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Santé publique 12/06/2015

Les élus s’impliquent davantage dans les conseils locaux de santé mentale

par Rouja Lazarova
Centre de santé mentale à Beaumont-sur-Oise © P. Marais

Les élus locaux sont de plus en plus présents dans la gouvernance des conseils locaux de santé mentale (CLSM) et privilégient des approches individualisées des personnes rencontrant des troubles psychiques. Les enjeux de maintien à domicile et de logement de ces publics fragiles apparaissent prégnants, selon les résultats d’une étude menée auprès de 81 CLSM.

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La santé, une mission nouvelle pour les collectivités territoriales

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Le centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (CCOMS) situé à Lille a rendu publics les résultats d’une étude menée fin 2014 auprès de 81 conseils locaux de santé mentale (CLSM) sur les 120 opérationnels aujourd’hui.

Même si elle ne reflète pas l’ensemble des situations, l’étude permet de pointer quelques tendances nationales.

« L’enquête a d’abord révélé une grande hétérogénéité dans l’organisation, les objectifs et les actions menées des CLSM. L’absence de modèle type peut être vécue comme une difficulté au départ, mais au final, c’est une richesse car elle permet de s’adapter aux réalités d’un territoire », confie Pauline Guézennec, co-auteur de l’étude, aux côtés du Dr Jean-Luc Roelandt.

Un temps de maturation important
La création d’un CLSM nécessite un temps important de concertation entre les différents acteurs, notamment les élus locaux et les chefs de pôle de la psychiatrie publique – 47,4% des conseils ont exigé plus d’un an de réunions de préparation.

« L’étude montre que sans la volonté et la participation active, voire le militantisme des psychiatres et des élus, les CLSM ne fonctionneraient pas », affirme Pauline Guézennec.

Deux structures assurent le fonctionnement du conseil : l’assemblée plénière et le comité de pilotage. Outre les élus locaux et les professionnels de la psychiatrie publique, on y retrouve, en fonction des territoires, les ARS, les CCAS, les conseils départementaux, les bailleurs sociaux, les représentants de l’Etat – police, justice ou éducation nationale.

Les élus locaux président 60% de comités de pilotage et ils sont plusieurs (chargés du handicap, de la santé, du logement ou des affaires sociales etc.) à s’impliquer dans 70% des CLSM. « Ces derniers années, les élus ont pris conscience du rôle qu’ils ont à jouer au sein des CLSM pour améliorer la prise en charge de la santé mentale de leurs citoyens », estime Pauline Guézennec.

Les représentants des usagers en retrait
L’enquête révèle à l’inverse une faiblesse de la représentation des usagers et des aidants (ils participent à 60% des comités de pilotage), liée à la fois à l’absence de représentants d’usagers sur certains territoires, mais aussi à la nécessaire évolution des mentalités sur la nécessité de les associer à la démarche.

Enfin, les coordinateurs, clés de voûte du bon fonctionnement du dispositif, sont présents dans 83% des CLSM. La moitié de ces postes sont financés par les collectivités territoriales, et un tiers par un co-financement ARS-collectivité.

Le logement, une mission majeure des CLSM
Une grande majorité (80%) des CLSM a mis en place des cellules de coordination consacrées à des cas individuels complexes. Les personnes souffrant de troubles psychiques, qui cumulent les difficultés sociales ou économiques, sont connues par de nombreux services du territoire. L’objectif de la démarche est d’améliorer leur coordination et la prise en charge globale des usagers.

La problématique du logement est traitée par 76% des CLSM, avec deux axes principaux : l’accès au logement, notamment dans les zones urbaines, et le maintien à domicile.

Les adolescents, un public cible croissant
Deux tiers des conseils (66%) mènent des actions de sensibilisation et d’information auprès du grand public pour lutter contre la stigmatisation des usagers.

Un tiers des CLSM (34%) a défini comme priorité la santé mentale des adolescents, une question qui se pose de plus en plus souvent, selon Pauline Guézennec.

Inscrits dans le projet de loi de modernisation du système de santé, les CLSM sont appelés à se développer. Ils sont 70 en gestation aujourd’hui, selon le CCOMS.

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