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25/07/2011

Priorité à la fibre optique

par La rédaction

Cet article fait partie du dossier:

Fibre optique, e-services, éducation, patrimoine... les chantiers numériques des collectivités

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Chaque jour, plus d’images, de nouveaux services… La croissance des échanges sur internet pousse aux limites les capacités du réseau à haut débit actuel. Le plan national du très haut débit lancé en janvier 2010 marque donc le coup d’envoi du déploiement  d’une nouvelle infrastructure qui remplacera à terme le fil de cuivre de l’ADSL par le câble en fibre optique jusqu’au domicile.

A l’échelle d’une municipalité, la meilleure manière de s’y préparer est d’installer les fourreaux qui recevront les futurs câbles. «Nous les louerons aux opérateurs auxquels nous éviterons des frais de génie civil», affirme ainsi Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy. Hormis cette action, le «destin» internet de la commune, dépendra de sa situation géographique.

Urbain et périurbain  

En zone urbaine dites «très dense», le marché a la primeur. Les opérateurs privés installeront leurs propres infrastructures. L’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) liste vingt agglomérations, soit 5,5 millions d’habitants concernés par ce cas de figure.

En revanche, l’investissement privé n’étant pas prioritaire dans les territoires des zones périurbaines dites «denses» les opérateurs sont incités à y mutualiser leurs moyens. Une enveloppe de 1 milliard d’euros du grand emprunt soutiendra les projets dans ce sens. Orange, Free et SFR en testeront, d’ici la fin 2010, les modalités techniques en Ile-de-France, à Meaux, à Bondy et à Palaiseau.

L’arrivée du «très haut débit» dans les communes rurales dépendra, lui, d’un fort apport d’argent public. La Datar, dans un rapport du 10 février 2010, estime que 30 milliards d’euros seront nécessaires pour desservir en fibre l’intégralité des bâtiments en France, dont 15 milliards de fonds publics. L’initiative viendra alors des collectivités locales, à l’échelon minimum d’une intercommunalité, et s’organisera autour de structures mixtes nouvelles ou déjà présentes pour le haut débit.

Ruraux échaudés

Des territoires ruraux, échaudés par les zones blanches du haut débit, craignent d’être délaissés à court ou moyen terme. Ainsi, en Auvergne, la région veut lancer un partenariat public privé pour doter en très haut débit les sites administratifs et les zones économiques et pour augmenter le débit des liaisons actuelles en ADSL.

«La montée en débit est une réponse d’attente dans les zones mal desservies, au même titre que le satellite, le très haut débit mobile ou le wifi et le Wimax, convient Sébastien Soriano, rapporteur général adjoint de l’Autorité de la concurrence. Mais financer avec de l’argent public la modernisation du réseau cuivre de France Télécom risque de freiner à long terme l’arrivée de la fibre optique.»

Bruno Janet, directeur des relations avec les collectivités locales de France Télécom-Orange, argumente: «La fibre optique est à l’Internet ce que le TGV est au chemin de fer. En attendant l’arrivée du TGV on peut passer de la Micheline au Téoz.» Le très haut débit des villes ne sera peut-être pas le très haut débit des champs.

 

Ardèche-Drôme
Accélérer l’arrivée de la fibre par les airs

Deux hélicoptères se stabilisent au-dessus des lignes électriques moyennes tension, tandis qu’au sol des techniciens en gilet fluo surveillent le déroulement d’une bobine de câble optique. Une scène presque banale dans les vallées de l’Ardèche et de la Drôme.

L’arrivée de la fibre optique «aérienne» fait non seulement reculer le risque de paupérisation d’un territoire rural montagneux, qui souffre encore d’être en zone blanche du haut débit, mais aussi divise par deux la dépense par rapport aux frais de génie civil pour un enfouissement sur ce type de terrain.
«C’est le premier maillon d’un vaste plan de déploiement de la fibre optique jusqu’à l’usager, se félicite Hervé Rasclard, président du syndicat mixte Ardèche Drôme Numérique (ADN, tél.: 0810.260.726). Nous avons décidé de créer pour nos départements un service public du haut et du très haut débit.»

Le chantier «aérien» représente, avec 250 km de câbles déployés, le plus important en France, en 2010, mené par ETDE, délégataire d’ADN aux côtés d’Axione et d’Eiffage.
En zone urbaine, de nouveaux procédés accélèrent l’enfouissement des câbles, en ouvrant les rues sur 10 cm de large et 40 cm de profondeur avec un remblayage dans la foulée. Lancé en 2008, le déploiement de 2 018 km de fibre optique sur les deux départements s’achèvera à l’automne 2010 pour un budget total de 95,5 millions d’euros. La deuxième phase concerne les habitations. Elle prévoit un budget minimum de 500 millions d’euros.

Drancy (93)
A chaque chantier son fourreau 

«Un tiers de la ville n’est connecté qu’à un débit maximum de 512 kb/s. Nous sommes mal desservis en ADSL par France Télécom. Leur centre d’appel oriente les habitants vers la mairie pour que nous financions la montée en débit du réseau en cuivre !» s’emporte Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy.

La ville cumule les déboires en matière de réseaux de communication. Elle a fait partie de cette fameuse «3e plaque» du plan câble, sur laquelle les travaux du câblo-opérateur Noos n’ont jamais démarré en raison de coûts de génie civil trop élevés.
Pour ne pas être de nouveau les délaissés des plans d’investissement des opérateurs privés, le maire a décidé de favoriser l’arrivée de la fibre optique sur sa commune. Ainsi, les architectes sont-ils sensibilisés à la nécessité d’inclure, dans chaque chantier de génie civil, l’installation de fourreaux par lesquels passeront les câbles des futurs réseaux très haut débit.

Pour ses besoins propres, la commune a aussi relié en fibre optique tous les bâtiments municipaux et les écoles. «Cela constitue déjà une colonne vertébrale qui facilitera la connexion des opérateurs et profitera aux zones pavillonnaires à plus faible densité de population, plus chères à équiper», explique le maire.
Les quartiers d’immeubles collectifs de Drancy bénéficient d’un plan d’installation de prises très haut débit par Opalys-Télécom, concessionnaire pour le compte du Sipperec. Déjà, 907 logements sont équipés.

Un article de Sophie Maréchal publié dans « le Courrier des maires et des élus locaux »,  juin 2010

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