet entamé par sa prédécesseure, Marylise Lebranchu

Ainsi, malgré l’arrivée  il y a deux mois à la tête de l’exécutif de la collectivité territoriale de Corse et de l’Assemblée de Corse d’un duo nationaliste, l’exécutif confirme sa volonté de faire de la Corse une collectivité unique « à l’horizon » 2018. 

Le nouveau ministre des Collectivités territoriales voit dans la collectivité unique « une occasion historique de simplifier l’action publique en Corse pour libérer les énergies au service du développement du territoire, et répondre efficacement aux premières préoccupations de nos concitoyens sur l’île : l’emploi et le logement », indique-t-il dans son communiqué. Et d’oser : « Cette architecture institutionnelle innovante, doit être un événement majeur pour notre pays : encore une fois, la Corse sera à l’avant-poste de la République. » 

Quelle organisation locale des services de l’Etat ?

Ainsi, le projet d’ordonnance de création de cette collectivité unique traitera :

  • « de l’organisation des services de l’Etat en Corse ; 
  • des dispositions spécifiques aux missions et au personnel de la future collectivité unique ; 
  • des conséquences à tirer de la création de la collectivité unique sur les établissements publics, services, instances et organismes dont la collectivité de Corse est membre », confirme le ministère. 

« Un groupe de travail technique doit se réunir dans les prochaines semaines pour rédiger le projet de texte. Le ministre a demandé à ses services, aux préfets de Corse-du-Sud et de Haute-Corse, que ces travaux associent étroitement la mission de préfiguration de la collectivité unique et les représentants des conseils départementaux », est-il indiqué dans le communiqué de Jean-Michel Baylet.

Une prochaine rencontre doit être organisée avec les élus « dès avril ».

La langue corse au ministère

Ironie de l’histoire : le nouveau ministre des Collectivités territoriales se disait dans son communiqué « attaché aux spécificités de la Corse, à son insularité, son histoire, sa langue ». Et ce quelques heures après avoir été interpellé en langue corse par un élu de l’ile, à en croire le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni.

Le matin-même, sur les ondes de France Inter, le président de l’exécutif corse, Gilles Simeoni, avait par ailleurs rappelé que l’assemblée de Corse avait « voté une co-officialisation de la langue corse ».

« Nous essayons de contourner cela par une politique volontariste de la langue », avait-il ajouté à l’intention d’un auditeur soulignant l’impossibilité juridique pour la CTC de faire de la langue corse la deuxième langue officielle de l’Ile. 

Le duo dirigeant corse affiche ses ambitions

Quant à l’avenir institutionnel de l’île, le duo à la tête de l’exécutif et de l’assemblée délibérante a fait part de sa déception… et de son ambition. « Une réunion sans doute utile sur le plan technique (collectivité unique), mais pas à la hauteur des enjeux », a ainsi tweeté Jean-Guy Talamoni.
 
Un peu plus tôt, Gilles Simeoni affichait sa confiance face aux auditeurs de France Inter : « D’un point de vue institutionnel, nous nous battons pour l’autonomie, et même ceux qui se battent pour l’indépendance ont accepté de ne pas poser la question dans les années qui viennent. Nous sommes dans une logique où nous essayons de construire une logique d’émancipation : sociale, culturelle, politique. C’est la démocratie qui tranchera. Si les Corses veulent aller plus loin, on ira plus loin. »

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