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Les nouveaux présidents de région 07/01/2016

Marie-Guite Dufay : une faible majorité pour présider la Bourgogne-Franche-Comté

par Aurélien Hélias
Marie-Guite Dufay © Y. Petit

Marie-Guite Dufay, Carole Delga, Hervé Morin, Philippe Richert, Alain Rousset, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez sont les présidents des sept nouvelles grandes régions issues de la réforme territoriale. A la tête de collectivités « XXL », ils ont été élus le 4 janvier par leur assemblée délibérante. Chaque jour, “Le Courrier des maires” vous fait découvrir ces nouveaux patrons de région. Aujourd’hui, zoom sur la présidente de Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay, qui devra faire face à une opposition importante au sein comme en dehors de l’hémicycle régional.

Jusqu’alors présidente de la région Franche-Comté, Marie-Guite Dufay s’est succédé à elle-même le 4 janvier à la tête d’une région élargie à la Bourgogne, détenue auparavant par le sénateur PS François Patriat.

Mais déjà, sa faible majorité – malgré la prime de 25% des sièges accordées à la liste vainqueur (51 sièges sur un total de 100) – lui a joué des tours lors de ce « troisième tour » : la conseillère régionale a en effet échoué à être élue au premier tour, deux voix de son groupe lui manquant (49 voix sur 51 sièges).

C’est finalement au deuxième tour que l’ancienne élue de Besançon a écarté son unique opposante, Sophie Montel (FN), par 51 voix contre 24. Un contretemps sur lequel a rapidement ironisé l’opposition, à l’image du maire LR de Châlons-sur-Saône :

Le risque d’une mise en minorité

Marie-Guite Dufay devra donc, tout au long de ses six années de mandat, diriger la nouvelle région avec une très courte majorité absolue. Et l’opposition, tant du groupe FN (24 sièges) menée par l’eurodéputée Sophie Montel, que des élus dirigés par le député UDI François Sauvadet (25 sièges), promet d’être frontale.

Celle-ci pourrait  d’ailleurs s’illustrer rapidement dans les prises de position de la commission des finances, de l’évaluation des politiques publiques et de la citoyenneté dont Marie-Guite Dufay veut confier la présidence « à la principale force d’opposition », à savoir le groupe d’union de la droite. Le titulaire pourrait en être Alain Joyandet qui, un temps, avait contesté à François Sauvadet la tête de liste d’union de la droite pour la campagne régionale.

Et si d’aventure, les groupes de droite et du FN votaient simultanément contre un projet ou un texte par l’exécutif, il ne pourra manquer aucune voix à la majorité pour faire approuver la délibération.

La contestation à Marie-Guite Dufay devrait tout autant se manifester à l’extérieur du conseil régional. Car à l’image de François Bonneau en Centre-Val de Loire, la nouvelle région sera « cernée » par la droite : seules la Nièvre et la Haute-Saône sont encore à gauche, tandis que les six autres sont à droite, dont trois des quatre départements de l’ancienne région franc-comtoise de Marie-Guite Dufay qui ont basculé à droite en mars dernier (Jura, Doubs et Territoire-de-Belfort). Et le département hôte du conseil régional, la Côte-d’Or, est dirigée par son principal opposant au sein de l’hémicycle régional, François Sauvadet.

Pas de mobilité forcée pour les agents

Dans son discours d’intronisation, la nouvelle dirigeante de l’exécutif régional a d’abord voulu rassurer sur un certain équilibre dans sa gouvernance entre les deux anciens territoires régionaux, dont la fusion était, selon elle, « de toute façon préférable à toute logique de concurrence ou de compétition » : « L’identité franc-comtoise ne sera jamais soluble dans l’identité bourguignonne, tout comme le contraire ne se réalisera pas non plus ».

Témoignant de la même volonté de rassurer les fonctionnaires territoriaux des deux entités fusionnées, Marie-Guite Dufay, s’adressant aux agents, a rappelé sa promesse « de n’effectuer aucune mobilité géographique contrainte » mais aussi de « construire un équilibre des directions entre Besançon et Dijon, à la lumière de ce qui prévaut au niveau des services de l’Etat ».

D’équilibre, il sera aussi question à l’heure de devoir trouver un nouveau nom pour cette grande région « BFC » qui va de la Loire jusqu’à la frontière suisse. Mais aussi de trancher sur la fixation du chef-lieu définitif et les lieux de réunion du conseil régional.

Priorité à l’emploi, via la redynamisation industrielle

Sans surprise, c’est l’emploi qui a occupé l’essentiel du discours de la nouvelle présidente, même si « on ne fera croire à personne que les régions peuvent résoudre seules le problème du chômage », a-t-elle prévenu. Et Marie-Guite Dufay de développer les axes de travail à venir de la région en la matière :

  • redynamiser l’industrie locale en pariant sur les industries « de haute précision » et « du numérique », « gisements d’emploi », et en mettant en places des « politiques de filière » ;
  • et harmoniser « les systèmes d’accompagnement du développement des entreprises (financier, investissement, garanties bancaires) [qui] n’étaient pas les mêmes en Bourgogne et en Franche-Comté. […] nous prendrons le temps d’évaluer ce qui est le plus intéressant ».

Formations initiale et continue en fers de lance

Autre dossier lié : la formation, pour laquelle la région entend engager « un plan d’investissement massif » en faveur des lycées et de l’alternance, « voie d’excellence et de promotion sociale ». Marie-Guite Dufay entend, pour ce faire :

  • déployer « un service public de l’orientation » mettant les jeunes » davantage en lien avec les formations d’avenir » ;
  • et lutter contre le décrochage scolaire « en multipliant les pédagogies alternatives : Ecole de la 2e chance, Ecole de la production, Maisons familiales rurales… ». 

Un volet formation « tout au long de la vie » a également été avancé avec l’annonce d’une « grande conférence sociale d’ici l’été pour mettre autour de la table l’ensemble des partenaires sociaux de la nouvelle région ».

Seraient  prioritairement visés « les salariés les plus exposés aux risques de précarité : les jeunes, les intérimaires, les plus faiblement qualifiés, ceux dont le secteur est en pleine reconversion ». L’élue souhaite aussi développer sur le territoire « des expérimentations du type de celles qui sont conduites dans le cadre de la proposition de loi initiée notamment par le député Laurent Grandguillaume : « Territoire zéro chômeurs »

La présidente de région promet aussi « de déployer une force d’intervention locale et spécifique à chaque menace de plan social, avec pour mission d’éviter le maximum de licenciements ».

« Un nouveau modèle de développement durable »

Enfin, Marie-Guite Dufay a affiché ses ambitions en matière de développement durable pour la région dont elle veut faire « à terme un territoire à énergie positive, c’est-à-dire un territoire qui produit autant d’énergie qu’il n’en consomme ».

Pour ce faire, un « service public de l’efficacité énergétique » doit être mis en place durant le mandat pour favoriser les travaux d’économies d’énergie sur les logements des particuliers.

Une société d’économie mixte est aussi annoncée pour « investir massivement » dans le développement local des énergies renouvelables.

Et sur le chapitre transport et mobilités, la présidente de région veut allier symbole politique d’unification des deux régions et efficacité des déplacements  « en expérimentant sur l’axe Besançon-Dijon, avec la SNCF, un TERGV qui permette aux abonnés du TER d’emprunter le TGV ». 

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