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Ressource documentaire 06/01/2016

L’invisibilité sociale au prisme de la représentation des élus, une étude conduite par l’ONPES

par Le Courrier
Pauvreté : combattre l’invisibilité sociale © Flickr-CC-G.Klein

L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (Onpes) a confié à l’Association de promotion des expérimentations sociales (Apex) une étude sur ce que recouvre, pour les élus locaux, la notion d’invisibilité sociale de catégories de population vivant sur le territoire qu'ils administrent. Objectif : mieux évaluer les processus d’« invisibilisation » et leur prise en compte dans l’action publique, en vue d’un prochain rapport.

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La démarche a consisté à rencontrer des élus spécialistes ou non des questions sociales, couvrant des territoires divers sur le plan géographique et socio-économique, afin de recueillir leurs représentations de l’invisibilité sociale, identifier la manière dont cette question est prise en compte dans l’action publique, notamment territoriale, ou repérer a contrario des logiques d’action productrices d’invisibilité sociale (voir encadré méthodologique).

Cette recherche cherche à combler une lacune : si « l’invisibilité » est une question ancienne pour la philosophie sociale et la sociologie, la question du regard des élus sur ces enjeux n’avait jamais été abordée de manière approfondie.

Catégories… instruments et méthodes

Les résultats présentés dans l’étude, s’ils ne prétendent pas à l’exhaustivité, donnent une idée assez précise de la manière dont l’invisibilité sociale s’impose peu ou prou à l’agenda politique, des principales catégories de populations qui viennent à l’esprit des décideurs politiques lorsqu’ils abordent ce sujet et des instruments et méthodes mobilisés par l’action publique pour y faire face.

Dans « La Lettre de l’Onpes » de décembre 2015, les auteurs du rapport d’étude, Melaine Cervera et Renaud Hourcade, synthétisent leur travail et s’interrogent sur l’existence d’une « invisibilité paradoxale » dans le discours des élus.

Au-delà de leur capacité à obtenir les remontées de terrain et à collecter études, chiffres, rapports et instruments d’action, ils mettent en exergue, dans le cadre de ces entretiens, les difficultés bien connues à « atteindre » certaines populations dont on connaît l’essentiel des caractéristiques.

Publics invisibles : les « perçus » et les « non perçus »

© Flickr-CC-G.Klein Le rapport d’étude pointe l’existence de catégories de populations invisibles institutionnellement et donc mal ou pas prises en compte dans les politiques sociales.

Les élus en viennent ainsi à envisager, à côté de l’« invisible perçu », un « invisible non perçu » concernant « des situations ou des aspects de la réalité sociale qui sont peu construits socialement, médiatiquement et administrativement » et qui renvoient à la question des types de publics réellement invisibles, « comme les catégories identifiées en première approche par le rapport de FORS(1) : entourage des enfants placés, sortants de prison… dont les élus ne parlent pas, ce qui est une confirmation par la négative de leur profonde invisibilité institutionnelle ».

 

Méthodologie. Quatorze élus ont été rencontrés dans le cadre de cette étude Onpes/Apex. Trois sont des parlementaires nationaux (sénateur et député), quatre des dirigeants de conseils départementaux (Île-de-France, Pays de la Loire, Aquitaine, Centre), sept des maires ou adjoints au maire (deux capitales régionales, une grande ville de banlieue parisienne, une ville moyenne du Nord de la France, deux petites villes de l’Ouest ainsi qu’un bourg du Sud de la France). La sélection des sites d’étude s’est faite de manière à obtenir une représentation des principales tendances politiques. Au cours des entretiens qualitatif réalisés en face-à-face, la définition de « l’invisibilité sociale » a été laissée la plus ouverte possible.

Lire le rapport d’étude
Note 01:

« Etude sur la pauvreté et l’exclusion sociale de certains publics mal couverts par la statistique publique », Onpes/Fors-Recherche sociale, rapport final d'étude, mai 2014. Par Juliette Baronnet, Sarah Faucheux-Leroy et Pauline Kertudo. - Retourner au texte

Références

  • « La construction institutionnelle de l’invisibilité sociale : compte‐rendu et analyse de 14 entretiens avec des décideurs politiques », rapport d’étude APEX pour l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale. 67 pages. Septembre 2015. Par Melaine Cervera et Renaud Hourcade. 
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