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Municipales 2014 16/01/2014

Les élus de Ville & Banlieue lancent leur campagne

par Bénédicte Rallu
ville-et-banlieue © AMVBF

L’association des maires Ville & Banlieue de France (AMVBF) fait 14 propositions aux candidats aux municipales pour mieux intégrer la politique de la ville dans leur programme. Et salue l’orientation prise par le projet de loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, adoptée le 15 janvier au Sénat.

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Municipales 2014 : carnet de campagne

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Les élus de l’AMVBF se sont réjouis, lors d’une conférence de presse, le 16 janvier, de l’adoption par le Sénat le 15 janvier du projet de loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, présenté par le ministre de la Ville François Lamy (le texte devrait être définitivement adopté début février à l’issue d’une commission mixte paritaire). Ils ont présenté « 14 propositions pour 2014 – contribution de Ville & Banlieue à la campagne des élections municipales ».

Plusieurs points satisfont particulièrement l’association :

  • la retenue du critère unique pour la redéfinition des quartiers prioritaires ;
  • la place centrale des maires dans le dispositif ;
  • la méthode de coconstruction des futures politiques de la ville avec les habitants ;
  • la mobilisation du droit commun pour les quartiers prioritaires.

Rôle central des maires
Les maires seront un véritable « levier » vis-à-vis des présidents d’intercommunalités quant au « diagnostic » qu’ils pourront établir de leurs territoires, a souligné le président de l’association Renaud Gauquelin, maire PS de Rillieux-la-Pape (lire par ailleurs notre entretien).

Dans le contexte d’évolution importante des territoires eu égard à l’adoption du premier volet de l’acte III de la décentralisation (loi Mapam), cette place est « importante, notamment pour assurer la pérennité d’un contrat de ville, a estimé pour sa part Stéphane Beaudet, maire de Courcouronnes (Essonne). On aurait pu penser que les pouvoirs du maire pouvaient s’affaiblir avec la création des métropoles et l’imbrication entre la loi Mapam et le projet de loi sur la politique de la ville. Mais il faudra rester vigilant ».

Les maires de banlieue craignent, en effet, que leur voix soit peu audible dans les agglomérations et les métropoles. « Le pouvoir des maires peut s’étioler dans les métropoles les plus grandes », craint Stéphane Beaudet. L’AMVBF revendique donc pour les maires d’être les seuls à coordonner les actions portées par l’ensemble des acteurs dans les quartiers prioritaires. Quant à la gouvernance des futurs contrats de ville, « elle devra être pilotée par les maires dans le cadre d’une stratégie concertée à l’échelle intercommunale », affirme l’une des propositions du programme de l’association.

Coconstruction avec les habitants
La coconstruction de la politique de la ville avec les habitants est une autre grande avancée qui plaît à l’association. « Les esprits ont évolué. La prise en compte de la participation des habitants est fondamentale » pour réussir une politique de la ville a pointé Christophe Girard (Parti de gauche), maire adjoint de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Le retour dans le droit commun, la restauration de l’égalité entre les territoires en actant dans la loi l’existence de discriminations territoriales, ou encore l’égalité entre les agences Anru et Acsé marque « un retour à une forme de sagesse », a noté Philippe Rio (PCF), maire de Grigny (Essonne). Mais il faudrait articuler aussi, selon lui, le projet de loi sur la politique de la ville avec le projet de loi Alur, notamment sur les propriétés dégradées, le mal-logement étant un grand sujet de préoccupation de ces territoires de banlieues.

Trouver les réponses aux urgences
Les évolutions institutionnelles, notamment avec la création des métropoles, les réalités quotidiennes de ces territoires (désertification médicale, concurrence entre territoires pour attirer du personnel médical, enseignant, réponses à trouver aux urgences sociales…) font des maires de villes de banlieues des élus « extrêmement sollicités ».

« Nous n’arrivons pas à répondre, ce qui provoque un certain désenchantement, a reconnu Christophe Girard. Le maire n’est pas tout puissant. Il faudrait donner une prime aux maires bâtisseurs qui jouent le jeu de la résorption des problèmes de logements. »

« Dans les quartiers, nous faisons souvent du rustinage, a confirmé Stéphane Beaudet. Les maires de tout bord sont confrontés aux mêmes problèmes. »

Demande forte de la part des élus de l’AMVBF : « Interdire le droit au logement opposable (DALO) dans les quartiers prioritaires », sauf avis contraire du maire.

 

L’association fait donc 14 propositions pour mieux prendre en compte la politique de la ville dans les programmes des candidats aux municipales sur les questions :
– de solidarité (entre les quartiers, mobilisation du droit commun) ;
– de démocratie (maire cheville ouvrière de la politique de la ville, reconnaissance citoyenne des quartiers, soutien aux associations) ;
– de logement (rééquilibrage de l’habitat au sein des agglomérations, lutte contre la précarité énergétique) ;
– de développement et d’emploi ;
– d’éducation (lutte contre le décrochage scolaire) ;
– de santé (soutien à la médecine de ville et politique de prévention) ;
– de culture et de sport.

Références

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