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Réforme territoriale 18/04/2014

La refonte de la carte des régions met leurs présidents en ébullition

par Martine Kis
carte-france_couchee_une © Florian Villesèche - Fotolia.com

Depuis l’annonce par Manuel Valls de la réduction de moitié du nombre de régions, les scénarios et les réactions se multiplient. Les positions des présidents de région vont de la franche hostilité à un engagement affirmé dans la réforme.

La Bretagne s’est emparée de la question par la base, avec une manifestation organisée par 44=Breizh et le collectif Bretagne Réunie, présidé par Jean-François Le Bihan. Les milliers de manifestants attendus le 19 avril réclameront l’arrivée de la Loire-Atlantique dans le giron de la Bretagne et refusera la fusion Bretagne-Pays de la Loire, qui signifierait « la disparition de la Bretagne », selon le collectif. Pierrick Massiot, président (PS) de la région, s’affirme également favorable à l’intégration de la Loire-Atlantique.

 

Pas de « vente à la découpe » !
Cette position n’est pas celle de Jacques Auxiette, président (PS) des Pays de la Loire (1).  Face à ceux qui envisagent le démantèlement de sa région, il dénonce « une vente à la découpe » et proposait déjà, le 24 janvier, une union… avec la Bretagne.

 

Dire qu’il faut fusionner les régions françaises pour qu’elles aient une taille européenne est une imposture. »

Jacques Auxiette, Pays de la Loire

 

Dans une tribune parue dans « Ouest-France », Jacques Auxiette rappelle que les régions françaises sont grandes, au 2e rang européen, « derrière les régions espagnoles et devant les Länder allemands », et au 4e rang pour la population.

© Manuel-Flick

« Dire qu’il faut fusionner les régions françaises pour qu’elles aient une taille européenne est une imposture. Même répété 100 fois, y compris au plus proche du sommet de l’Etat, un mensonge ne fait pas une vérité », écrit Jacques Auxiette (photo).  Si, « malgré tout », il fallait faire évoluer les limites administratives, « la seule solution cohérente et démocratiquement acceptable, celle qui va dans le sens de l’ouverture au monde et de l’histoire, sera la création d’une grande région ouest, fusion de la Bretagne et des Pays de la Loire. »

Ne pas devenir une banlieue de Paris
La coexistence de la Haute et de la Basse-Normandie est souvent citée comme une incongruité. Celle-ci pourrait cesser, avec la fusion de ces deux régions avec la Picardie, comme le propose Nicolas Mayer-Rossignol, président (PS) de la Haute-Normandie. « Si l’Etat s’engage sur nos projets structurants, une grande écorégion autour de la vallée de la Seine, d’Avranches jusqu’à la baie de Somme, avec pour capitale la métropole rouennaise, a du sens. J’y suis prêt. Je la propose », écrit-il, le 14 avril, dans « Paris-Normandie ». Il prend ainsi les devants face à un risque d’annexion par l’Ile-de-France, qui transformerait les villes de Seine-Maritime en banlieues de Paris.

Claude Gewerc, président (PS) de la Picardie, menacée d’éclatement, se déclare favorable à ce projet qui préserverait l’unité de sa région. « Il n’est pas question que la Picardie disparaisse », proclamait-il déjà, au lendemain de la conférence de presse de François Hollande, le 14 janvier, qui évoquait la réduction du nombre de régions.

Pétition, vidéo, débat sur internet… la région se mobilise pour son avenir. Le président, qui s’affirme « très favorable à la coopération interrégionale », demande de commencer par attribuer de nouvelles compétences aux régions, et « ensuite seulement, de vérifier si elles ont la bonne taille ou sont dans le bon espace ».

D’autres scénarios fondent la Picardie dans un grand ensemble avec le Nord-Pas-de-Calais, en totalité ou en partie.

Auvergne + Rhône-Alpes : un « casus belli »
Autre fusion qui suscite une opposition résolue des présidents concernés : Auvergne et Rhône-Alpes. Un « casus belli », selon René Souchon, président de l’Auvergne, cependant favorable à la création d’une grande région Massif central, regroupant le Limousin et le Puy-de-Dôme, le Cantal, la Corrèze et la Creuse.

