publicité

19/04/2012

Présidentielle – Logement : les candidats, tous bâtisseurs, affirment leur exigence en matière de logement social

par La rédaction

Sur le constat, les candidats à la présidentielle sont d'accord : la pénurie de logements est réelle. Il faut construire 500.000 logements par an. Les divergences portent sur les modalités pour y parvenir.

Cet article fait partie du dossier:

Présidentielle 2012 : les projets des 10 candidats pour les territoires

voir le sommaire

 Longtemps, le thème affleurait, était évoqué puis s’effaçait. Et, le 1er février 2012, avec la traditionnelle présentation du rapport de la Fondation Abbé Pierre sur l’état du mal-logement, le logement fait irruption dans la campagne présidentielle.

Auparavant, le 19 janvier, Thierry Repentin, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH), avait présenté « 10 propositions du mouvement HLM pour sortir de la crise« . Mais le 1er février, la présence de quatre candidats, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, François Hollande et François Bayrou, et du représentant d’un futur candidat, Henri Guaino pour Nicolas Sarkozy, consacrait le poids de la Fondation tout comme l’enjeu politique de la question.

Solennellement, les quatre candidats signent le « Contrat social pour une nouvelle politique du logement » proposé par la Fondation Abbé Pierre. Sur le constat, l’accord est clair : la pénurie de logements est réelle. Il faut construire 500.000 logements par an.

Les divergences portent sur les modalités pour y parvenir.
L’Union sociale pour l’habitat (USH) réclame un programme volontaire sur cinq ans.

  • Pour les Verts, ce sera 500.000 logements par an, dont 160.000 sociaux.
  • Même engagement pour le PS, mais avec 150.000 logements très sociaux.
  • Le Front de gauche se limite à 200.000 par an.

Propriétaires ou locataires ?

Pour qui construire ? Selon l’UMP, le logement social doit répondre aux besoins des personnes aux revenus modestes ou correspondre à une étape du parcours résidentiel. Il ne doit en aucun cas devenir « une rente de situation pour certains ».

Le PS se réclame de la mixité, avec le principe du « trois tiers bâtis » : un tiers de logement social, un tiers d’accession sociale et un tiers de logement libre.

L’USH, de son côté, demande qu’on n’oublie pas de construire pour la classe moyenne, là où l’on constate un grand écart de prix entre le social et le privé.
La FVM, elle, plaide pour un zonage adapté aux villes moyennes avec un parcours résidentiel au long de la vie.

L’UMP rappelle son objectif de « droit à l’achat du logement social ». Ce que EELV refuse en annonçant « l’arrêt des injonctions à vendre le patrimoine social ». Quant au Modem, opposé au slogan « tous propriétaires », il encourage le locatif privé.

Le Front national réaffirme la préférence nationale pour l’accès au logement social.

Aller au-delà des 20%

Pour parvenir aux objectifs de construction, l’USH propose de contraindre les communes qui ne mettent pas en œuvre la loi SRU à loger à leurs frais des ménages à faibles revenus. Les pénalités, qui devraient être renforcées, devraient être affectées à l’action foncière au niveau régional. L’Union demande aussi de passer à 25% là où les besoins sont importants.

L’AMGVF se contente des 20% mais avec une application stricte et un renforcement des pénalités. En réponse, quasiment tous les candidats proposent de passer à 25%, voire, pour certains, à 30% en zone tendue.

L’UMP se distingue en combinant cette hausse avec une baisse dans les zones détendues.

Le PS souhaite élargir l’obligation au périurbain et multiplier par cinq les sanctions.

Comment financer ? En augmentant le plafond du livret A et avec un important effort sur les aides à la pierre pour l’USH. Avec un doublement du plafond du livret A pour le PS.

Pas de construction sans foncier

L’USH réclame donc l’adoption d’une loi d’orientation foncière urbaine pour lutter contre la rétention foncière et l’enrichissement sans cause.

Le PS annonce son intention de mettre le foncier de l’Etat gratuitement à la disposition des collectivités pour qu’elles y construisent des logements dans les cinq ans.

EELV mettra un seuil minimum de densité aux abords des zones les mieux desservies.

Selon l’UMP, le sujet a déjà été traité avec l’adoption par les parlementaires du relèvement de 30% des droits à construire, dernier texte adopté par la législature. Comme un passage de relais symbolique avec la campagne.

Les loyers, thème de campagne

Faut-il les bloquer, les contrôler, les laisser libres ?

  • Jean-Luc Mélenchon les baisserait et limiterait loyers et charges à 20% des revenus des familles.
  • François Hollande les encadrerait en zone tendue dès la première location et lors des relocations.
  • Eva Joly installerait des observatoires des loyers par zones et établira un moratoire de trois ans.
  • François Bayrou les encadrerait à la relocation et créerait un observatoire des loyers.
  • Nicolas Sarkozy propose un bail « gagnant-gagnant » : loyer faible et pas de garantie, contre délai de préavis réduit et procédure d’expulsion accélérée. Nicolas Sarkozy est revenu sur son refus d’encadrer les loyers asséné pendant des mois, dans une interview accordée au magazine « Femme actuelle » daté du 16 avril 2012.

Dossier réalisé par Martine Kis, Xavier Brivet et Aurélien Hélias, « le Courrier des maires et des élus locaux », avril 2012

Sommaire du dossier

9 articles Lire le 1er article

Comments are closed.

publicité

Abonnez-vous