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Politique de la ville 06/05/2015

La pauvreté s’accentue dans les zones urbaines sensibles

par Martine Kis

Le tableau dressé par le dernier rapport de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles est bien sombre. Dans tous les secteurs, la situation des populations s'aggrave : chômage, éducation, santé... L'écart avec les autres quartiers se creuse.

La part des personnes vivant sous le seuil de pauvreté est trois fois plus élevée en zone urbaine sensible (ZUS) que dans le reste du territoire. C’est ce qui ressort du rapport 2014 de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus)(1), remis le 6 mai.

Ecarts de revenu
En 2011, le revenu fiscal moyen des habitants de ZUS (12 752 €) ne représentaient que 54% de celui de l’ensemble des habitants de leurs unités urbaines. En 2012, la part des personnes vivant sous le seuil de pauvreté (987 € mensuels) y est de 38,4%, soit un taux 3,1% fois plus élevé que dans le reste du territoire.

L’écart de revenu moyen entre les ZUS et le reste du territoire s’est accru entre 2004 et 2011. Le revenu moyen y a certes augmenté, mais moins rapidement que sur l’ensemble du territoire métropolitain, ce qui explique le creusement des inégalités.

Lourd tribut au chômage
Les ZUS payent un tribut très lourd au chômage, et en particulier les jeunes actifs : parmi eux le taux de chômage est de 42,1% contre 22,6% dans leurs unités urbaines. Seule consolation : il semblerait que la situation dans les ZUS se stabilise alors qu’elle se dégrade ailleurs.

Globablement, 6 personnes sur 10 sont actives entre 15 et 64 ans en ZUS, soit 10 points de moins que dans le reste du territoire. Les contrats aidés sont une voie d’entrée importante dans l’emploi. Ils concernent 60 000 résidents en ZUS. Mais les choses ne sont pas simples pour eux. Le rapport constate en effet que les jeunes résidents des ZUS recherchent un emploi d’avenir plus longtemps que les autres jeunes urbains malgré des niveaux de formation plus élevés.

La baisse du taux d’emploi concerne avant tout les femmes, les jeunes et les immigrés, même les plus diplômés.

66 000 établissements d’entreprises étaient situés en zone franche urbaine (ZFU) au 1er janvier 2013. Il s’agit avant tout des secteurs de l’hébergement médico-social (15,3% des implantations), des travaux de construction spécialisés (14 ?6%), du commerce de détail hors automobiles et motocycles (13,2%) et des activités scientifiques et techniques (12,7%).

Peu d’élèves en filière générale
Les 340 000 élèves scolarisés en ZUS, majoritairement des classes sociales défavorisées, se retrouvent face à des enseignants plus jeunes et moins expérimentés qu’ailleurs, mais avec des dotations horaires supérieures et moins d’élèves par structures pédagogiques.

A peine plus du quart des collégiens scolarisés en ZUS s’orientent vers une filière générale en 1re : ils ne sont que 27,1% à le faire, contre 40,4% hors ZUS.

Difficile accès à la santé
Un peu plus de la moitié des habitants des ZUS se déclarent en bonne ou très bonne santé. Pourtant, les caractéristiques individuelles des habitants des ZUS n’expliquent pas les écarts dans l’état de santé perçu.

Selon le rapport, il existe un « effet quartier ». Il n’en reste pas moins que plus d’un habitant sur quatre en ZUS déclare avoir renoncé à des soins, en particulier dentaires, pour des raisons financières au cours de l’année écoulée. Le renoncement a des motifs économiques (les complémentaires santé sont rares), mais aussi pratiques : l’offre de soins est insuffisante et les délais d’attente long.

Fort sentiment d’insécurité
Le tableau est sombre aussi en ce qui concerne la sécurité : le sentiment d’insécurité est deux fois plus fort en ZUS qu’en dehors : à 25% contre 14%.

A noter qu’il existe dans ce domaine un effet ZUS, leurs habitants se déclarant en insécurité une fois et demi plus souvent à environnement et caractéristiques personnels identiques. Pour eux, les incivilités ne sont pas le problème essentiel, alors que leur taux est élevé, mais bien les problèmes de consommation et de trafic de drogues. La police constate un taux d’atteinte aux personnes supérieur en ZUS, alors que le taux d’atteinte aux biens est inférieur.

Note 01:

A partir de cette année, l’Onzus devient l’Observatoire national de la politique de la ville, ONPV. - Retourner au texte

Références

  • Le rapport 2014 de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles

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