De son côté, Jean-Jack Queyranne (PS), président du Rhône-Alpes, ne veut pas en entendre parler. Sa région est déjà « à la bonne taille », juge-t-il.

Même vision des choses pour Michel Vauzelle (PS), président de Provence-Alpes-Côte d’Azur, qu’il trouve »bien comme elle est ». Il pense pourtant qu’ »il faut réduire le nombre de régions ».

© Flickr-CC-PS
Poitou-Charente et Aquitaine pourraient fusionner. Mais il faut, au préalable « consulter les élus », annonce Ségolène Royal (PS, photo), ministre de l’Ecologie, qui devrait quitter bientôt la présidence de Poitou-Charente. La configuration de l’union n’est à ce stade pas encore stabilisée.

 

Aquitaine, ou Pays-de-la-Loire, ou Limousin, ou région Centre, nous verrons quelles sont les meilleures dynamiques. »

Ségolène Royal, Poitou-Charente

 

Vers un mariage Bourgogne-Franche-Comté
Pour la Bourgogne et la Franche-Comté, les fiançailles sont annoncées. Alors que les deux régions coopéraient dans un certain nombre de domaines, l’annonce du président de la République incite les deux présidents, François Patriat (PS) et Marie-Guite Dufay (PS), à envisager une fusion. Et la conférence de presse prévue le 14 avril prend une importance médiatique inattendue, puisqu’elle fait suite aux annonces du discours de politique générale du Premier ministre, le 8 avril.

Pour les deux régions, le train de la fusion est lancé. Ce qui ne signifie pas, insiste Marie-Guite Dufay, une disparition des deux entités et de leur l’identité culturelle et historique. Il s’agit, selon elle, « d’anticiper les risques d’un dépeçage ».

Lorraine et Alsace : l’un dit oui, l’autre non - Jean-Pierre Masseret (PS), qui dit « oui à une nouvelle donne territoriale », n’est pas opposé à une fusion de sa région, la Lorraine, avec l’Alsace. Mais, auparavant, « faisons la démonstration d’une collaboration», demande-t-il. Une union qui risque de poser des problèmes : l’autre partenaire, Philippe Richert, président (UMP) de la région Alsace, trouvant les annonces de Manuel Valls « complètement déphasées avec la réalité sur le terrain ».

 

Une décision de cette importance ne peut en aucun cas se faire sans consulter les populations. »
François Sauvadet, Côte-d’Or

François Sauvadet député (UDI) de Côte-d'Or, © Flickr-Medef

Le président (UDI) du conseil général de Côte-d’Or, François Sauvadet (photo), réclame un référendum. « Je demande l’organisation d’un référendum sur la question du rapprochement de la Bourgogne et de la Franche-Comté et pour tous les autres rapprochements de régions envisagés », dit-il dans un communiqué du 15 avril. « Une décision de cette importance ne peut en aucun cas se faire sans consulter les populations elles-mêmes. »

 

 LA CARTE SECRETE DE MANUEL VALLS - Selon Challenge.fr , Manuel Valls disposerait déjà d’un projet de redécoupage des régions. La France métropolitaine ne compterait plus que 12 régions.

Resteraient intactes : Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse.

Seraient fusionnées : Bourgogne et Franche-Comté, Picardie et Nord-Pas-de-Calais, Basse Normandie et Haute Normandie, Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, Auvergne et Rhône-Alpes. Alsace, Lorraine et Champagne-Ardennes constitueraient une entité, ainsi que Poitou-Charentes, l’Aquitaine et le Limousin. Les Pays de la Loire seraient répartis entre une nouvelle région « Vallée de la Loire », la Bretagne et l’Aquitaine-Poitou-Limousin. La Vallée de la Loire, elle, récupérerait la région Centre, le Maine-et-Loire, la Sarthe et la Mayenne.

Note 01:

le conseil régional des Pays de la Loire organise le 13 mai une session extraordinaire pour en débattre, "ouverte à des représentants de la société civile du territoire" - Retourner au texte

Références

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