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Les nouveaux présidents de région 19/01/2016

Laurent Wauquiez promet un mandat économe et de proximité en Auvergne-Rhône-Alpes

par Aurélien Hélias
Laurent Wauquiez © Wikimedia-CC-P.Potrowl

Laurent Wauquiez, Alain Rousset, Carole Delga, Hervé Morin, Marie-Guite Dufay, Philippe Richert, et Xavier Bertrand sont depuis le 4 janvier les présidents des sept nouvelles grandes régions issues de la réforme territoriale. « Le Courrier des maires » vous fait découvrir ces nouveaux patrons de région. Aujourd’hui, zoom sur le président d’Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, qui veut faire de la diminution du train de vie de la région et de l’économie de proximité les marques de fabrique de son mandat.

Le 4 janvier, le député LR de Haute-Loire Laurent Wauquiez obtenait les 113 voix de son groupe sur 204 conseillers régionaux pour devenir le premier président de la région unifiant l’Auvergne à Rhône-Alpes, respectivement dirigées auparavant par les socialistes René Souchon et Jean-Jack Queyranne.

Laurent Wauquiez y fera face à une opposition constituée du groupe Union de la gauche (57 sièges), dirigé par Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse et vice-président de l’association Villes de France,  et par le groupe FN (34 sièges) présidé par Christophe Boudot.

« Contrairement à d’autres régions, où la confusion a régné, l’élection a été chez nous claire, elle n’a reposé sur aucun compromis, sur aucun petit arrangement partisan et son résultat est sans ambiguïté », s’est enorgueilli celui qui a été l’un des quatre candidats LR en tête dès le premier tour.

Partenariats avec les collectivités et la métropole

A la tête de l’exécutif, l’élu de Haute-Loire promet « un changement dans notre mode de gestion ». Et notamment par l’appel « à des gens venant d’horizons différents, du secteur privé, des entreprises comme des associations, pour venir apporter leur vision à nos équipes de la région ».

« De la même manière, je souhaite que la région soit un partenaire pour nos territoires. Le but n’est pas de tout faire nous-mêmes, le millefeuille administratif nous coûte déjà bien trop cher pour cela. Quand des partenariats avec les départements, les intercommunalités et les communes sont possibles, nous n’hésiterons pas », a par ailleurs promis le natif de Lyon.

Il lui faudra d’ailleurs collaborer de près sur les dossiers économiques avec la puissante métropole de Lyon dirigée par le PS Gérard Collomb.

Moins de vice-présidences… et de téléphones portables

Le mandat qui s’ouvre sera un mandat de rigueur à en croire Laurent Wauquiez. Une orientation caractérisée par deux mesures symboliques annoncées dès le 4 janvier et touchant le train de vie des conseillers régionaux, qui permettraient 18 millions d’euros d’économies sur les 6 ans.

D’abord avec la diminution de 10% du montant des indemnités. « Qui comprendrait que dans la période actuelle, on augmente les indemnités des élus ? », a lancé celui qui compte, aussi, « diminuer le nombre de membres de la commission permanente, en-deçà même de ce qu’autorise la loi » alors que tous les élus en étaient membres durant le mandat précédent.

Au-delà du resserrement des membres de la commission permanente et du nombre de vice-présidents, on notera une délégation assez baroque : celle du député du Rhône Philippe Meunier, nommé délégué « à la sécurité, aux partenariats internationaux, à la chasse et à la pêche ».   

Seconde mesure : les élus seront privés du téléphone portable et de l’abonnement lié qui était prévu pour ce mandat 2016-2020. « J’ai demandé à l’administration d’arrêter cela. Cette seule décision permettra de faire un million d’euros d’économies sur la durée du mandat. Les économies commencent tout de suite », a-t-il asséné.

Plus largement, « patrimoine immobilier, parc de voitures, réceptions » font partie d’un programme de « chasse à toutes les dépenses excessives ». L’élu annonce la présentation d’ici quatre mois d’un « plan d’économies dont nous rendrons compte à intervalles réguliers ».

« Auvergne Rhône-Alpes doit coûter moins cher que Rhône-Alpes et Auvergne séparément » prévient-il. D’où cette promesse qu’il n’y aura « aucune augmentation d’impôts ou de taxes de la région, aucune quelles que soient les évolutions des dotations d’Etat et quelles que soient les évolutions de la fiscalité locale. Nous financerons nos actions par nos économies », assure-t-il.

Apprentissage et économie de proximité

Pour son mandat, Laurent Wauquiez se fait fort de « défendre l’économie de proximité. Dans notre région, trop d’embauches sont découragées par le poids des charges. Nous allons lancer immédiatement un programme zéro charge pour la première embauche afin d’accompagner les entreprises, les commerçants, les artisans, les professions libérales dans leurs premiers pas. Cela permettra de relancer l’emploi », avait annoncé l’ancien secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi (2008-2010).

L’élu veut aussi revoir la politique régionale d’apprentissage « avec comme objectif de faire de notre région la première région en France de l’apprentissage ». Deux mesures qui font aujourd’hui écho aux annonces sur la lutte contre le chômage faites le 18 janvier par François Hollande. L’enjeu est de taille dans une région certes riche mais « qui a connu en 2015 la plus grosse augmentation de son taux de chômage ».

« Préférence régionale » pour les marchés publics

Autre dossier économique sur l’établi : la formation professionnelle. « Les financements seront orientés en direction des métiers qui embauchent, ce qui est juste une question de bon sens », juge l’ancien ministre.

« Ensuite comme nous nous y sommes engagés, nous veillerons à mettre en place une préférence régionale dans les marchés publics qui sont subventionnés par la région. Ce sont nos impôts qui les financent, il est normal qu’ils puissent bénéficier en priorité aux entreprises de la région qui payent leurs impôts et prennent des apprentis dans la région », a-t-il poursuivi.

Aide à la vidéoprotection des communes

Comme d’autres nouveaux présidents de région de droite, le dossier sécurité tient une bonne place dans le programme de l’exécutif en Auvergne-Rhône-Alpes, et notamment la sécurité dans les trains et dans les lycées. « Enfin je souhaite que l’on puisse accompagner les communes qui veulent s’équiper en vidéoprotection », a ajouté Laurent Wauquiez.

L’ambition numérique s’adosse au projet économique puisque le président de région est persuadé que Rhône-Alpes Auvergne « peut devenir la Silicon Valley européenne. La première pierre de cette ambition sera la création d’un campus européen des métiers du numérique sur le site abandonné de Charbonnières ».

Enfin, en matière d’aménagement du territoire, Laurent Wauquiez a annoncé son intention de revoir les politiques régionales en matière d’agriculture et la ruralité, sans plus de précisions concrètes autres que la volonté d’instaurer une « solidarité territoriale » à l’égard de ce secteur et de ces territoires. 

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