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Emploi public 15/12/2015

Moins d’une collectivité locale sur six envisage de recruter en 2016

par Aurélien Hélias
emploi-jeune-atelier-usine © Phovoir

Pour les trois quarts des responsables locaux interrogés par le CNFPT et l’AMF, la baisse des dotations va lourdement toucher la politique de ressources humaines en 2016. Et les recrutements seront de loin le premier poste impacté, à lire l’étude CSA présentée ce 15 décembre. Moins de 8 % des collectivités envisagent d’ailleurs des créations de postes.

Elles sont seulement 17% à envisager effectuer un ou plusieurs recrutements en 2016 : les collectivités anticipent plus que jamais le troisième épisode consécutif de la baisse des dotations, à en croire les résultats du sondage « Horizons 2015 » effectué conjointement par l’AMF et le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) avec l’institut CSA.

La stabilité, au mieux, des effectifs est donc déjà intégrée pour 82% des administrations publiques locales, un taux qui atteint même 90% pour les communes de moins de 3 500 habitants, et 95% pour celles employant moins de cinq agents.

Les demandes de nouveaux services attendront

Autre élément venant confirmer que c’est la pression des moindres dotations qui pousse les employeurs publics locaux à réviser à la baisse leurs ambitions : les 140 collectivités ayant prévu de recruter recourront presqu’autant aux emplois aidés, principalement les contrats d’avenir largement subventionnés par l’Etat (70%), qu’aux emplois permanents classiques (titulaires ou non titulaires, 77%).

Est-ce à dire que l’Etat est parvenu à ses fins en poussant, via la coupure du robinet budgétaire, les collectivités à moins recruter ? « Je constate que cela a un impact ! Ma commune perd 380 000 euros ; je n’ai pas prévu de recruter en 2016 et 2017 », expose le maire du Teich et président du CNFPT, François Deluga.

L’élu girondin, qui est aussi président de la commission FPT et ressources humaines de l’AMF, ajoute qu’il indique régulièrement en conseil municipal et à ses services que la commune « traitera les demandes nouvelles des populations dans deux ans… »

Seules 44% des collectivités remplaceront tous les départs

A plus long terme, alors que 2017 doit marquer la quatrième année consécutive de baisse des dotations (moins 3,67 milliards annuels depuis 2015 après déjà moins 1,5 milliard en 2014), les exécutifs locaux et leurs staffs ne voient pas d’un œil plus optimiste leurs marges de manœuvre en matière de recrutement. Et ce, quels que soient les besoins.

Ils sont autant à prévoir (45%) de remplacer tous les départs au sein de leurs effectifs qu’à projeter (44%) le non-remplacement d’une proportion plus ou moins grande de ces départs. Dans le détail :

  • 18% ne remplaceront qu’un départ sur deux, sur un rythme proche de la révision générale des politiques publiques instaurée pour la fonction publique d’Etat entre 2008 et 2012 ;
  • 7% ne remplaceront qu’un départ sur trois ;
  • 19% n’en remplaceront aucun.

L’Etat conforté dans sa stratégie à moyen terme ?

Sans surprise, c’est dans les collectivités aux effectifs les plus importants que les exécutifs prévoient d’utiliser le levier du non-remplacement pour pallier une partie de la chute des ressources : 81% des communes de plus de 3 500 habitants ne remplaceront pas tous les départs.

« Espérons que cela ne va pousser l’Etat à diminuer plus encore les dotations… », s’inquiète Michel Hiriart, président de la Fédération nationale des centres de gestion de la FPT.

 

Quels sont les secteurs concernés par les créations de poste ?
Au sein des 17% de collectivités envisageant de recruter en 2016, seule une petite moitié prévoit une ou plusieurs créations de postes. Parmi les secteurs où les besoins nécessitent de tels renforts dans ces collectivités recruteuses, on trouve en priorité les services techniques (50%) suivis du secteur Enfance/éducation/ jeunesse, « dopé » par les besoins persistants et croissants suscités par la réforme des rythmes scolaires.
Un troisième secteur, mais très hétérogène puisqu’il rassemble la politique de la ville, l’urbanisme, les transports, l’environnement, l’action économique et l’emploi, explique aussi la création de poste(s) dans une collectivité sur deux faisant cet effort RH en faveur de « l’aménagement et du développement ».
Fait notable : alors que la mutualisation des services doit permettre d’optimiser les effectifs dans les fonctions support (RH, finances, informatique) notamment au sein du bloc local, une collectivité sur trois justifie sa création de poste(s) par au moins un recrutement… dans les fonctions support.

Références

  • Fiche technique. Sondage réalisé par l’institut CSA en septembre 2015 auprès de 811 responsables (DGS, DRH, maires, maires-adjoints…) dans 623 communes, 168 EPCI, 20 départements et régions.

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