publicité

 

Réagir
Bibliographie 06/03/2015

Urbanisme et architecture : commencer par « le projet du projet »

par Martine Kis

Le controverse devrait être le point de départ du projet urbain. Une façon, selon l'architecte Jean-Jacques Terrin, de permettre à tous de réfléchir au projet, de façon à ce qu'il soit le résultat d'un acte d'innovation collectif.

Tout doit changer, mais rien ne doit changer. Autrement dit, gouvernance, comportements, techniques, processus de conception changent, mais démocratie, qualité de vie, confort de la vie quotidienne doivent être préservés. Comment, alors, faire la ville, concevoir le projet de façon à ce que le savoir technique des professionnels laisse place à la vie, à l’évolution et la transformation ? Comment faire de la conception architecturale et urbaine un acte d’innovation collectif ?

Pour Jean-Jacques Terrin, architecte et chercheur, auteur de « Le projet du projet », les processus de conception traditionnels ne fonctionnent plus : trop d’acteurs, crise des expertises, lacunes des outils numériques traditionnels. Comme au XIXe siècle, tout le travail de conception du projet aboutit à la présentation de panneaux au maître d’ouvrage, qui n’y comprend pas grand-chose.

Laisser place à la controverse
Il convient donc, selon Jean-Jacques Terrin, de laisser place à la controverse, qui permet d’observer les signes du changement. C’est elle qui permet de mettre en relation des cultures différentes, aide les experts et les non-experts à créer des choix. Pour l’auteur, ce n’est pas le choix lui-même qui est important, car il n’existe pas toujours un projet meilleur qu’un autre. Il importe par contre d’ouvrir les possibilités de choix et de créer une vision partagée du projet avec ses futurs usagers.

Avec quelle boîte à outils travailler pour créer cette vision ? L’auteur propose par exemple de mettre en place des espaces de stimulation de la création, de travailler sur des maquettes numériques afin de mettre en musique toute l’intelligence des participants en temps réel. Il suggère aux villes de développer des laboratoires de conception urbaine comme Copenhague, ou Melbourne. Ou Montréal, où des chartes de partenariat organisent, avant le début du travail sur le projet, des rencontres entre les opérateurs et les habitants du quartier durant quelques semaines.

Le projet du Grand Paris serait un moment « fabuleux » pour mettre en œuvre cette approche. «Une ville monde qui s’invente de nouveaux horizons… mais on ne rêve pas », regrette Jean-Jacques Terrin. Quant au carcan juridique de l’urbanisme et des marchés publics, qui freine les projets, il se veut optimiste : « Il n’y a pas de raison que le mur de la loi MOP ne tombe pas. Le mur de Berlin est bien tombé ».

Références

  • Jean-Jacques Terrin : « Le projet du projet. Concevoir la ville contemporaine », Editions Parenthèses, 288 p., 2014, 26 €
Thèmes

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

publicité

Abonnez-vous