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Gestion 03/07/2014

Energie : facture en hausse, consommation en baisse

par Martine Kis

La facture d'énergie des collectivités a fortement augmenté entre 2005 et 2012, selon une enquête de l'Ademe. Une facture qui aurait pu être encore bien plus lourde si, dans le même laps de temps, les collectivités n'avaient toutes réduit leur consommation.

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Maîtrise de l’énergie et énergie renouvelable : le défi de la transition énergétique

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Bonne nouvelle : la consommation d’énergie des communes a diminué d’environ 9% entre 2005 et 2012, passant de 524 kWh par habitant en 2005 à 475 kWh/hab. en 2012.

Mauvaise nouvelle : la facture a augmenté de 35,5%. Concrètement, les dépenses sont passées de 36 euros/habitants en 2005 à près de 49 euros/habitants en 2012, dévoile l’enquête 2012 Énergie et patrimoine communal de l’Ademe(1).

Comment expliquer ce paradoxe ?
La baisse est due à un climat plus clément en 2012 par rapport à 2011. Mais aussi aux investissements des collectivités : rénovation de l’éclairage public, meilleur suivi des consommations, isolation des bâtiments publics. Les progrès dans la gestion de l’éclairage public font ainsi passer la consommation de 94 kWh/hab. à 85 kWh/hab. : baisse du nombre des lampadaires et de la puissance, réduction du nombre d’heures d’éclairage, ampoules économes…

Comment expliquer alors la hausse spectaculaire de la facture ? Par l’augmentation du prix de l’énergie. Entre 2005 et 2012, le gaz naturel a augmenté en moyenne de 60% à 85% ; le fioul domestique de 65%, l’électricité dédiée à l’éclairage public de 40%. Si bien que, malgré tous les efforts des collectivités, la dépense d’énergie représentait 10% en moyenne du budget de fonctionnement des communes, hors masse salariale.

L’enquête entre dans le détail des consommations. Ainsi, elle montre que dans les petites communes cette part est plus importante que dans les grandes villes. L’enquête montre également que la consommation des groupements de communes représente près de 20% des consommations des communes.

Grandes villes économes
Par habitant, les différences de consommation sont importantes selon la taille des communes : les habitants des villes petites et moyennes consomment plus que ceux des grandes villes, mais aussi des plus petites villes (moins de 2 000 habitants). Les plus économes étant ceux des villes de plus de 50 000 habitants.

L’électricité et le gaz naturel représentent 80% des quantités d’énergie consommées dans les communes de métropoles. En termes de dépense, l’électricité (éclairage public compris), représente plus de la moitié de la dépense d’énergie des communes (55%). Les bâtiments représentent 76% de la consommation d’énergie, les écoles étant les plus consommatrices (30% de la consommation des bâtiments). Dans les groupements de communes, ce sont les équipements sportifs, et au premier chef les piscines, qui occupent le premier rang. Naturellement, les compétences respectives des communes et intercos expliquent cette répartition.

En métropole, l’éclairage public constitue le deuxième grand poste du bilan énergétique des collectivités (18% de la consommation d’énergie des communes de métropole, mais 58% dans les DOM !), et le premier pour la consommation d’électricité : 42%.

L’enquête s’est également penchée sur la consommation de carburant. Celle-ci constitue 6% de la consommation énergétique des communes. Malgré les progrès des véhicules propres, le gazole pèse pour 70% de la consommation.

Les actions de maîtrise de l’énergie
Dans près de 4 communes sur 10, un élu est en charge de l’énergie que ce soit avec une délégation explicite ou non. Cependant, dans 60% des cas, aucun élu n’est impliqué sur cette thématique. 16% des groupements ont un élu en charge de l’énergie (64% dans les communautés d’agglomération ou urbaines).

Les actions menées ont privilégié l’isolation des ouvrants, l’amélioration de l’éclairage public et la rénovation des chaufferies. Mais, constate l’enquête, ces actions ne concernent pas l’ensemble du patrimoine. Et plus de la moitié des communes de moins de 2 000 habitants reconnaît avoir fait peu d’intervention depuis 2005.

Les communes planifient leurs interventions à 2 ou 3 ans, en particulier dans les domaines de l’éclairage public et des bâtiments, et dans l’isolation des ouvrants et parois opaques de bâtiments. Elles prévoient aussi d’optimiser les tarifs, de se doter de tableaux du bord de suivi et de sensibiliser les usagers.

Energies renouvelables
17% des communes de métropole utilisent, à des degrés divers, des énergies renouvelables (EnR) pour leur patrimoine bâti. Cette utilisation est plus répandue dans les groupements de communes (29% et même près de 50% dans les communautés d’agglomération ou urbaines) et dans les communes des DOM (28%).

Plus la commune est importante, plus elle utilise, ou prévoit d’utiliser, des énergies renouvelables. Ainsi, les villes de plus de 10 000 habitants sont 14% à disposer d’un bâtiment chauffé au bois, 32% ont un bâtiment équipé de solaire thermique et 31% de capteurs photovoltaïques. Les autres sources d’énergie (éolien, méthanisation, cogénération) sont marginales (moins de 1%).

Note 01:

L’enquête a été menée dans des communes de plus de 500 habitants, hormis Paris, Lyon, Marseille et les communes bénéficiant d’un conseil en énergie partagé, ainsi que dans des EPCI. Elle a porté sur le patrimoine bâti, l’éclairage public et les carburants des véhicules, ainsi que les stations d’eau potable et d’eaux usées et les usines de traitement de déchets lorsque la collectivité en a la charge directe - Retourner au texte

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  1. Je suis bien d’accord que plus chère sera l’énergie, plus faible sera la consommation. La réduction des DGF incitera fortement les collectivités à réduire leur facture énergétique. Malheureusement, les prix augmenteront pour rattraper le manque à gagner des pétroliers… Comme on sait que les Français ont, eux-aussi, de moins en moins d’argent ce qui va aussi les pousser à réduire leur consommation, la transition énergétique risque de coûter très cher…

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