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Radicalisation 17/02/2015

Le maire de Lunel déclare avoir été censuré par les médias

par Sophie Le Gall
Claude Arnaud, maire de Lunel © Ville de Lunel

Dans une lettre adressée aux habitants de sa commune, et aux habitants des 14 autres communes du Pays de Lunel (Hérault), Claude Arnaud (maire sans étiquette) revient sur la médiatisation dont a fait l'objet sa ville suite au décès de plusieurs de ses jeunes partis faire le jihad. Et s'explique sur son propre silence.

Le ton est donné d’emblée : c’est suite à la « stigmatisation » dont la ville de Lunel a fait l’objet, et, par ricochet, l’ensemble du Pays de Lunel, que Claude Arnaud, en sa qualité de maire et de président de la communauté de communes, a expédié, début février, la même lettre à l’ensemble des habitants du territoire, annonce le site internet du Pays de Lunel.

Charge contre les médias
Le communiqué précise que la missive « a été envoyée avec l’accord de chacun des maires, tous conscients de la nécessité d’être solidaires ». Claude Arnaud déclare que « Lunel a fait l’objet d’une médiatisation outrancière et stigmatisante qui a mis à mal son image. Elle ne méritait pas un tel traitement totalement disproportionné et subjectif ».

L’élu fait référence, sur le fond, à la couverture médiatique qui a fait suite au décès, en 2014, d’au moins 6 jeunes Lunellois enrôlés pour faire le jihad au Moyen-Orient. Ces disparitions avaient suscité un vive émoi au sein de la population de cette petite ville de 26 000 habitants, située entre Nîmes et Montpellier.

Ces disparitions qui ont pris une résonance particulière après les attentats qui ont frappé la France début janvier 2015, mettant en lumière le phénomène de radicalisation de jeunes citoyens français.

Les questions des habitants
« Le maire a été interpellé par les habitants : “Pourquoi n’est-il pas apparu dans ces articles ou les sujets télé ?”, “Pourquoi n’a-t-il pas défendu l’image de sa ville, alors que la parole a été donnée à des habitants qui, eux, n’ont de mandat ?”… Claude Arnaud a alors pris la décision de s’expliquer publiquement », relate Christine Bonelli, directrice de la communication de la ville de Lunel.

Toujours selon la ville, l’explication de ce silence serait à mettre à la charge des médias : « Le maire a bien été interviewé par des médias locaux et nationaux, mais comme ses explications ne correspondaient pas aux attentes des journalistes qui espéraient des informations sur ces jeunes et leur radicalisation, ces propos n’ont pas été publiés », poursuit Christine Bonelli.

« Inaudible »
« Lunel est une ville calme, qui cultive le bon vivre. Nous ne comprenons pas le parcours de ces jeunes, ne pouvons pas faire de lien entre la vie locale et le phénomène de radicalisation. Nous supposons que ces jeunes ont souffert d’une faille psychique dans laquelle leur recruteur s’est engouffré », précise la dircom. « Toute parole positive était inaudible », estime, au final, Claude Arnaud dans sa lettre.

Les journalistes locaux, principalement ceux du « Midi-Libre », font part d’une toute autre version. Dans un article en ligne en date du 16 février 2015, le Midi-Libre déclare que « la mairie de Lunel veut simplement réécrire l’histoire de sa non-communication ». Le titre fait aussi le lien entre la démarche de l’élu et la visite du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, à Lunel, le 7 février 2015.

Dans la conclusion de sa lettre aux habitants, Claude Arnaud relève : « Personne ne nie la réalité des problèmes que nous rencontrons. Ce sont d’abord et surtout ceux de la France », s’engageant à « défendre et préserver » le territoire du Pays de Lunel.

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