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18/04/2012

Campagne présidentielle – Un silence éloquent sur le rôle crucial des collectivités locales

par La rédaction

Peu présentes dans les discours des candidats à la présidentielle, les collectivités locales sont pourtant au cœur de nombre de politiques publiques que les prétendants à l'Elysée souhaitent réformer.

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En 2012, rares sont les candidats à l’Elysée qui évoquent le rôle des collectivités dans les politiques publiques. Elles sont ainsi absentes de la plupart des discours de Nicolas Sarkozy. Mais le site internet du candidat UMP les met violemment en cause pour leurs dépenses excessives, leurs créations de postes de fonctionnaires, 430.000 « hors transfert de décentralisation », l’augmentation de la pression fiscale locale.

De son côté, le candidat du PS, qui propose pourtant un nouvel acte de décentralisation, ne s’attarde pas sur le sujet. Parce que les poids lourds du parti sont tous élus locaux ?

De fait, la crise est passée par là, faisant des collectivités une variable d’ajustement pour un budget national difficile à boucler.

L’UMP annonce d’ailleurs le partage des « économies de dépenses » entre l’Etat, la Sécurité sociale et les collectivités et menace de moduler « les concours financiers de l’Etat en fonction des efforts réalisés » dans la mise en place d’une RGPP locale.

L’action locale méconnue

Trop dispendieuses, trop petites, trop d’élus… on ne compte plus les interventions politiques s’interrogeant sur le rapport coût-efficacité – pour ne pas dire qualité-prix- des collectivités, plus souvent évoquées dans les discours sur les finances publiques que sur la gouvernance des services publics.

S’y ajoute l’impression que la décentralisation n’est plus porteuse dans le débat national après une réforme qui, loin de simplifier le millefeuille, y rajoute des couches en omettant de parler des compétences. Pourtant, nombre de propositions de campagne ne peuvent être mises en œuvre sans les collectivités. Une réalité méconnue des candidats.

L’emploi ? Aucune trace de l’action des régions. La culture ? Pas de mention de l’action locale pour sauvegarder le patrimoine. La dépendance ? Oublié le rôle -pas uniquement financier- des conseils généraux.

Le PS annonce la tarification progressive de l’eau, sans détail sur l’impact pour les collectivités. Et comment imagine-t-il la réalisation de l’isolation de 1 million de logements par an sans leur apport ?

Les candidats oublient le rôle des acteurs locaux, mais comptent sur leurs financements. Le programme de l’UMP concède que « l’action des élus locaux est absolument essentielle ». Mais c’est pour appeler à « développer les logiques de contractualisation entre l’Etat et les collectivités », comme pour le logement. Autrement dit, pour les faire payer.

Les candidats sont attendus par les collectivités sur l’étendue et le financement de leurs compétences. Un avenir qui dépend également du futur rapport de forces avec le pouvoir législatif.

Législatives en vue

Depuis l’inversion du calendrier électoral, on imagine mal la nouvelle assemblée échapper au « camp » du chef de l’Etat juste élu. Verra-t-on une répétition du schéma actuel avec des collectivités majoritairement à gauche bataillant avec un pouvoir national de droite ? Ou une concentration des pouvoirs nationaux (Elysée, Assemblée, Sénat) et de la majorité des pouvoirs locaux dans les mains de la gauche ? Un schéma qui n’évitera pas pour autant les frictions sur le défi financier entre girondins et jacobins.

Or, ces derniers pourraient peser plus que prévu, si l’on en croit les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon, fermement opposé à la volonté de François Hollande de donner un pouvoir réglementaire aux régions.

Cette configuration d’une gauche majoritaire à l’Assemblée nationale pourrait jouer contre les grands élus locaux du PS. Car ces derniers ont dû se ranger derrière la volonté de leur candidat d’instaurer le non-cumul entre mandat parlementaire et fonction d’exécutif local. Bon nombre de parlementaires devront alors faire leur choix.

Parrainer, un privilège délaissé

Ils étaient 16 en 2002, 12 en 2007… 2012 confirme une révision à la baisse du nombre de candidats ayant obtenu leurs 500 parrainages, puisqu’ils seront 10 à se présenter au 1er tour, le 22 avril.

Officialisée par le Conseil constitutionnel, la liste des candidats révèle une frilosité des élus à accorder leur signature, puisque le nombre de parrainages diminue de 11%, par rapport à la précédente élection (15.047, contre 16.900 cinq ans plus tôt).

Ce qui signifie également que seuls 36% des élus, principalement locaux, habilités à accorder leur signature, ont franchi le pas.

Pour aller plus loin

Dossier de Martine Kis, Xavier Brivet et Aurélien Hélias, « le Courrier des maires et des élus locaux », avril 2011. Tous droits réservés.

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