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Les nouveaux présidents de région 13/01/2016

Philippe Richert, patron du Grand Est… et bientôt d’un Conseil des régions de France ?

par Aurélien Hélias
Richert

Philippe Richert, Xavier Bertrand, Carole Delga, Hervé Morin, Marie-Guite Dufay, Alain Rousset et Laurent Wauquiez sont les présidents des sept nouvelles régions « XXL » issues de la réforme territoriale. Chaque jour, “Le Courrier des maires” vous fait découvrir ces nouveaux patrons de région. Aujourd’hui, zoom sur Philippe Richert, président de la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, bientôt aussi à la tête de l’Association des régions de France dont il souhaite renforcer le statut et rénover la gouvernance.

Il devrait être l’unique candidat : Philippe Richert (LR) a confirmé le 12 janvier sa candidature à la présidence de l’Association des régions de France (ARF).

Comme l’évoquait le Courrier des maires dès le 14 décembre, son expérience de président de région et son profil politique – droite modérée – devraient convaincre sa « famille politique » de présenter sa candidature, avec l’assentiment des présidents de région de gauche qu’il a côtoyés durant le mandat précédent en tant que seul président UMP d’une région métropolitaine de droite.

Annonçant officiellement sa candidature à Strasbourg pour ses vœux face à la presse régionale, le président de  la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine a fait part de ses ambitions pour l’association d’élus qui élira le 26 janvier son nouveau bureau lors d’une assemblée générale extraordinaire :

« Ce changement d’échelle avec les nouvelles régions doit également s’exprimer au niveau de l’Association des régions de France », ambitionne celui qui se prévaut du soutien du président sortant de l’association, Alain Rousset, avec qui « il proposera une gouvernance renouvelée ».

Un Haut conseil des territoires… régionaux ?

Concrètement, l’ancien ministre aux collectivités locales veut faire de l’ARF un « Conseil des régions de France » à même de « renforcer la décentralisation ». Un chantier pour lequel il compte à terme collaborer avec son homologue de l’Association des maires de France, François Baroin. « Le gouvernement, par la bouche de Manuel Valls, semble ouvert à de nouvelles expérimentations », assure le patron du Grand Est.

C’est justement au Premier ministre que Philippe Richert avait réservé la primeur de son projet lors d’un entretien bilatéral, à Matignon le 7 janvier, qui portait essentiellement sur la coopération avec l’Etat sur l’emploi.

Le gouvernement souhaitant, selon Philippe Richert, « entretenir de véritables relations de partenariat avec les régions, une telle démarche de co-construction des politiques territoriales induit une évolution du rôle et des statuts de l’Association des régions de France qui a vocation à avoir une fonction plus affirmée de représentation des territoires », avait avancé le président de l’exécutif régional.

Manuel Valls aurait annoncé à l’occasion de cet entretien « qu’un séminaire gouvernement-régions sera[it] organisé dans les prochaines semaines pour engager un travail de fond sur l’ensemble de ces questions ».

Reste à savoir quel sera le degré d’institutionnalisation et les moyens dévolus à ce futur « Conseil des régions de France ». Entre l’ambitieuse hypothèse d’un Haut conseil des territoires (HCT) – projet mort-né du fait de l’opposition régulière du Sénat – réservé aux exécutifs régionaux, et celle du relookage symbolique, avec simple changement de nom.

Les plus pessimistes imaginent déjà un scénario digne de l’irrégulière Conférence nationale des exécutifs des territoires (2007-2011), qui avait raté sa mue et à laquelle succéda, après le rejet par le Parlement du HCT, une plus irrégulière encore « Instance de dialogue national des territoires » réunie deux fois seulement en un an depuis sa première session en février 2015. 

Donner des gages à la gauche… et aux trois anciennes régions 

Ancien patron (LR) de l’Alsace, Philippe Richert a accédé le 4 janvier à la présidence de la région Grand Est (ou « Alca » voire « Acal ») rassemblant les trois anciennes régions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne.

Il y dispose d’une majorité très confortable (104 sièges) face à une opposition essentiellement FN (46 sièges), la liste divers gauche (le PS ayant retiré son investiture entre les deux tours) de l’ancien président Lorrain Jean-Pierre Masseret n’ayant obtenu que 19 sièges.

