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Fusions des régions 18/06/2014

Huit super-régions pour doper la productivité : la carte idéale selon Jean-Christophe Fromantin

par Aurélien Hélias
Jean-Christophe Fromantin © Flickr/MonTours

Député-maire (UDI) de Neuilly-sur-Seine, Jean-Christophe Fromantin conteste le projet de redécoupage régional du gouvernement, source selon lui de « dissymétrie dans le développement du territoire français ». Et propose à la place « huit pôles territoriaux » assis chacun sur une métropole, une population et une capacité d’épargne atteignant une taille critique. Et la proximité d’un grand port maritime capable de soutenir la constitution d’un « hinterland » industriel puissant.

Une réforme « mort-née », dont les auteurs sont tombés « dans le piège du nombre des régions », une France « que l’on tord dans un schéma qui ne correspond à rien »…

A l’évocation le 17 juin de la réorganisation territoriale proposée par le gouvernement, le député-maire (UDI) de Neuilly-sur-Seine Jean-Christophe Fromantin n’est pas tendre. Pour l’élu, l’exécutif est passé à côté du critère principal qui aurait dû s’imposer : le potentiel de développement économique et industriel.

« Les régions, les territoires, ne se sont jamais construits autrement que par l’approche économique », assène-t-il pour mieux condamner le redécoupage trop administratif à son goût proposé par le gouvernement.

La région Poitou-Charentes-Limousin-Centre ? « On met trois régions dans l’incapacité de se développer », déplore Jean-Christophe Fromantin. La région Corse inchangée ? « L’huile d’olive corse ne peut se connecter au monde que par le port de Fos », poursuit-il. La réunion des deux Normandie ? Elle ne représenterait « que 100 milliards de PIB, d’où une région moyenne », ajoute Philippe Giry-Deloison, co-auteur de l’étude « Ouvrons la France par ses territoires » présentée ce même jour par le député-maire comme la seule contre-réforme valable.

Population et épargne : la taille critique
Car l’élu, S’appuyant sur un groupe d’experts économiques, ne rejette pas l’idée d’un redécoupage régional, bien au contraire, mais veut le faire reposer sur un triptyque taille critique - présence d’une métropole régionale – connexion à un port. Trois conditions que rempliraient seulement deux des 14 nouvelles régions pensée par l’Elysée : l’Ile-de-France et Auvergne Rhône-Alpes. Résultat : la carte idéale selon l’élu neuilléen affiche huit pôles territoriaux en tout.

Les huit pôles territoriaux nécessaires selon Jean-Christophe Fromantin

 

Pour chacune, une métropole clairement identifiée et un territoire suffisamment puissant en arrière-plan pour appuyer son développement : « Notre métropolisation n’a de chances que si cela s’appuie sur des territoires », argumente-t-il.

La notion de taille critique étant entendue à la fois dans le sens d’une population minimale – « 6 à 8 millions de personne » mais aussi de la capacité de cette population régionale à générer de l’épargne pour financer l’économie locale et « territorialiser la politique de l’investissement vers les infrastructures et les entreprises ».

« Les gens investissent sur ce qui est prêt de chez eux », poursuit le député qui prend pour exemple les emprunts obligataires lancés par diverses régions – Pays de la Loire, Auvergne – « aujourd’hui limités à 100 millions d’euros » et qui pourraient demain, dans des pôles bien plus larges, bénéficier « d’un effet de levier formidable » selon son redécoupage.

Autre critère important dans ce ciselage : le raccordement à un port d’envergure, seule à même de créer des hinterlands puissants économiquement. Raison pour laquelle la Normandie serait associé à l’Ile-de-France, Midi-Pyrénées à l’Aquitaine « avec une nécessaire conurbation », « un axe de transport très rapide » à construire entre Bordeaux et Toulouse.

« Les containers vont plus vite de Rotterdam à Hong-Kong que de Marseille à Dijon », insiste-t-il. Resterait à construire le corridor vers la mer de la région « Clermont-Ferrand Centre-France »…

Préserver les identités… paroissiales
Quant à la difficulté d’associer des populations qui ne se reconnaissent pas dans une même identité locale – la Corse avec Marseille et Nice, les Normands avec les Parisiens, les Bordelais associés aux Toulousains et habitants des départements pyrénéens, etc. –, Jean-Christophe Fromantin assure vouloir « respecter le sentiment d’appartenance ». Mais une appartenance qu’il n’envisage pas du tout au niveau régional mais à celui des « 300 unités de vie, des villes moyennes, un temps appelés les pays ».

Car selon lui, l’acteur local à même « d’équilibrer le maillage de développement [régional] par un maillage de proximité » est celui des anciennes « paroisses ». Un niveau d’administration auquel les Français seraient bien plus attachés qu’à la région, et même qu’au département, dont la suppression est peut-être le seul point de la réforme territoriale du gouvernement que le maire de Neuilly ne voit pas d’un mauvais œil.

 

Nicolas Dupont-Aignan préconise une France à 70 départements
Le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, a lui aussi critiqué le 17 juin la réforme territoriale du gouvernement, « dangereuse » pour le pays. Mais préconise pour sa part  une suppression des conseils régionaux et une France à 70 départements. « Cette réforme est dangereuse pour le pays, pour la démocratie et pour son unité nationale », a-t-il déclaré à l’occasion d’une conférence de presse à l’Assemblée. Elle « va créer un vide démocratique saisissant », a-t-il pronostiqué car « c’est la fin de la représentation des territoires ruraux ». Pour Debout la République, 70 départements d’un million d’habitants permettraient d’atteindre « la bonne échelle pour représenter les territoires et faire de la péréquation ».

Références

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