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Dossier | 13/11/2014

Densification urbaine : les maires au pied de l’échelle du « Plui »

par Bertrand Verfaillie
Logement, construction © Gazette.fr

Acteurs de la densification urbaine organisée par la loi Alur, nombre de maires hésitent à changer d’échelle et à accepter les contraintes d’un plan local d'urbanisme intercommunal. Ingénierie et bonnes pratiques communautaires : ce qu’ils doivent savoir.

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« Elle nous emmerde ! »… On en entend de belles, sur la loi Alur(1), notamment sur son volet urbanisme, dans certaines campagnes.

Le long débat parlementaire précédant son adoption, en février 2014, avait déjà été l’occasion de déclarations belliqueuses. Mais le feu n’a pas vraiment cessé depuis son entrée en vigueur. Avec ce texte, soutenu à l’origine par Cécile Duflot, ce serait Paris qui « déciderait tout ». Et l’Etat mépriserait les élus locaux.

Amertume
« C’est un retour du jacobinisme », affirme Michel Forissier, maire de Meyzieu (31 000 habitants, Rhône). « Encore une fois, on veut faire notre bonheur à notre place », s’indigne Bruno Bethenod, maire d’Arceau (750 habitants, Côte-d’Or).

Derrière ces saillies, perce une amertume profonde. La loi sur l’accès au logement et pour un urbanisme rénové semble bien « payer pour d’autres » : pour une réforme territoriale peu lisible, pour des mariages intercommunaux forcés, pour les procès en dilapidation de fonds publics instruits contre les autorités locales… Un texte arrivé au mauvais endroit et au mauvais moment, en somme.

Le spectre du garde champêtre
« Quand on questionne les opposants au principe de l’urbanisme intercommunal, note un observateur du dossier, ils ne s’expriment pas sur la pertinence du territoire mais sur l’atteinte au pouvoir des maires. » Et notamment au pouvoir de construire, « marqueur symbolique ». Ici encore, les mots sont forts : on parle de dispositions « ruralicides », de « décapitation » des exécutifs locaux ou encore d’élus du suffrage universel réduits au rôle d’exécutants.

Le risque est que nous devenions de simples gardes champêtres », s’alarme Pierre Gentes, maire de Laussonne (1 000 habitants, Haute-Loire) et président départemental de l’Association des maires ruraux de France (AMRF).

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