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MUNICIPALES 2014 20/01/2014

Les transports : un des enjeux clés de la campagne

par Nathalie Da Cruz
Trolleybus, transport © Flickr-CC-P.Janicek

Le « tout-voiture » est bien derrière nous : la grande majorité des candidats, de gauche comme de droite, est aujourd’hui favorable à la « mobilité durable » (transports en commun, modes de déplacement doux, voitures électriques...). Pour autant, le thème des transports continue de démarquer les candidats les uns des autres. Et les élus expriment des inquiétudes quant aux financements. Témoignages.

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Municipales 2014 : carnet de campagne

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Carquefou : 18 000 habitants, 16 000 salariés

A Carquefou (18 000 habitants, Loire-Atlantique, en périphérie de Nantes), Véronique Dubettier-Grenier (divers droite) est en tête de liste pour la mairie. « Nous avons noté de belles améliorations du réseau de transport de Nantes métropole, mais il manque encore des liaisons entre les communes de périphérie », indique la candidate, qui est actuellement première adjointe en charge de la Famille et de l’Education.

Dans cette ville qui accueille tous les jours 16 000 salariés, « il va falloir impérativement créer deux axes de transport : l’un vers les zones d’activité et l’IUT, l’autre vers le futur lycée. Mais tout cela devra être discuté au sein de Nantes Métropole ». C’est donc un des enjeux forts de la campagne. « Le développement des transports en commun ne peut se faire que dans le cadre intercommunal, avec l’élaboration du PLH et du PLU », ajoute la candidate.

 

Reims, pour le retour en régie

A Reims, en 2008, les vues divergentes des candidats de droite, Catherine Vautrin et Renaud Dutreil, sur le projet de tramway avaient fait basculer les scores en faveur d’Adeline Hazan (PS), maire actuelle.

Aujourd’hui encore, le tramway est au cœur des débats. Certes, il fonctionne, « mais il n’est pas performant (seulement 17 km/h de vitesse commerciale) et, surtout, l’exploitant Transdev Reims connaît un déficit structurel, dû à un calcul budgétaire défavorable au départ au sein du PPP signé en 2006 », déclare Karim Mellouki conducteur chez Transdev Reims, et candidat à la mairie (tête de liste Front de Gauche). Pour Karim Mellouki, « il faudrait que le contrat soit renégocié et que Reims Métropole apporte des fonds ; et encore, ce ne sera pas suffisant ». D’où la position du Front de Gauche, qui souhaite une reprise du service des transports urbains en régie ou en Société publique locale (SPL).

 

Moirax, zone d’habitat dispersé

Actuel maire de Moirax (1200 habitants, Lot-et-Garonne), Henri Tandonnet, qui est aussi sénateur UDI, se représente à la mairie, sans étiquette. Le réseau de transport d’Agen Agglomération, mis en place en 2013, dessert Moirax, située à 10 km d’Agen. Un net progrès.

« Mais les lignes mises en place en 1re et 2e couronnes de l’agglomération ne permettent pas encore de desservir toutes les zones d’activités », commente celui qui est aussi élu à Agen Agglomération en charge des grandes infrastructures et du SCOT. Les pistes à creuser ? « Il pourrait être intéressant de créer des aires de rassemblement pour les voitures, d’où partiraient des bus de rabattement vers les territoires d’activité ». Le souci du financement est là : « Il faut développer l’offre pour la rendre attirante, ce qui suppose d’engager des coûts ; mais il n’est pas facile de trouver l’équilibre dans une zone périurbaine, à l’habitat très dispersé, comme la nôtre ».

 

Châteauroux tire le bilan de douze ans de gratuité

Le financement, encore et toujours… A Châteauroux (Indre, 50 000 habitants), douze ans après la mise en place de la gratuité totale du réseau, sur laquelle les élus de tous bords étaient à peu près d’accord, à l’époque, c’est l’heure des comptes.

Philippe Elion est candidat EELV sur la liste d’opposition menée par Mark Bottemine(PS-EELV-MRC-ADI)) : « Le réseau s’est beaucoup étendu depuis 2001 pour desservir les quinze nouvelles communes qui se sont agrégées. Résultat : son coût est passé de 1,5 million d’euros à 4,5 millions d’euros ! Pourtant, aucun candidat, de droite comme de gauche, n’ose revenir en arrière… Mais c’est une question qui finira par se poser un jour ».

Autre souci à Châteauroux : redonner de la vie au centre-ville qui se meurt peu à peu. « Pourquoi ne pas rendre les deux rues principales aux piétons les mercredis et les samedis, en leur proposant des navettes reliant des parkings en périphérie au centre-ville ? C’est une idée à creuser », ajoute Philippe Elion.

 

Toulouse : le métro, ou tramway et BHNS ?

A Toulouse, c’est autour de cette question que se cristallisent les débats. Ancien élu chargé des transports et de la circulation dans le précédent mandat, Jean-Michel Lattes (UDI) se présente sur la liste de Jean-Luc Moudenc (UMP), principal opposant au maire actuel, Pierre Cohen (PS).

« La seule réelle avancée menée par l’équipe actuelle, c’est le prolongement de 3 km d’une ligne de tramway qui va de Purpan(1) jusqu’au centre-ville… », selon Jean-Michel Lattes.

Alors, une 3e ligne de métro ou pas ? « L’équipe en place dit que c’est irréaliste financièrement et préfère miser sur le tramway et les BHNS. Nous avons fait nos calculs : il est possible de créer une 3e ligne, d’ici à 2025, pour 1,7 milliard d’euros. Cette ligne desservirait les zones d’activités, de Labège, au sud, jusqu’aux usines d’Airbus, à l’ouest. En parallèle, nous pensons à créer des pôles en périphérie, avec des parkings, connectés au métro ».

Aujourd’hui, comme en 2008, les transports restent des enjeux forts susceptibles de faire basculer une campagne…

Note 01:

Purpan : quartier situé à l'ouest de de la ville - Retourner au texte

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