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Parité 07/04/2015

Dix femmes présidentes de conseil départemental : où est passée la parité ?

par Aurélien Hélias
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La part des femmes présidentes de département est passée de 6 à 10%. On est encore loin de la nouvelle parité intégrale des assemblées départementales. Le signe de l’échec de la parité imposée par la loi ou bien la première étape d’un renouvellement qui se poursuivrait au prochain mandat ? Les avis sont partagés et la répartition en cours des portefeuilles entre vice-présidents sera un élément de réponse important…

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Elections départementales : une équation à plusieurs inconnues

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Elles étaient 6 sur 101 présidents de conseillers, départementaux, elles sont désormais 10 femmes à la tête d’un exécutif départemental. Cinq élues y ont en effet accédé et rejoint 5 autres femmes déjà en poste, la 6e , Marie-Françoise Pérol-Dumont, ne se représentant pas dans son département de Haute-Vienne. Parmi ces femmes, Sophie Pantel (notre photo) est la présidente du seul département qui a basculé à gauche : la Lozère.

De 6 % à 10 % : une faible progression, surtout à l’aune de la nouvelle parité intégrale pour les conseillers départementaux imposée par le nouveau mode de scrutin par binômes homme-femme. De quoi tirer « un bilan contradictoire en matière de parité », commente le Haut  Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), pointant une situation « symptôme d’une véritable schizophrénie démocratique : des assemblées pour la première fois strictement paritaires et ainsi plus représentatives, mais dirigées dans 9 cas sur 10 par un homme ».

(Quasi)-parité des exécutifs…
Préférant voir le verre à moitié plein, le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), Claudy Lebreton, préfère se réjouir que « l’ensemble des assemblées départementales sont paritaires. C’est un changement historique qui permet ainsi de représenter plus justement la population française et sa composition ».

Autre avancée pour la parité dans les fonctions électives, soulignée par l’ancien président des Côtes-d’Armor : la parité ou quasi-parité dans les exécutifs départementaux. Les vice-présidents sont effectivement élus au scrutin de liste, dans laquelle « la différence entre le nombre de candidats de sexes différents dans chaque liste ne peut être supérieur à 1″. Toutefois, la tête de liste ne doit pas être obligatoirement de sexe opposé au président…, en l’occurrence un homme, dans 90 % des cas.

… mais répartition sexiste des postes ?
« Tous les départements bénéficieront d’un renouvellement des personnalités politiques en charge de la mise en œuvre des politiques publiques, mais aussi d’un renouvellement des pratiques politiques », retient tout de même le président de l’ADF.

Cette répartition paritaire des postes de vice-présidents pourrait toutefois cacher quelques avantages conservés par les hommes. Ainsi, le HCEfh annonçait dès le 2 avril qu’il serait, « au-delà de ce premier bilan quantitatif », vigilant à trois autres critères :

  1. la part des femmes parmi les postes de 1ers vice-présidents ;
  2.  le caractère « stéréotypé ou non » de la répartition des portefeuilles entre vice-présidentes et vice-présidentes : « aux hommes les finances et aux femmes la petite enfance ?… » (une crainte du Haut Comité) ;
  3. et l’impact des binômes paritaires « sur les pratiques politiques, pendant la campagne ou le mandat ».

2021, le vrai bilan ?
Enfin, plusieurs observateurs politiques, chercheurs comme élus, prédisent que la prochaine élection en 2021 constituera une deuxième vague à même de porter à la tête de l’exécutif davantage de femmes qui auront alors eu le mandat 2015-2020 pour emmagasiner l’expérience et l’assise politique afin d’être élue à la tête de l’exécutif. Si la parité « quantitative » des assemblées a bien fait évoluer les mentalités, ce que même le législateur ne peut imposer…

 

Elles accèdent pour la première fois à la tête du département

 

Bouches-du-Rhône – Martine Vassal (UMP)

Jusqu’alors adjointe à la mairie de Marseille et présidente depuis six ans du groupe d’opposition au conseil départemental, Martine Vassal accède à la présidence des Bouches-du-Rhône (13), forte des 16 cantons sur 29 remportés par la droite. Elle succède au « baron local » Jean-Noël Guérini, dont la chute – seuls 6 élus pour sa « Force du 13 » – aura accéléré une révolution locale : la perte du département pour la gauche après plus de 70 ans de gestion socialiste.

