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Crise migratoire 08/09/2015

Accueil des réfugiés : citoyens et collectivités se mobilisent, l’Etat se place en coordinateur

par Marion Esquerré
Accueil des réfugiés © Flickr-CC-Retis

L’engagement de la France de recevoir 24 000 réfugiés sur les deux prochaines années, dont 1 000 en urgence, annoncé lundi 7 septembre par le président de la République, se conjugue avec la mobilisation des citoyens et des collectivités.

Cet article fait partie du dossier:

Accueil des réfugiés : les maires généreux mais réalistes

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Plusieurs responsables politiques et élus locaux français ont lancé des appels à la mobilisation en faveur des réfugiés fuyant les territoires en guerre de l’est et du sud de la Méditerranée.

Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne, a diffusé la première une pétition(1), le 3 septembre, appelant le président français et le président de l’AMF, François Baroin, à « organiser au plus vite une consultation des 36 000 maires de notre pays pour recenser les capacités et les propositions d’accueil ». Sa pétition a atteint 60 000 signatures en quelques heures.

Le même jour, le premier secrétaire du Parti socialiste et le président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains appelaient à la structuration d’un « réseau de villes solidaires prêtes à s’engager à accueillir des familles sur leur territoire »(2).

Des maires et des conseillers départementaux s’engagent

Plusieurs élus locaux ont pris à leur tour l’initiative. Un collectif de onze maires de Haute-Garonne a signé une tribune intitulée « Nous sommes prêts à accueillir », à l’initiative du député socialiste Christophe Borgel.

Les maires de Saint-Nazaire, de Nantes, de Lille, d’Issundun (premier vice-présidence de l’AMF), le maire de Strasbourg, de nombreuses communes de l’Ain, du Rhône furent parmi les premiers à réagir.

Bien que le mouvement soit d’abord porté par la gauche, des élus Les Républicains se sont aussi engagés, à l’image de Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne qui a demandé « à tous les maires et présidents d’intercommunalités », « au-delà de tout clivage, de respecter notre devoir moral, celui de défendre et de protéger les populations ».

De leur côté, des présidents de conseils départementaux, à commencer par ceux du Puy-de-Dôme et de la Manche, se sont déclarés prêts à soutenir les actions individuelles, associatives et de communes. Dans le Lot, six conseillers départementaux ont souhaité faire de leur département une « Terre d’accueil d’urgence ».

Voix discordantes

Tandis que les socialistes organisaient ce 8 septembre un meeting de soutien à l’accueil des réfugiés sous le slogan « Pour nous, c’est oui ! », d’autres voix se sont fait entendre contre cette mobilisation, ou ont posé des conditions à un engagement.

Ainsi, François Baroin président de l’AMF, a déclaré que sa ville, Troyes, ne se joindrait pas au mouvement estimant que la France n’était pas en mesure d’accueillir durablement des réfugiés et qu’il revenait aux autorités supranationales « de régler le problème en amont ».

Le dirigeant de « Debout la France », Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres (Essonne) s’est positionné de la même manière, dénonçant « un concours d’hypocrisie ». A Roanne, brandissant le spectre du jihadisme, le maire Les Républicains Yves Nicolin, s’est dit prêt à accueillir des réfugiés, à condition qu’ils soient non musulmans. D’ailleurs, une bonne partie de la droite estime que les minorités chrétienne et Yézidie devraient être la priorité de la politique d’accueil de la France.

En Haute-Garonne, le dirigeant FN a dénoncé l’initiative de maires du département. Selon lui, des habitants se seraient plaint, « écœurés » que leur avis ne soit pas requis en « tant que contribuables ».

De même, dans les Hautes-Alpes, des habitants de la petite commune de Rosans se sont opposés à l’initiative de la mairie de loger deux familles de réfugiés dans des logements HLM.

Les opposants à l’accueil des migrants arguent des résultats de deux récents sondages Ifop qui placent à 51% ou 52% la part d’interrogés opposés à l’accueil de nouveaux migrants, chiffre qui atteignait 60% deux mois plus tôt.

Bernard Cazeneuve fixe aux élus locaux une réunion de travail

Cela n’empêche pas, parallèlement aux engagements politiques, des réseaux de particuliers de grossir à vive allure, tels que Aiderlesrefugier.fr ou le réseau CALM(3). Face à ce large mouvement de solidarité, dans un courrier diffusé le 6 septembre(4), le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve a remercié les élus locaux et inviter les maires à participer, le samedi 12 septembre à une réunion de travail visant à coordonner les actions.

« Les services placés sous ma responsabilité – réseau préfectoral, OFII, OFPRA – sont pleinement mobilisés pour accompagner vos initiatives », a-t-il écrit. Pour préparer cette réunion, il devait recevoir l’exécutif de l’AMF le 8 septembre et le président de l’Assemblée des départements de France le 9 septembre. De leur côté, l’AMF et l’AMGVF et Villes de France (ex-villes moyennes) se réunissent chacune en réunion exceptionnelle le 9 septembre.

Choc dans l’opinion mondiale. La chancelière allemande avait appelé le 31 août à une politique européenne commune à l’égard des réfugiés, évoquant notamment l’idée de quotas pour répartir la responsabilité de l’accueil des réfugiés entre les pays membres. Les jours qui ont suivi ont été marqués par la publication de la photo montrant un garçonnet de 3 ans mort, échoué sur une plage turque.
Un choc, qui a sensibilisé l’opinion au-delà des attentes des associations humanitaires et ONG. Elles alertaient pourtant depuis des mois la société civile et les responsables politiques sur le sort des réfugiés fuyant les territoires en guerre de l’est et du sud de la Méditerranée.
Le lendemain de cette publication, le président français, dans un courrier cosigné avec Angela Merkel, reprenait à son compte l’idée d’une politique de quotas, jusque-là rejetée. 

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