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COP 21 07/12/2015

Sommet des élus locaux pour le climat : une démonstration de force et d’ambition

par Emmanuelle Lesquel
Michael Bloomberg, François Hollande et Anne Hidalgo au rendez-vous des « Villes pour le climat »

Dans une déclaration commune, les quelque 700 élus locaux du monde entier réunis le 4 décembre à l'hôtel de ville de Paris pour la COP 21 s'engagent notamment à réduire de 80 % les émissions de gaz à effet de serre de leur territoire d'ici 2050. Et encouragent les Etats à suivre leur exemple en prenant eux aussi des engagements chiffrés ambitieux.

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COP 21 : les collectivités parties prenantes du « combat climatique »

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De Séoul, à Istanbul, en passant par Dakar, Pékin, Los-Angeles ou Rio-de-Janeiro, malgré les mesures de sécurité drastiques, quelque 700 élus se sont rendus le vendredi 4 décembre à Paris au sommet des élus locaux pour le climat. Cette journée et les engagements pris par des villes parfois plus grandes que des pays, devraient rester dans les mémoires.

« Nous avons aujourd’hui la plus grande réunion de maires et de leaders territoriaux de cette importance jamais effectuée. Et comme me l’a dit Ban Ki-Moon (secrétaire général des Nations unies, ndlr), ce sont les villes qui font les choses. Si les villes s’engagent, les Etats le feront aussi », se félicitait en introduction du sommet Michael Bloomberg, ancien maire de New York et envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour les villes et le changement climatique.

 

C40, ICLEI ou CGLU… les réseaux d’acteurs locaux étaient réunis pour pouvoir écrire cette déclaration commune dans laquelle ils s’engagent à promouvoir et dépasser les objectifs de l’accord de Paris 2015 en cours de négociation au Bourget. Ils s’y engagent également à produire et à mettre en œuvre des stratégies participatives d’adaptation au changement climatique.

Engagements plutôt que revendications

Cette démonstration de force des territoires, déjà tous engagés dans des actions de lutte contre le changement climatique, s’est cependant faite avec des gants de velours. Alors que la mention de l’importance du rôle des gouvernements locaux dans la lutte contre le changement climatique était ôtée de la dernière version du texte des négociations COP 21 au Bourget, les élus ont préféré se concentrer sur leurs engagements plutôt que sur la revendication d’une reconnaissance plus importante de leur rôle au niveau des négociations.

Ainsi, en dehors des engagements ambitieux, la déclaration des élus reconnaît uniquement que pour mettre en place leurs actions, « les collectivités ont besoin d’accéder plus facilement à la finance verte, de disposer d’une plus grande autonomie budgétaire et d’une capacité réglementaire accrue afin d’amplifier leur action ».

Pour accéder plus facilement à ces financements, François Hollande a rappelé en ouverture du sommet la création d’un guichet unique permettant de financer les projets urbains : « Il ne peut y avoir de réussite sur le climat si au lendemain des accords il n’y a pas une mobilisation des autorités locales pour inventer et agir ».

Coopération et échange avec les Etats

« Le rôle de ce sommet était de dire aux Etats trouvez l’accord nous ferons le travail. Mettre en place un mécanisme de coopération et d’échange entre Etats et acteurs non étatiques, doit être un des résultats de cette COP », décrypte Ronan Dantec, porte-parole porte-parole climat de l’organisation mondiale des villes (CGLU).

Lors du conseil mondial de CGLU qui s’est déroulé en fin de matinée, Kadir Topbas, son président et maire d’Istanbul, a tout de même rappelé : « Nous avons progressé ces dernières années mais il ne faut pas se reposer sur nos lauriers. Nous avons besoin que les gouvernements locaux soient reconnus au niveau international. Nous devons avoir un siège au niveau des négociations pour faire entendre notre voix ».

Echanges internationaux de bonnes pratiques entre collectivités

La journée a également été l’occasion pour les élus d’aller à la pêche aux bonnes pratiques et de se motiver mutuellement. « Voir ce que font les autres villes est encourageant. C’est parfois difficile de convaincre les citoyens et même l’administration. Je préfère cependant être critiqué parce que j’agis plutôt que parce que je ne fais rien. Il faut désormais raisonner en termes de prospérité partagé plutôt que de croissance », a expliqué à la presse le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur.

De leurs cotés, plusieurs villes chinoises pilotes ont pu lors d’un atelier dédié, présenter leurs actions en matière de réduction des gaz à effet de serre. Leur objectif : réussir à atteindre en 2020 leur pic carbone.

Pékin est par exemple pour cela en train de d’établir un cadre législatif complet comprenant un système d’allocation des émissions de CO2. Dans le sud de la Chine, à Shenzhen (10 millions d’habitants), la municipalité prévoit de faire réduire les émissions de CO2 de 3 000 entreprises de son territoire et va passer l’année prochaine 95% de sa flotte de bus à l’électrique.

Coopérations décentralisées sino-américaines

Le ministre chinois Xie Zhenhua, chef des négociations sur le climat pour la Chine, est même venu au sommet pour affirmer lors d’une conférence de presse son soutien à l’action des collectivités. Il a aussi confirmé qu’il allait œuvrer pour que l’importance de leur rôle soit remise dans le texte des négociations du Bourget : « Si les villes prennent le leadership ce sera plus facile pour la Chine d’atteindre ses objectifs ».

Eric Garcetti, maire de Los Angeles, a pour a part souligné la collaboration fructueuse entamée entre les villes américaines et chinoises sur ces questions en septembre 2015 à Los-Angeles, lors du premier sommet « climat » d’élus locaux issus des deux pays.

Dix sénateurs américains sont par ailleurs venus pour soutenir les maires présents et les engagements du président Barack Obama pour la COP 21 : « Président, nous sommes à vos côtés pour faire passer vos mesures. Au niveau des villes, au niveau des états (états fédérés américains, ndlr), nous sommes impliqués pour changer », a résumé le sénateur du Minnesota Al Franken lors d’une conférence de presse.

Les collectivités « laboratoires actifs de la transition verte »

Les acteurs du box-office hollywoodien Leonardo Di Caprio et Robert Redford, se sont par ailleurs succédé à la tribune pour exhorter les élus à continuer de travailler à faire un meilleur monde.

Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères a conclu la journée par ces mots : « C’est vous qui en grande partie allez gagner le combat contre le changement climatique. Vous êtes les laboratoires actifs de la transition verte. Il ne peut pas y avoir d’un côté l’action des collectivités et de l’autre celle des gouvernements. Il faut une convergence. Ce rassemblement des gouvernements locaux et des gouvernements va permettre que la COP 21 reste dans les mémoires ».

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