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Document utile - Gaspillage alimentaire 05/02/2016

A Grenoble et à Tours, un état des lieux de la gestion des invendus alimentaires

par La rédaction
En magasin aux Restos du cœur © Flickr-CC-Rhian

L’association Amorce, en partenariat avec l'Ademe, a décidé d'évaluer la réalité de la situation des invendus alimentaires et des dons sur deux territoires : Grenoble Alpes Métropole et Tour(s)plus. Les états des lieux réalisés ont permis d'estimer le gisement d'invendus alimentaires potentiellement mobilisables sur chaque territoire et d'identifier les leviers nécessaires au déploiement du don aux associations (moyens financiers, aides de l'Etat, défiscalisation du don, etc.).

Cet article fait partie du dossier:

Lutte contre le gaspillage alimentaire : une opération gagnante pour les collectivités

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3,5 millions de personnes ont bénéficié de l’aide alimentaire en France en 2010, mais 3 à 4 autres millions de personnes n’en bénéficient pas mais sont tout autant en situation d’insécurité alimentaire, selon le Conseil national de l’alimentation.

Le gaspillage alimentaire est évalué entre 5 et 10 millions de tonnes par an en France. Une grande partie de ce gaspillage concerne les producteurs, la grande distribution et les industries agroalimentaires.

S’il vaut mieux éviter de produire ce gaspillage, donner cette alimentation à des hommes fait parti des solutions pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement : réduction de 50% du gaspillage entre 2013 et 2025.

Gérer l’offre et la demande

Les distributeurs, à défaut d’être soumis à une obligation légale (articles recalés de la loi de transition énergétique), se sont engagés par convention avec le ministère de l’Ecologie. Mais alors que le potentiel de don semble encore important tout comme la demande en quantité et en qualité, les associations d’aide alimentaire sont déjà en difficulté pour gérer cette offre et cette demande.

Une part des denrées alimentaires, plus ou moins importante en fonction des associations, proviennent de la ramasse de produits frais auprès de la grande distribution effectuée quotidiennement par les bénévoles.

Ces produits sont donnés pour plusieurs raisons : date limite de consommation proche, surplus, emballages abimés ou étiquettes non conformes, etc. Les dons d’invendus alimentaires sont conventionnés afin de fixer, entres autres, les limites de transferts de propriété et de responsabilité.

Estimer le gaspillage alimentaire au sein des différentes secteurs d’activité

Afin d’avoir une vision générale de la gestion des invendus alimentaires à l’échelle d’un territoire, deux fiches état des lieux sont présentées dans le document publié par Amorce et l’Ademe, elles concernent les territoires de Grenoble Alpes Métropole (GAM) et Tour(s)plus.

Les quantités de produits potentiellement mobilisables sur les territoires de Grenoble Alpes Métropole et Tour(s)plus sont considérables (respectivement 14 000 tonnes et 15 000 tonnes) de même que l’insécurité alimentaire non couverte (de l’ordre de 10% des besoins en repas couverts seulement), mais les associations d’aide alimentaire ont des moyens financiers, logistiques et humains limités. C’est pourquoi elles refusent des dons tout particulièrement lorsque les quantités sont trop faibles ou que le donneur est trop éloigné géographiquement.

Sur les deux territoires étudiés, seulement 8% du gisement potentiellement disponible est récupéré par les associations caritatives.

Topographies et gisements

À noter que le secteur d’activité qui fait le moins de don n’est pas le même sur les deux territoires : dans l’agglomération Grenobloise, les producteurs donnent très peu de denrées alimentaires, tandis que dans l’agglomération de Tours, ce sont les industries  agroalimentaires qui participent le moins aux dons de denrées aux associations.

Cette observation peut s’expliquer par une topographie très différente. En effet, Grenoble Alpes Métropole est encaissé entre 3 chaînes de montagnes, les producteurs ne sont donc pas à proximité immédiate des associations, tandis que Tour(s)plus se situe en plaine, ce qui explique que les producteurs soient plus facilement accessibles pour les associations.

La densité en grandes et moyennes surfaces (GMS) est beaucoup plus importante sur le territoire de Tour(s)plus que sur celui de Grenoble Alpes Métropole, avec respectivement 1 magasin pour 5 200 habitants et 1 magasin pour 6 400 habitants. Ainsi, le gisement disponible auprès des GMS sur Tour(s)plus est de 10,2 kg/hab/an tandis qu’il est de 8,2 kg/hab/an sur Grenoble Alpes Métropole.

Les chiffres utilisés pour quantifier le gaspillage alimentaire au sein des différents secteurs d’activité sont des estimations, préviennent d’entrée les auteurs de ce document.

Il n’existe en effet pas encore d’études suffisamment précises sur ces sujets et il est difficile d’obtenir des données de la part des différents acteurs. Ainsi, certains chiffres s’appuyant sur des données d’études générales sont à prendre avec précaution. Ils permettent tout de même d’avoir une image du gaspillage alimentaire sur un territoire.

5 300 associations partenaires. Les organisations bénéficiaires de l’aide alimentaire sont regroupées sous les 4 grandes associations « têtes de réseau » : les Banques alimentaires, les Restos du cœur, le Secours populaire français et la Croix-Rouge française, habilitées au niveau national (et dont les antennes locales sont habilitées au niveau régional) à recevoir des contributions publiques destinées à la mise en œuvre de l’aide alimentaire ; elles perçoivent des denrées issues du FEAD (Fonds européen d’aide aux plus démunis qui remplace depuis 2013 le PEAD) et PNAA (Programme national d’aide alimentaire, mis en place en 2004).
Les associations d’aide alimentaire collectent, stockent et préparent les paniers repas en fonction des denrées disponibles avant de les distribuer à leurs bénéficiaires. Les Banques alimentaires n’effectuent pas directement la distribution : celle-ci se fait par l’intermédiaire de leurs 5 300 associations partenaires.
Parmi la multitude d’associations caritatives locales, on retrouve l’Association nationale des épiceries solidaires qui a pour mission d’animer le réseau d’épiceries solidaires.

 

A savoir : l’Amorce et l’Ademe. Créée en 1987, Amorce est l’association nationale des collectivités territoriales et des professionnels pour une gestion locale des déchets, de l’énergie et des réseaux de chaleur. Au 1er janvier 2015, l’association regroupait 828 adhérents dont 556 collectivités rassemblant plus de 60 millions d’habitants, ainsi que près de 272 entreprises, fédérations professionnelles et associations.
L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), établissement public sous la tutelle du ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie et du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, participe à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable. Elle met à disposition des entreprises, des collectivités locales, des pouvoirs publics et du grand public, ses capacités d’expertise et de conseil. Elle aide en outre au financement de projets.

Références

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