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Entretien - Démocratie participative 23/01/2015

« La pédagogie sur les politiques publiques est un enjeu démocratique central »

par Marion Esquerré
Emmanuel Grégoire, adjoint au maire de Paris, en charge des RH © JBG/MairiedeParis

Emmanuel Grégoire, adjoint au maire en charge des RH, des services publics et de la modernisation de l'administration, revient pour Le Courrier des maires sur la grande consultation sur les services publics municipaux lancée par la mairie de Paris le 21 janvier. L'opération s'inscrit dans la démarche globale de participation citoyenne, en complément du budget participatif mis en œuvre en début la mandature. Elle se déroule principalement sur internet au travers de cinq questionnaires, pendant trois semaines. La municipalité prévoit une restitution finale des résultats cet été.

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Les collectivités territoriales et la démocratie participative

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Courrierdesmaires.fr. Pourquoi ce projet autour des services publics ?

Emmanuel Grégoire. Il répond à deux objectifs : diversifier et augmenter l’offre de service public et faire en sorte que les services publics parisiens touchent tout le monde, ce qui implique de comprendre pourquoi ce n’est pas le cas aujourd’hui.

D’un côté, nous allons réfléchir à des élargissements et des modifications d’horaires d’ouverture, partant du constat que les rythmes de vie, les modes de consommation et les usages des services publics ont changé.

De l’autre, nous allons étudier la fréquentation des services publics et s’assurer ou faire en sorte qu’ils soient bien pratiques et accessibles à tous.

Dans ce domaine, nous avons deux objectifs : simplifier, numériser, développé les télé-services – cela correspond à une demande sociale forte – et améliorer l’accueil et la prise en charge des personnes « déconnectées », de par leur âge, leur situation socio-économique et socio-culturelle, pour faire en sorte qu’elles aient aussi un accès aux services publics.

 

Pourquoi passer par une opération de concertation ?

E. G. En fait, nous avons déjà un certain nombre d’éléments d’analyse quantitatifs et qualitatifs sur les publics qui accèdent aux services publics.

Mais cette consultation doit nous permettre de vérifier et d’approfondir quelques hypothèses, sur les quatre grands domaines en particulier que nous avons choisis :

  • l’accès à l’offre culturelle avec un codicille spécifique consacré aux pratiques artistiques amateur ;
  • le sport y compris dans l’espace public ;
  • l’accès aux aides sociales ;
  • et la relation entre la ville et les usagers, via les mairies d’arrondissement.

 

Nous avons déployé des questionnaires papier dans un certain nombre de lieux dont on sait qu’ils sont fréquentés par des usagers en non-recours”

 

Choisir internet pour réaliser cette consultation n’exclut-il pas justement de celle-ci les personnes qui aujourd’hui n’utilisent pas les services publics ?

E. G. Cet outil est effectivement restrictif. C’est pourquoi nous avons prévu deux volets complémentaires à cette consultation sur internet.

Il y a d’abord une étude qualitative – en cours – auprès d’un panel d’« usagers en non-recours ». C’est une analyse qualitative avec des groupes de travail.

Ensuite, nous avons déployé des questionnaires papier dans un certain nombre de lieux dont on sait qu’ils sont fréquentés par des usagers en non-recours : les guichets sociaux de la ville ou encore les PIMMS.

 

L’enquête et le traitement des données ont-ils été délégués à un organisme extérieur ?

E. G. Non. Nous nous faisons seulement accompagner pour l’enquête qualitative auprès des groupes de travail des personnes en non-recours, car nous avions besoin d’une méthodologie précise.

En revanche, pour toute la consultation – plateforme internet, traitement des données, etc – nous faisons tout en interne. Nous savons faire cela. La consultation est quelque chose qui désormais, s’inscrit dans mode de fonctionnement courant de la ville et de ce fait, il est indispensable que nous ayons la maîtrise d’ouvrage complète du processus de consultation.

 

Les expériences de démocratie participative montrent qu’il est important que les participants connaissent les raisons du refus de leurs propositions, pour ne pas créer de la déception. Comment procéder avec une consultation d’une telle ampleur et, qui plus est, numérique et anonyme ?

E. G. En ce qui concerne les « champs fermés » des questionnaires, c’est assez simple. Les résultats donneront lieu à un rapport statistique.

Sur les champs ouverts qui sont toujours les plus difficiles à traiter, nous ferons une compilation. Nous serons obligés d’avoir un bon esprit de synthèse mais nous avons plutôt confiance sur le fait que les gens ayant répondu aux questionnaires, y retrouveront leurs petits.

C’est important d’expliquer les raisons d’un refus, y compris pour faire comprendre aux Parisiens que c’est un dilemme auquel, en tant qu’élus, nous sommes confrontés en permanence. La pédagogie sur les politiques publiques est un enjeu démocratique central.

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  1. L’initiative est intéressante mais ne pourrait avoir de sens qu’au niveau de l’espace Grand Paris. Hélas, la fragmentation continue avec une multitude de « démocraties participatives ». On change la forme mais pas le « fond »… Ainsi le débat autour du projet de Tour Triangle ne peut être réduit à la seule municipalité parisienne : c’est absurde. Mais si cela peut susciter cette prise de conscience, alors pourquoi pas ?

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