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Entretien - Elections départementales 06/03/2015

« 60 départements à droite, ce serait un bon score pour l’UMP »

par Aurélien Hélias
Eric Doligé © F. Calcavechia

Président UMP du conseil général du Loiret depuis 1994, Eric Doligé ne se représente pas au scrutin de fin mars. Ce qui n’empêche pas le « Monsieur élections départementales de l’UMP » d’avoir une analyse approfondie des rapports de force politiques à la veille des élections, une ambition certaine pour l’avenir des collectivités départementales… et un regard très critique sur l’actuelle présidence de l’Assemblée des départements de France.

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Elections départementales : une équation à plusieurs inconnues

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Courrierdesmaires.fr. Quels sont les objectifs de l’UMP pour ces élections départementales ?

Eric Doligé. Le rapport de force de 60 départements pour la gauche, 41 pour la droite devrait s’inverser. Ce serait déjà un bon score pour nous et il y a même une petite probabilité pour que nous fassions mieux. Jusqu’à maintenant, la droite perdait environ dix départements par an depuis un peu plus de dix ans, quand nous détenions environ 70 départements.

 

Prévoyez-vous que le FN soit présent dans la majorité des seconds tours du 29 mars ?

E. D. Le seuil de 12,5% des inscrits pour se maintenir, avec l’abstention qui s’annonce, va être quasiment inatteignable pour le 3e binôme. Ce seront principalement des duels au second tour, avec très peu de triangulaires.

Les duels entre UMP-UDI et FN seront vraisemblablement plus nombreux que les duels droite-gauche. Mais il y aura tout même davantage de duels droite-gauche qu’on ne le pense au second tour. Car si le FN est fort au niveau national, il ne l’est pas autant dans beaucoup de secteurs.

 

Nos candidates sont souvent à la tête de communes significatives, du moins à notre échelle départementale, à savoir maire du chef-lieu de canton.”

 

Ces élections imposent pour la première fois une parité totale des candidatures, avec des binômes homme-femme. Quel est le profil des candidates UMP-UDI ?

E. D. Ce sont souvent des élues municipales, des maires en général. De jeunes élues, pas forcément en âge mais en ancienneté, qui viennent de gagner les communes, voire des présidentes de communautés de communes qui viennent d’y accéder. Et elles sont souvent à la tête de communes significatives, du moins à notre échelle départementale, à savoir maire du chef-lieu de canton.

Nous avons ainsi des candidates représentatives des territoires. A l’inverse, si l’on regarde par exemple notre département du Loiret, aucune des 21 femmes candidates dans les binômes PS n’y est maire ou à la tête d’une intercommunalité.

 

A l’occasion de ces élections, l’Assemblée des départements de France devrait basculer à droite : qui sera le mieux à même de la diriger ?

E. D. Si possible, il faudrait que ce soit un des présidents de conseil général sortants – sur nos 40 présidents sortants, 15 ne se représentent pas – et un parlementaire. Ce n’était pas le cas de Claudy Lebreton et c’est peu dire que ça l’a toujours gêné : malgré plusieurs tentatives, il n’a jamais réussi à se faire élire sénateur et ne faisait ainsi pas le poids face au gouvernement.

Un critère optionnel, mais pas impératif, serait qu’il soit ancien ministre. Ce sera pour l’heureux élu un challenge intéressant de prendre une telle association avec une telle majorité. Qui ne devra pas être une annexe de la rue de Vaugirard(1), en soutien systématique du pouvoir en place si l’UMP revient au pouvoir, mais bien une force de propositions. C’est ce que je reproche au président actuel de l’ADF qui s’est trop laissé endormir sur la suppression des départements.

 

Les départements n’ont pas travaillé ensemble pour peser auprès des différents gouvernements.”

 

Que faut-il y améliorer selon vous ?

E. D. On a loupé depuis toujours la communication des départements. Il y a plusieurs années, nous avions proposé que les départements retirent une partie de leurs moyens de communication locaux pour les mobiliser dans une communication globale au niveau national et montrer ainsi tout leur rôle. Un impératif, plus encore en 2017 quand nous n’aurons plus de parlementaires avec le non-cumul en 2017. Mais les départements n’ont pas travaillé ensemble pour peser auprès des différents gouvernements.

 

Quel sera le rôle du département une fois la réforme territoriale complètement et définitivement adoptée ?

E. D. Ce qui est certain, c’est qu’une fois que la loi Notre, qui n’est qu’une loi d’affichage, sera définitivement votée, nous serons revenu quasiment à la situation d’avant le texte ! Le président des régions de France est d’ailleurs terriblement désabusé…

En 2017, si la droite revient au pouvoir, on reparlera certainement du conseiller territorial ou d’un dispositif semblable, que même la gauche ne considère plus comme une hérésie… Un conseiller territorial, siégeant à la fois à la région et au département, est la bonne solution pour diviser par deux le nombre d’instructions de dossiers et réduire le nombre d’élus.

 

Une France à 50 départements est techniquement très faisable…”

 

Avec les 13 grandes régions, soutenez-vous toujours l’idée de diviser le nombre de départements par deux ?

E. D. Certaines des nouvelles grandes régions vont compter jusqu’à 13 départements : il faut à tout prix réduire le nombre d’interlocuteurs car c’est impossible de travailler dans une réunion avec 80 personnes. Et plusieurs conseils généraux actuels sont trop petits et vivent sous perfusion.

Le département du Rhône doit disparaitre, à marier avec un autre ; l’Eure-et-Loir fusionnerait avec le Loiret, le Haut-Rhin avec le Bas-Rhin. Une France à 50 départements est techniquement très faisable et cela ferait faire des économies considérables car les départements ont des structures très semblables. Au contraire des régions qui sont promises avec leurs fusions à deux ou trois ans de difficultés incommensurables…

Note 01:

Le 238, rue de Vaugirard, siège de l'UMP. - Retourner au texte

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