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Marketing territorial 30/10/2014

La Route du Rhum est-elle rentable pour la Guadeloupe et Saint-Malo ?

par David Picot
Route du rhum 2014, port de Saint-Malo © Flickr-CC-bobostudio

Départ de Saint-Malo, ce dimanche 2 novembre. Arrivée à Pointe-à-Pitre environ 9 jours plus tard pour les premiers. Course océanique mythique, la Route du Rhum constitue un enjeu économique majeur pour les collectivités territoriales impliquées. C’est le cas de la ville de Saint-Malo et de la région Guadeloupe qui espèrent des retombées à la mesure de leurs investissements, plus ou moins conséquents…

Terre d’arrivée de la Route du Rhum depuis la première édition en 1978, la Guadeloupe a signé cette année, un chèque supplémentaire de 1,5 million d’euros pour ne pas rester à quai ! La collectivité est devenue le partenaire principal de l’épreuve, statut laissé vacant par la Banque Postale.

Cet engagement a surpris les observateurs qui attendaient un sponsor privé. Dans la morosité ambiante, il n’est jamais venu, si bien que les élus guadeloupéens n’ont guère eu le choix… « Le fait que la Martinique se montre intéressée a motivé l’augmentation de notre engagement et a permis de le sécuriser », admet Alix Nabajoth, président de la commission des sports de la région Guadeloupe. Celle-ci ne voulait en aucun cas voir la course mettre les voiles vers un autre territoire d’outre-mer, ce que les statuts très particuliers de cette course permettent (voir plus bas).

Des médias et des visiteurs en masse
Résultat, sur cette dixième édition, la région investit 5,7 millions d‘euros, plus du double par rapport à la précédente. L’opération est-elle rentable ? En 2010, la valorisation de l’épreuve dans les médias a correspondu à un investissement en publicité estimé à 16 millions d’euros (Insee), soit autant « d’économisé » par la région Guadeloupe sur son budget communication.

« Il est clair que cette course constitue une opportunité de booster le tourisme et l’économie locale, à travers également le développement d’une filière nautique », poursuit le conseiller régional. Au-delà des projections, « nous espérons aussi doubler nos retombées en matière notamment de nuitées d’hôtel durant l’événement. Mais aussi dans les mois qui suivront ». Histoire de prolonger l’effet d’un « Rhum » qui a attiré à lui seul 12 000 personnes supplémentaires lors de l’arrivée de la précédente édition, en 2010.

De l’autre côté de l’Atlantique, Claire Guinemer, adjointe au maire de Saint-Malo en charge des sports, raisonne aussi en termes « d’image, d’attractivité et de tourisme ».

Pour la cité bretonne, la Route du Rhum, c’est « une vitrine extraordinaire grâce à une couverture médiatique très importante (14 000 heures en 2010, en France comme à l’international) et la venue de 2 millions de personnes » les 10 jours qui précèdent le départ.

Mais ici, l’investissement est 4 fois moins élevé qu’en Guadeloupe : « 1,4 million d’euros, soit 350 000 euros par an si nous lissons sur 4 ans », la durée qui sépare deux éditions.

 

Un modèle d’organisation spécifique
La Route du Rhum appartient à une société privée, Pen Duick, filiale du groupe le Télégramme. Celle-ci en détient les droits. Dans l’absolu, elle peut donc bouleverser le tracé de la course et par exemple changer les villes de départ et d’arrivée. Ce type d’organisation est différent des deux autres grandes courses au large : le Vendée Globe et la Transat Jacques Vabre. Le premier est la propriété d’une SAEM qui rassemble le conseil général de la Vendée, la ville des Sables-d’Olonne et des entreprises privées. La seconde est détenue par une association qui regroupe la ville du Havre et Mondelez International, propriétaire de la marque Jacques Vabre. Ce qui signifie que dans ces deux derniers cas, les collectivités ont (encore) la main sur leur épreuve.

Références

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