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ASSOCIATION DES MAIRES DE GRANDES VILLES DE FRANCE 14/09/2012

Michel Destot, président de l’AMGVF : « Le fait urbain doit être pleinement reconnu »

par La rédaction

La 12e Conférence des villes, organisée par l'Association des maires des grandes villes de France, le 19 septembre 2012, est axée sur le prochain acte de décentralisation. Dans cet entretien accordé au Courrierdesmaires.fr, Michel DESTOT, maire de Grenoble et président de l'AMGVF, insiste notamment sur le rôle moteur des grandes villes dans le développement économique et l'innovation.

© AMGVF

« Des Etats-territoires, plutôt que des tête-à-tête »

Le Courrierdesmaires.fr : Qu’attendez-vous de l’Acte III de la décentralisation ?

Michel Destot. Qu’il reconnaisse pleinement le rôle des grandes villes et de leurs agglomérations, qu’il reconnaisse le fait urbain, notamment dans le cadre de la constitution du futur Haut conseil des territoires.

Nous représentons de 60 % de la population française. C’est essentiel sur le plan social. Avec la crise, par exemple, on s’aperçoit que le taux de pauvreté dans les grandes villes françaises est de 21 %, contre 13 % sur l’ensemble du territoire. Ce sont donc les grandes villes qui supportent le plus de charges sociales et rencontrent le plus de difficultés.

Mais dans le même temps, à travers les universités, les pôles de compétitivités, les établissements de recherche et d’innovation, c’est aussi sur nos territoires que l’on trouve les leviers pour le développement économique, donc, pour l’emploi.

 

Quelles réactions vous inspire la déclaration commune Etat-régions qui consacre ces dernières chefs de file du développement économique ?

— M. Destot. Je me réjouis que les régions puissent prendre une place plus importante en matière de développement économique. La rencontre entre le président de la République et les présidents de région va dans le bon sens, mais il ne faut pas que ce partenariat soit exclusif.   «  Il faut trouver le bon équilibre entre les régions et les grands pôles urbains.  » C’est pour cela que je préfère parler de « projet stratégique partagé ». En matière de développement économique et d’emploi, il faut que tout le monde s’y mette : non seulement l’Etat, mais également  l’Europe et les collectivités territoriales.

Au sein des collectivités, il est évident que les régions ont un rôle important, voire essentiel, à jouer, notamment dans le soutien aux PME-PMI, que ne peut plus assurer l’Etat. Mais les grandes agglomérations, grâce aux pôles de compétitivité, aux pôles de recherche, aux pôles universitaires, ont pour leur part un rôle en matière d’innovation. Elles sont bien placées pour repérer les championnes parmi les entreprises à taille intermédiaire, qui tireront le développement économique du pays vers le haut.

Donc, ce ne sont pas les régions contre les pôles urbains ou les régions ayant un pouvoir prescriptif sur les autres échelons territoriaux, mais les uns avec les autres dans un projet stratégique commun avec l’Etat et l’Europe.

 

Votre association vient d’être reçue par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Quel rôle souhaitez-vous jouer dans ce secteur ?

— M. Destot.Là encore, nous souhaitons que les choses se fassent de façon contractuelle. Les universités et grandes écoles sont principalement dans les grandes agglomérations. Nous sommes donc impliqués dans l’accueil des étudiants. Les conditions de logement, la qualité de la vie sociale, des activités et infrastructures sportives et culturelles, la facilité de déplacements, etc., interviennent dans l’attractivité des universités. Dans ce domaine, nous sommes les mieux placés pour contractualiser avec l’Etat. Ce qui ne doit pas exclure la participation des autres échelons territoriaux.

 

Que vous inspirent les premières semaines du gouvernement ?

— M. Destot. Sur quelques  mois, difficile de porter un jugement sur une politique ! Mais il y a une volonté d’échange et de dialogue avec les collectivités territoriales. Nous avons rencontré le président de la République, le Premier ministre et de nombreux membres du gouvernement.

Par ailleurs, l’annonce que les dotations 2013 pour les collectivités territoriales resteront constantes en valeur et qu’il y aura un coup de pouce sur les crédits au travers de la Banque postale vont dans le bon sens. Nous sommes vigilants, mais nous avons des relations de confiance, plus constructives que ce que nous avons connu précédemment.

 

Propos recueillis par Marion Esquerré
Photo : © AMGVF

Approfondir le sujet
  • Dans une étude, publiée en partenariat avec la Caisse d'épargne, en janvier 2012, les grandes villes rappellent que la moitié, ou presque, de la valeur ajoutée créée en France provient de leurs territoires.
  • Communiqué de l'AMGVF  du 20 septembre 2012, publié au lendemain de la réunion organisée par l'association à Paris sur le thème du rôle clef des grandes villes dans la croissance économique et la nouvelle étape de la décentralisation.
  • Le site web de l'AMGVF

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