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Congrès de l'APVF 19/06/2015

Laïcité : à Paimpol, les maires des petites villes échangent sur leurs initiatives

par Aurélien Hélias
Fronton de la mairie de Wittenheim (Haut-Rhin) : Liberté, égalité, fraternité © Wikimedia commons

Réunis le 18 juin pour leur congrès annuel dans la commune des Côtes-d’Armor, les maires de l’Association des petites villes de France (APVF) consacraient leur premier débat au "vivre-ensemble" et à leur actions pour promouvoir la laïcité, dans un contexte local souvent difficile. La ministre de l’Education nationale, Naja Vallaud-Belkacem, elle, a mis en avant sa "réserve citoyenne pour l’école".

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Les élus locaux et le principe de laïcité

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Sur l’estrade de la salle des fêtes de Paimpol, où l’Association des petites villes de France organise les 18 et 19 juin 2015 son congrès annuel, les maires des communes membres étaient nombreux à vouloir témoigner de leurs difficultés à faire vivre le « vivre-ensemble » au quotidien.

A Mulhouse (Haut-Rhin), c’est « l’équivalent d’une école élémentaire sur la ville qui a choisi l’enseignement à distance », regrette Antoine Homé, maire de Wittenheim, commune de l’agglomération. L’élu y voit l’illustration « de tentatives, ici et là, de déscolarisation ». Autre manifestation de ces atteintes au vivre-ensemble : le sport, où sévit « un phénomène de communautarisme, regrette le maire, avec des prières dans les vestiaires ».

Ces exemples parmi tant d’autres ont incité les élus à réagir ou à intensifier leurs initiatives en matière de cohésion sociale, de refus du communautarisme et de respect des principes de laïcité.

A Wittenheim, ont été mis en place, à l’école, un « module citoyenneté-laïcité »pour faire de la pédagogie, explique Antoine Homé, ainsi qu’un orchestre pour faire vivre concrètement ces valeurs.

La mixité attaquée
Ailleurs, c’est sous la forme d’un « conseil laïcité et vivre-ensemble » que le maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle, Christophe Chaillou, a décidé d’agir. Objectif : que ce conseil, qui tenait sa deuxième réunion le 13 juin, « puisse au moins servir de lieu d’échanges sur la laïcité et les questions de mixité dans certaines activités ». S’y retrouvent les élus locaux, les représentants des cultes, les associations de défense de la laïcité, les Libres penseurs, le laboratoire local de laïcité et des personnalités extérieures, comme d’anciens professeurs.

« Chacun a accepté de jouer le jeu, dit-il, alors que certains représentants de cultes hésitaient, car le concept de laïcité était vécu comme une laïcité agressive… » « C’est une instance dans laquelle on peut débattre, y compris pour sortir d’une relation bilatérale [élu-administré, NDLR] parfois difficile à gérer », témoigne Christophe Chaillou.

Dernier exemple en date de ces tensions vécues par l’élu : la « problématique des classes découvertes. Des parents ne veulent plus y envoyer leurs filles. Résultat : certains élus n’en organisent plus pour ne pas avoir à les exclure… », détaille le maire. Or, selon le président de l’Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco, la plupart des demandes « de non-mixité ne sont pas liées à des demandes personnelles, mais sont bien des demandes contre la République »..

Conditionnalité des aides aux associations
Autre initiative du maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle, davantage centrée sur le vivre-ensemble : un cycle d’animation sur la violence, le respect, la tolérance et les relations filles-garçons.

A Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), la sénatrice-maire Marie-France Beaufils insiste sur la charte éducative, outil utilisé pour la formation des jeunes au Bafa, eux qui seront « plus tard engagés dans les centres de loisirs » du territoire.
Une autre action évoquée par l’élue repose sur la conditionnalité des aides de la communes : « Si une association sportive veut être soutenue, elle doit intégrer une école de sport », avec toujours « cet objectif éducatif de laïcité et de respect de l’autre ».

L’APVF, ambassadrice de la « réserve citoyenne pour l’école »
Convaincu par cette charte qu’il souhaite adopter pour sa ville, le maire de Coulommiers, Franck Riester, se dit à l’inverse dubitatif sur les multiples « actes ou contrats » locaux en matière de promotion de la cohésion sociale et de la laïcité. Il préfère parier sur « les initiatives concrètes des collègues maires », comme ce jeu de l’oie éducatif à base d’histoire de la Révolution française.

La ministre de l’Education nationale, elle, est venue mettre en avant à Paimpol sa « réserve citoyenne pour l’école » pour laquelle 5 000 personnes auraient déjà fait acte de candidature. Le principe ? « Un peu comme la réserve de la défense, vous  faites acte de candidature, vous venez apporter votre expertise » pour « donner un coup de main aux enseignants dans les salles de classe », a développé Naja Vallaud-Belkacem.

Par convention de partenariat signée avec la ministre ce même jour, l’APVF devient de fait « un ambassadeur de la réserve citoyenne : cela permettra que l’association communique auprès de ses adhérents pour promouvoir la possibilité de faire faire ces interventions dans les écoles », a détaillé la ministre.

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