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Environnement 17/03/2014

A Strasbourg, la qualité de l’air est une politique de longue haleine

par Nathalie Da Cruz
Strasbourg 2 rives © Strasbourg

Comme nombre d'autres villes françaises, Strasbourg n'a pas échappé aux récentes alertes à la pollution aux particules fines. Pourtant, grâce à une politique conjuguant actions sur le transport, l'énergie, l'urbanisme, etc., lancée il y a une vingtaine d'années, on y respire plutôt mieux qu'ailleurs.

Cet article fait partie du dossier:

Les enjeux de la transition énergétique pour les collectivités locales

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Strasbourg et ses environs n’ont pas échappé aux récentes alertes à la pollution atmosphérique. Le 13 mars 2014, le seuil d’alerte de 80 μg/m3 de concentration en particules sur 24 heures a été dépassé en Alsace, avec un maximum de 97µg/m3 sur 24 heures. Pourtant, l’air y est plus respirable qu’il y a cinq ou six ans. Les plans de protection de l’atmosphère (PPA)(1) successifs adoptés par la ville et par la communauté urbaine, depuis 2008, ont porté leurs fruits, les chiffres l’attestent.

Entre 2008 et 2012, le nombre d’habitants concernés par les émanations de particules fines est passé de 60 000 à 15 000. Quant au dioxyde d’azote (NO2), il concerne désormais 60 000 personnes, contre 100 000 il y a six ans.

 

La voiture reste au garage plus souvent
Pour en arriver là, Strasbourg a commencé par agir sur le volet des modes de déplacement alternatifs à la voiture. La ville est pionnière en la matière. Première agglomération cyclable de France, la CU de Strasbourg (CUS) a présenté en février 2014 un projet d’ «autoroutes à vélo», sur lesquelles les cyclistes pourront pédaler jusqu’à 20 km/h.
Ces infrastructures  s’ajouteront aux 570 kilomètres de pistes et bandes cyclables, aux nombreux arceaux de stationnement et aux stations de vélos en libre-service.
La CUS porte aussi un projet de « magistrale piétonne », un grand axe destiné à la marche à pied en centre-ville, dont les travaux ont commencé cette année.

Conséquence de ces aménagements incitant au report vers les modes doux : aujourd’hui, moins de la moitié des déplacements se font en voiture.

 

Aménagement, urbanisme et énergies renouvelables
L’aménagement et l’urbanisme sont aussi pensés pour améliorer la qualité de l’air.

© E. Laemmel/CUS
Une des priorités du PLU intercommunal en cours d’élaboration est la densification des quartiers, en passant par leur requalification. Ainsi, nous avons un grand projet urbain à l’est de la ville, sur d’anciens sites industriels. Il s’agir de limiter l’étalement urbain pour réduire les déplacements et les émissions de gaz à effet de serre. »

Françoise Buffet, maire-adjointe de Strasbourg en charge du développement durable

 

Par ailleurs, le patrimoine bâti de la collectivité est rénové de façon à limiter les consommations et les déperditions d’énergie. Résultat : la facture d’énergie a baissé de 10 % depuis 2008. Un travail conforté par l’adoption par la CUS de son plan climat énergie territorial (PCET) en 2010. Ce texte détermine la stratégie énergétique locale et met l’accent sur les énergies renouvelables et le développement de réseaux de chaleur à partir de chaudières à bois.

« Conjuguer une volonté politique sur la durée avec l’adhésion des habitants »

PAR FRANCOISE BUFFET, maire-adjointe de Strasbourg en charge du Développement durable

« Depuis 2008, la ville et la CUS travaillent main dans la main pour améliorer la qualité de l’air. Mais à Strasbourg, la politique va dans ce sens depuis une vingtaine d’années. Strasbourg a été une des premières villes à réintroduire le tramway et dispose aujourd’hui du premier réseau de France.

Ces efforts se révèlent payants : la fréquentation des transports en commun a triplé entre 1997 et 2012. Les actions de communication, autour du réseau cyclable, de la « magistrale piétonne » et des transports en commun sont importantes. Il est essentiel d’obtenir l’adhésion des habitants pour qu’ils changent leurs comportements. Mais cela nécessite d’investir dans des infrastructures incitatives : lignes de transport, pistes cyclables, circuits piétonniers…

Nous développons aussi les circuits courts et le recours aux produits locaux (bois, produits alimentaires…). Depuis 2009, toutes les cantines scolaires s’approvisionnent auprès de producteurs de proximité.

L’opération « Zéro pesticides » a aussi amélioré la qualité de l’air et favorisé la biodiversité : papillons, abeilles, guêpes et autres insectes sont de retour en ville.

Inciter les professionnels et particulier à jouer le jeu – Mais la collectivité ne peut à elle seule limiter toutes les émissions polluantes. Les particuliers et les professionnels ont un rôle à jouer. C’est pourquoi nous agissons auprès des partenaires économiques, tel que le port autonome de Strasbourg, deuxième port fluvial de France. Tous les nouveaux entrepreneurs qui s’y installent doivent fournir une garantie de non-aggravation de la pollution de l’air. La CUS incite les entreprises à développer des Plans de déplacement entreprise (PDE) et incite au report du transport routier des marchandises vers le mode fluvial ».

 

TRANSPORTS : UNE POLITIQUE TARIFAIRE ORIGINALE
De 2 à 40 euros par mois, suivant leurs revenus : c’est le montant acquitté par les abonnés au réseau de la CTS (Compagnie des transports strasbourgeois). Plus précisément, c’est le quotient familial qui détermine une grille de tarifs originale. Un étudiant sans revenus paiera 2,60 euros par mois pour un usage illimité du réseau. Mise en place depuis 2011, cette tarification – qui implique la disparition de la gratuité, dont bénéficiaient certains usagers – a fait grimper le nombre d’abonnements.

Autre originalité : le tarif des trajets est revu fortement à la baisse les jours où la pollution de l’air est importante. Lorsque l’agence de surveillance de la pollution de l’air (ASPA) note que le seuil de 240 microgrammes d’ozone par mètre cube d’air va être dépassé – ce qui arrive en moyenne deux ou trois jours par an -, la CTS vend des « titres Ozone » : il s’agit de forfaits journaliers à 1,60 euro permettant de prendre les transports en commun autant de fois que souhaité.

 

 

Note 01:

Les PPA sont régis par le Code de l’environnement (articles L222-4 à L222-7 et R222-13 à R222-36). - Retourner au texte

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  1. Bonjour
    je serais curieux de voir d’où sortent les chiffres annonçant une baisse de la pollution (en particulier aux particules fines) à Strasbourg.
    J’ai au contraire en ma possession des données montrant que rien n’a changé de façon significative!!

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