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97e Congrès des maires 25/11/2014

La limitation du réchauffement climatique passera par les maires

par Martine Kis
Nicolas Hulot, envoyé spécial du chef de l'Etat © S. Gautier

Tri des déchets, économie circulaire... le 97e Congrès des maires s'est offert une ouverture des débats bien sage. Jusqu'à ce que Nicolas Hulot souligne la responsabilité des élus locaux dans la mobilisation pour limiter le réchauffement climatique.

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Les enjeux de la transition énergétique pour les collectivités locales

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Fidèle à son image, c’est un Nicolas Hulot vibrant de passion pour sauver la planète qui harangue les élus en clôture du premier débat, consacré à l’environnement et au climat, du Congrès des maires, le mardi 25 novembre.

Près d’un an avant la tenue de la Conférence Paris Climat 2015 (COP 21), en décembre 2015 à Paris-Le Bourget, l’envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète appelle les élus à repousser le scepticisme, à refuser le fatalisme et à se mobiliser. Le réchauffement climatique est une certitude martèle Nicolas Hulot.

La « seule cible »
Il s’agit dorénavant d’obtenir l’engagement de 195 Etats sur un accord limitant le réchauffement climatique à deux degrés d’ici la fin du siècle. « La seule cible encore à notre portée. Mais deux degrés sera une tragédie pour bon nombre d’habitants de la planète », avertit-il.

Dans cette mobilisation mondiale, les élus ont un rôle important à jouer. Ce sont eux qui peuvent identifier les solutions locales, faire que les initiatives, aujourd’hui exceptionnelles, deviennent la norme. Ce sont eux qui peuvent aider à la mobilisation des citoyens, sur laquelle reposera le succès de la conférence. « Chacun doit se manifester pour donner des ailes aux chefs d’Etat ! »

« Confiance »
Auparavant, le débat s’était concentré sur le tri des déchets et l’économie circulaire. Deux sujets pas vraiment éloignés de l’enjeu climatique. Naguère, les débats sur le tri étaient très techniques. Aujourd’hui, les collectivités savent comment organiser cette collecte. Elles ont encore, cependant, des progrès à faire concernant la mobilisation des citoyens. Et dans ce domaine, le maître mot est « confiance ».

Contrat de confiance avec Eco-Emballages, confiance des habitants dans les engagements de la collectivité, confiance dans la traçabilité des déchets… résument Roger Le Goff, maire de Fouesnant (29) et Gérard Miquel, maire de Saint-Circq-Lapopie (46).

Faire du déchet une ressource
Des déchets à l’économie circulaire, le pas est facile à franchir : « Il faut passer de l’approche déchet à l’approche ressource ; voir les déchets comme un gisement de richesse », explique Michel Bourgain, maire de l’Ile-Saint-Denis (93).

Ainsi, à Salazie (974), la bagasse, résidu de la canne à sucre, est-elle brûlée dans deux centrales thermiques alimentant en électricité 10% de la population. Puis ses cendres sont distribuées dans les exploitations de canne à sucre et épandues comme engrais, détaille le maire, Stéphane Fouassin.

En métropole, le Syded, syndicat département de traitement des déchets ménagers du Lot, intervient sur le champ du bois-énergie et des énergies renouvelables. Son président, Gérard Miquel, décrit comment le syndicat, pour développer les réseaux de chaleur bois, travaille à la récupération du bois qui autrement irait en incinération, tel celui produit par l’élagage des arbres de bords de routes. « Nous sommes en discussion avec les communes pour utiliser leur bois d’élagage », ajoute-t-il.

Réglementation
Le débat, jusque-là étonnamment calme pour l’ouverture du Congrès, s’anime à peine un peu lorsque Roger Le Goff dénonce « la chape de plomb de la réglementation qui limite les initiatives d’économie circulaire ». Il donne en exemple l’interdiction du mélange des déchets d’agriculture avec les déchets ménagers.

Seul objet réel de discorde : l’éolien, que plusieurs élus tentent de dénoncer depuis la salle. Nicolas Hulot, diplomatiquement, ne se prononce pas sur ce sujet, mais lance : « En énergie, on ne peut additionner les refus. On ne peut être contre tout. Cela me heurte de voir l’espace marin agressé par les éoliennes off shore. Mais le Giec dit que si l’on veut contenir le changement climatique à 2 degrés, il faut laisser 70% de nos énergies fossiles sous terre ». Et transformer les déchets en ressource.

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