publicité

 

Réagir
Transports 21/01/2016

Le Gart voudrait être entendu sur les zones à circulation restreinte et les bus à faible émission

par Martine Kis
Louis Nègre, GART © Cagnes-sur-Mer

Le président du Gart, Louis Nègre, s'inquiète de la mise en œuvre des zones à circulation restreinte et de la rédaction du décret sur les véhicules de transport public à faible émission. Ségolène Royal, présente lors de la cérémonie des vœux de l’association, sans répondre à ces interrogations, demande aux élus d'aller au-delà des normes actuelles, au nom de la compétitivité du pays.

Après le « tsunami législatif » de 2015, c’est un programme de travail « dense » qui attend, en 2016, le Groupement des autorités responsables de transport (Gart) et ses élus, selon les termes de Louis Nègre, son président, lors de la traditionnelle cérémonie de vœux, le 20 janvier, en présence de Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie.

Zones à circulation restreinte

Premier grand texte impactant les élus du Gart : la loi de transition énergétique, par le biais de la mise en place des zones à circulation restreinte (ZCR) et de l’évolution des parcs des réseaux de transports publics.

Sur les ZCR, manquent encore les textes réglementaires, dont Louis Nègre souhaite une rédaction en partenariat avec les élus. Les certificats qualité de l’air, dont la détention autorisera la circulation ou non dans une ZCR, en fonction du niveau de pollution du véhicule, devraient être, selon lui, au nombre de 6, comme prévu, et non de 4, comme annoncé, afin de permettre aux collectivités de graduer les restrictions de circulation dans l’espace et dans le temps.

Enfin, il souhaite que les transports collectifs actuels y soient autorisés, sachant qu’ils « ne représentent en réalité que 1,5% des émissions urbaines de gaz à effet de serre liées aux transports ».

Définir des objectifs, non des technologies

La loi prévoit que, d’ici 2020, les transporteurs publics exploitant plus de 20 autobus et autocars disposent de 50% de véhicules à faibles émissions. Objectif que ne conteste pas Louis Nègre.

Il demande cependant que le décret en préparation fixe des objectifs de performance à atteindre et non des choix technologiques de motorisation, afin de laisser « place à l’innovation indispensable pour l’avenir de nos constructeurs ».

Preuve de l’intérêt des collectivités pour cette disposition, la trentaine de réponses déjà obtenues sur l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour les véhicules à faibles émissions lancé par la centrale d’achat du transport public et le groupement Agir. Soit 5 500 véhicules dont 3 500 électriques.

Travail avec l’ARF

Autre loi importante : la loi Notre, qui impose le transfert de la compétence transport du département vers la région. Une évolution que le Gart respectera, malgré la pertinence qu’il reconnaît à l’échelon départemental en matière de transport scolaire.

Départements qui pourront être autorité organisatrice de second niveau après délégation par la région, remarque le président. Afin de réaliser ce transfert dans les meilleures conditions, Louis Nègre se rapprochera « du futur président de l’Association des régions de France ».

Communiquer sur la décentralisation du stationnement

Réforme importante et complexe au programme des autorités organisatrices : celle de la décentralisation du stationnement payant de surface, qui « nécessite une communication très claire auprès des élus ». Avec la Mission interministérielle pour la décentralisation du stationnement, l’AMF, AdCF et France urbaine, le Gart ira, en 2016, « à la rencontre des maires pour expliquer cette réforme attendue depuis plus de 20 ans ».

Cette réforme permettra de lutter contre une fraude massive, espère Louis Nègre, qui rappelle que le paiement spontané est de l’ordre de 20% à Paris, de 35% en province. « Il n’est pas impertinent de lutter contre la fraude », s’exclame-t-il, en se félicitant des amendements retenus par la loi relative à la prévention et à la lutte contre les atteintes graves à la sécurité publique, contre le terrorisme et contre la fraude dans les transports publics de voyageurs.

Déception de Ségolène Royal

A ces demandes, Ségolène Royal n’aura pas répondu. De façon forte, elle appelle les élus à faire le maximum. « Les normes de la transition énergétique doivent être considérées comme un minimum. Je dis aux élus d’aller plus loin, de mettre la barre très haut. »

La ministre ne cache pas sa déception d’avoir vu les débats parlementaires sur la transition énergétique amoindrir la portée initiale du texte. Ce sont 100% des flottes de transport public qui auraient dû être à faible émission, et non 50%. Amère, elle regrette ces prises de position trouvant que les réformes viennent toujours trop tôt, trop rapidement.

Endossant les habits d’une quasi-ministre l’industrie, préoccupée par la compétitivité internationale du pays, elle souligne que « les entreprises françaises doivent rester à la pointe du progrès », qu’il faut aller vite, « sinon, nous allons nous faire dépasser par les autres pays ».

1 000 km de routes à panneaux solaires

Du côté des annonces positives, Ségolène Royal a affirmé souhaiter que la Caisse des dépôts flèche les prêts à taux zéro pour la croissance verte vers le renouvellement des parcs de bus. La ministre a également annoncé l’aménagement de 1 000 kilomètres de routes « à énergie positive », couvertes de panneaux solaires.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

publicité

Abonnez-vous