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Elections 13/02/2014

Le vote blanc définitivement adopté par le Parlement… mais pour après les municipales

par Aurélien Hélias

Le Sénat a adopté en deuxième lecture le 12 février la proposition de loi visant à reconnaître le vote blanc aux élections. Mais les bulletins blancs ne seront pas comptés parmi les suffrages exprimés et la reconnaissance de ce vote blanc n’interviendra qu’en mai 2014, après les municipales de mars.

Après l’Assemblée le 28 novembre 2013, le Sénat a définitivement adopté en deuxième lecture, dans le cadre d’un ordre du jour réservé au groupe UC-UDI, la proposition de loi visant à reconnaître le vote blanc aux élections sur le rapport de François Zocchetto (UDI-UC).

Le texte, déposé dès juillet 2012 par François Sauvadet (UDI) à l’Assemblée Nationale, prévoit qu’à partir du 1er avril 2014, les bulletins nuls seront bien décomptés, mais séparément des bulletins blancs. Une limite qu’a regrettée notamment François Fortassin (RDSE) : « Des membres de mon groupe regrettent qu’on n’intègre pas le vote blanc dans les suffrages exprimés. »

Un vote blanc possible pour les européennes
Autre restriction de taille, du moins à court terme : la procédure ne s’appliquera qu’à partir de mai prochain. De quoi éviter ainsi le décompte des votes blancs aux prochaines municipales – et de quantifier ainsi les déçus du gouvernement, et plus largement de la classe politique, le faisant savoir dans les urnes municipales – ont analysé plusieurs responsables politiques. Une « précaution » que les parlementaires n’ont pas jugée nécessaire de prendre pour le scrutin suivant, celui des élections de mai pour le Parlement européen.  

En outre, ce vote blanc ne sera reconnu ni aux élections présidentielles, ni aux référendums locaux, pour lesquels il aurait fallu une loi organique.

L’expression d’une « une attente non satisfaite »
Restent que de nombreux parlementaires ont souligné l’avancée que représentait cette reconnaissance d’un acte civique, jusqu’alors confondu avec l’indifférence des électeurs ne se déplaçant pas aux urnes. Car les bulletins blancs seront, à partir de mai 2014, décomptés séparément des bulletins nuls. Une enveloppe ne contenant aucun bulletin sera assimilée à un bulletin blanc.

 « Si l’abstention peut généralement être comprise comme une marque de désintérêt pour la vie politique, le vote blanc doit être vu comme une attente non satisfaite qui peut traduire une forme d’espérance. C’est un choix tout aussi respectable que les autres », a ainsi souligné Philippe Kaltenbach (PS).

 « Le vote blanc n’est pas qu’une vague fantaisie mais un thermomètre de la démocratie »,  a exhorté Pierre Charon pour l’UMP. « Mieux vaut voter blanc que bleu marine… », a pour sa part lancé l’écologiste Hélène Lipietz.

Respecter les candidats
Yves Détraigne a de son côté souligné l’intérêt de cette reconnaissance… pour les candidats eux-mêmes : « Voter blanc, ce n’est pas se moquer des candidats à l’élection. »

Le texte était également soutenu par le gouvernement : « La reconnaissance du vote blanc est intimement liée à la notion de démocratie représentative », a appuyé Alain Vidalies, ministre des Relations avec le Parlement. Ce dernier aurait préféré une application dès les municipales de mars 2014, assure-t-il, mais a fait valoir « des problèmes pratiques, d’ordre informatique notamment », pour justifier l’impossibilité d’une application rapide.

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  1. Le vote blanc a une principale qualité qu’il ne faut point occulter : Il permet de constater un pourcentage de voix pour chaque candidat, inférieur à ce qu’il aurait été en l’absence de vote blanc… j’an ai connu qui clamaient 82% alors que seulement 40% des électeurs s’étaient rendus aux urnes…

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