A l’occasion de ses vœux à la presse, l’ancien ministre du gouvernement Fillon a réitéré sa proposition faite au groupe de gauche dirigé par Jean-Pierre Masseret – et regroupant désormais les partisans du maintien de la liste entre les deux tours comme ceux du retrait – de présider la commission des finances.

Philippe Richert veut aussi à terme « réunir, dans le cadre d’une conférence, les minorités politiques non représentées au sein de l’assemblée régionale ». Une délégation à la citoyenneté doit enfin être proposée à un conseiller régional de l’opposition.

Premier projet – symbolique – de son nouveau mandat : le choix du nom de la région qui devrait « devait donner lieu à un processus nécessairement participatif en plusieurs étapes associant des experts et les citoyens ». Une  méthode doit être proposée lors de la prochaine séance plénière.

S’agissant de la gouvernance, le président de région annonce l’installation prochaine d’un déontologue pour la collectivité et des commissions permanentes « désormais ouvertes à la presse et au public ».

Onze agences territoriales réparties sur les trois « capitales »

Se précise aussi l’organisation territoriale de l’une des nouvelles régions les plus étendues : plus de 300 kilomètres séparent les deux anciennes capitale d’Alsace et de Champagne-Ardenne, Strasbourg et Châlons-en-Champagne.

Aux côtés de Strasbourg capitale régionale et siège du conseil régional, la métropole alsacienne accueillant aussi la Commission permanente et les commissions thématiques, Metz hébergera les séances plénières.

Trois « Maisons du conseil régional » seront instaurées à Strasbourg, Metz et Châlons-en-Champagne « où toutes les directions régionales seront représentées » avec, à Châlons et à Metz, un secrétaire général afin d’assurer « la mise en œuvre territoriale des politiques régionales. Pour autant, il n’y aura pas de mouvement contraint de personnel », assure le patron de l’exécutif. Onze « agences territoriales » devront assurer un certain degré de « proximité ».

« Cette nouvelle collectivité n’est pas uniquement un défi organisationnel et politique, il ne s’agit pas de juxtaposer trois anciennes régions et de trouver un équilibre entre les anciennes politiques menées », assure Philippe Richert. Qui compte aussi associer à la gouvernance les 10 départements de la région sur le développement économique et sur l’épineux dossier de « l’organisation des transports interurbains et scolaires ».

La collaboration devrait être facilitée par la proximité politique : neuf des 10 départements sont à droite, seule la Meurthe-et-Moselle étant détenue par le PS.

Expérimenter la coordination des politiques de l’emploi

S’agissant des politiques menées par la grande région, c’est de matière attendue l’emploi qui constituera l’objectif numéro un alors que le taux de chômage dans le Grand Est est supérieur à 10%.

Comme Xavier Bertrand dans le Nord, Philippe Richert veut utiliser la loi Notre pour maximiser les moyens d’actions régionaux en la matière, via des appels à compétence de l’Etat sur la coordination des politiques locales de l’emploi.

« La question de la capacité effective du conseil régional à définir à l’échelle régionale des outils efficaces de lutte contre le chômage et des moyens afférents reste posée, puisque c’est très largement au niveau national que s’organisent les politiques de l’emploi et que le personnel en charge ne relève d’aucune tutelle régionale », soulignait ainsi l’élu au sortir de sa rencontre avec Manuel Valls.

Des fonds souverains régionaux au chevet de l’investissement privé

Et de défendre l’idée que « les régions puissent véritablement articuler les actions de développement économique, de formation professionnelle et de lutte contre le chômage dans le cadre d’une expérimentation avec transfert à la région des moyens permettant une approche véritablement décloisonnée des politiques emploi et formation ». Matignon serait ouvert au principe d’une expérimentation en ce sens, « y compris par voie législative » assure Philippe Richert.

Enfin, toujours au chapitre économique, le patron du Grand Est veut développer des « fonds souverains régionaux de soutien à l’investissement des entreprises ».

Développement ferroviaire (ligne Paris-Troyes et liaisons vers le Luxembourg notamment) et aménagement numérique du territoire devraient constituer ses autres principaux chantiers économiques.

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