 

Doubs – Christine Bouquin (DVD)

Jusqu’alors maire (sans étiquette) de Charquemont depuis 1995, conseillère générale depuis 2001, Christine Bouquin a été élue présidente du conseil départemental du Doubs (25) avec le soutien de l’UMP, de l’UDI et du Modem, soit 24 des 38 élus du conseil départemental.

Elle succède au socialiste Claude Jeannerot, qui présidait le département depuis 2004. La présidente de l’association des maires du Doubs est aussi à la tête de la communauté de communes du Pays de Maîche.

 

Creuse – Valérie Simonet (UMP)

Première femme à présider le département de la Creuse (23), Valérie Simonet succède au socialiste Jean-Jacques Lozach qui dirigerait le département depuis 2001. Maire de Bussière-Nouvelle depuis 2008, conseillère générale depuis 2004, elle bénéficie d’une courte majorité de 16 élus sur 30 sièges.

 

Finistère : Nathalie Sarrabezolles (PS)

Conseillère générale depuis 2008, Nathalie Sarrabezolles (PS) succède à Pierre Maille, qui dirigeait le département du Finistère (29) depuis 2008, mais ne se représentait pas. Celle qui était jusqu’alors vice-présidente du conseil général du Finistère en charge des Solidarités bénéficiera d’une plus faible majorité que son prédécesseur : 28 élus sur 54.

 

Lozère – Sophie Pantel (PS)

Vice-présidente de la région Languedoc-Roussillon en charge de l’élevage et de la ruralité depuis 2012, Sophie Pantel a été élue dès le premier tour présidente du conseil départemental de Lozère (48), alors que le 29 mars avait débouché sur un scrutin serré : 6 cantons pour la droite et 7 pour la gauche, dont un canton étiqueté « Divers gauche », mais qui se revendiquait sans étiquette. Conseillère générale depuis 2004, elle est désormais à la tête du seul département qui a basculé à gauche. Sophie Pantel succède  à l’UMP Jean-Paul Pourquier, qui dirigeait le conseil général depuis 11 ans.

>> Elections départementales : lire notre article sur les 27 présidents des départements qui ont basculé à droite

 

Elles sont réélues à la tête du département

 

Pyrénées-Orientales – Hermeline Malherbes (PS)

Présidente depuis 2010 après avoir succédé à Christian Bourquin, qui avait pris la tête de la région, la sénatrice socialiste Hermeline Malherbes conserve la tête des Pyrénées-Orientales (66). Elle dispose d’une majorité de 20 élus sur 34.

 

La Réunion – Nassimah Dindar (UDI)

Nassimah Dindar (UDI) a été réélue pour un 4e mandat à la présidence du conseil départemental de La Réunion (974), depuis sa première élection en 2004. Avec une caractéristique : elle a dirigé la collectivité à la tête d’une majorité de droite, puis, pour ses deux mandats suivants (2008 à 2015), avec une majorité de gauche (parti communiste).

 

Guadeloupe – Josette Borel-Lincertin (PS)

Ancienne présidente de la région (2012-2014), Josette Borel-Lincertin (app.PS) a été élue présidente du conseil départemental de Guadeloupe (971). Elle succède au sénateur Jacques Gillot (PS), qui présidait le département depuis 2001.

>> Lire notre article Départementales » sur les présidents des départements réélus

 

Elles n’ont pas eu besoin d’élection pour conserver leur département

 

Paris : Anne Hidalgo (PS)

De par sa fonction, la maire PS de Paris Anne Hidalgo, élue aux municipales de mars 2014, est aussi la présidente du conseil départemental de Paris.

 

La Martinique : Josette Manin (Divers gauche)

Ne votant pas car bientôt collectivité unique au 1er janvier 2016, la Martinique (972) reste dirigée par Josette Manin (Divers gauche).  

Chiffres Clés

  • 16 % des maires sont des femmes
  • 8 % des présidentes d'intercommunalités sont des femmes
  • 1 seule femme est à la tête d'un conseil régional, soit 4 % des présidents de région
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  1. Sur la parité , le France n’est pas une bonne élève.
    Les Françaises ont eu le droit de vote très tardivement, elles ne pouvaient avoir un compte bancaire à leurs noms propres. Tout cela reste dans l’inconscient collectif.

    L’initiative du binôme pour les dernières élections départementales est une avancée. Le résultat des présidentes élues nous ramène à notre réalité de « gros machos ». Cela avance mais doucement.
    Néanmoins nos élues vont réussir. Les Françaises ne lâchent rien, c’est vrai qu’elles doivent hélas patienter, mais quand c’est leur tour, elles savent prendre leurs responsabilités.

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