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Associations d'élus 14/12/2015

Qui, à droite, pour présider l’Association des régions de France ?

par Aurélien Hélias
Philippe Richert, président de la région Alsace. © Stadler/Région Alsace

A la tête désormais de neuf régions sur 18, la droite devrait bientôt présider l’Association des régions de France, forte de cette majorité relative. Si Philippe Richert (en photo) s’est dit intéressé par la présidence de l’ARF, on évoque aussi le nom de Bruno Retailleau, patron des sénateurs Les Républicains, pour succéder à Alain Rousset. A moins que Laurent Wauquiez ne veuille troquer son mandat de président des élus de montagne pour celui de patron de l’ARF.

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Conséquence de la victoire, même modeste, de la droite aux régionales 2015, le patron PS de l’Aquitaine Alain Rousset cédera bientôt son siège de président de l’Association des régions de France (ARF) à un élu Les Républicains. Car si le rapport en métropole est favorable à la droite (7 régions contre cinq seulement à la gauche), il l’est surtout tout autant à l’échelle de l’ensemble des régions, en incluant celles d’outre-mer : neuf pour la droite, sept pour la gauche et deux « régionalistes » (Corse et Martinique).

Au sept régions remportées par LR et son allié UDI en métropole, il faut effectivement ajouter La Réunion, conservée par le sortant Didier Robert. Mais aussi Mayotte, qui a adhéré à l’ARF en 2011 devenant à l’époque la 27e région, et toujours dirigée par l’UMP Soibahadine Ibrahim Ramadani, le conseil général exerçant les compétences d’un conseil régional.

A l’inverse, le PS a perdu la Martinique, remportée par la liste régionaliste d’Alfred Marie-Jeanne. Si celui-ci siège au groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale, il est avant tout membre du Mouvement indépendantiste martiniquais et sa liste a fusionné entre les deux tours avec la liste LR.

L’appui d’Alain Rousset à Philippe Richert

Le 26 janvier 2016, date à laquelle l’association tiendra une assemblée générale extraordinaire, la présidence de l’ARF devrait donc basculer à droite. Car à cette date, tous les exécutifs régionaux auront été élus : depuis le 18 décembre pour les régions au périmètre inchangé, et depuis le 4 janvier pour les nouvelles entités « XXL ».

Mais avec quelle personnalité pour symboliser cette nouvelle majorité ? C’est le président sortant d’Alsace Philippe Richert et tout frais vainqueur de la région Grand Est qui a le premier montré son intérêt pour succéder à Alain Rousset à la présidence de l’association. « Cela peut m’intéresser. J’ai vu combien elle n’avait pas été efficace avec ce gouvernement. Je suis reconnu et respecté, y compris par la gauche », confiait-il dès le 2 décembre à l’Opinion.

Sa victoire dans le grand ensemble Alsace Champagne-Ardenne Lorraine malgré le maintien de la liste PS de Jean-Pierre Masseret joue en sa faveur, de même que son profil centriste. Autre élément non négligeable en faveur de sa candidature : le président de la région Aquitaine Alain Rousset qui prendra bientôt la présidence d’une région élargie au Limousin et à Poitou-Charente a déjà exprimé auprès de nos confrères de Centre presse son appui à Philippe Richert :

En revanche, son récent passé de ministre chargé des Collectivités territoriales (2010-2012) pourrait paradoxalement le desservir, lui qui avait porté la réforme du conseiller territorial voulue par Nicolas Sarkozy avant que celle-ci ne soit abrogée par la gauche.

Bruno Retailleau, un « départementaliste » à la tête de l’ARF ?

© Maxppp Bruno Retailleau, nouveau président LR des Pays-de-la-Loire

Autre candidature sur un tout autre profil : celle du vainqueur des Pays de la Loire, Bruno Retailleau. Classé plus à droite, l’ancien président du conseil départemental de Vendée a pour lui d’être un homme fort de l’opposition depuis 2014 : vainqueur d’une primaire interne pour prendre la tête du groupe LR au Sénat en septembre 2014, Bruno Retailleau est aussi l’un des rares candidats de la droite à avoir viré en tête dès le premier tour, aux côtés de Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse et Hervé Morin.

Or, on voit mal Les Républicains laisser la présidence au centriste Hervé Morin, élu de justesse en Normandie, tandis que les deux premiers devraient se consacrer à leur région. Valérie Pécresse, bien que secrétaire générale de l’Association des élus régionaux d’opposition (AERF), ne devrait pas viser une telle responsabilité à l’ARF, elle qui vient de remporter la plus grosse région de France et déclarer vouloir s’y consacrer totalement, jusqu’à indiquer démissionner de son mandat de députée.

Reste une interrogation s’agissant de Laurent Wauquiez, qui s’est déjà impliqué dans les associations d’élus en présidant celle des élus de montagne (Anem).

Peu de chances de voir une candidature de consensus

Seul élément jouant « contre » une candidature Retailleau : son profil départementaliste, lui qui n’a pas ménagé sa peine au Sénat pour batailler contre la suppression des départements et leur octroyer un ensemble minimum de compétences pour assurer leur avenir, du moins à moyen terme. 

Dernière possibilité évoquée à l’ARF : « Présidents de droite et de gauche pourraient se réunir en amont pour proposer ensemble un candidat. Mais cette phase politique de choix d’un candidat commun nous échappe », avance-ton très prudemment à l’association.  

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