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Lutte contre la précarité 18/12/2013

Les épiceries sociales et solidaires veulent sortir du Fonds européen d’aide alimentaire

par Sophie Le Gall
Un-sans-domicile-fixe © Flickr/jean-louis zimmermann

Le passage, au 1er janvier 2014, du Programme européen d’aide alimentaire (PEAD) au Fonds européen d’aide alimentaire (FEAD) introduit l’obligation de la gratuité du don. Les épiceries sociales et solidaires se mobilisent pour défendre le principe de la participation du bénéficiaire.

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Si le maintien de l’aide alimentaire européenne et de son budget, qui va prendre, au 1er janvier 2014, la forme du Fonds européen d’aide alimentaire (FEAD), a été accueilli comme une bonne nouvelle, les responsables des épiceries sociales, structures municipales, et solidaires, structures associatives, se montrent beaucoup plus circonspects.

« Le renouvellement de l’aide européenne, qui n’était pas acquis, est, bien entendu, une bonne chose. Mais le passage du Programme européen d’aide alimentaire (PEAD) au Fonds européen d’aide alimentaire (FEAD) impose la gratuité du don. Or, nous avons fondé notre modèle sur la participation financière, même modique (10 à 30 % du prix usuel), du bénéficiaire. En donnant sans contrepartie, on place le public dans une situation de recevabilité. Nous voulons continuer de lutter contre l’exclusion sans favoriser l’assistanat et en respectant la liberté des personnes », explique Guillaume Bapst, directeur de l’Association nationale de développement des épiceries sociales et solidaires (ANDES), qui regroupe environ 300 structures.

Négociations avec Marie-Arlette Carlotti
L’ANDES a pris la décision de « sortir du FEAD », annonce Guillaume Bapst, et a engagé une discussion en ce sens avec Marie-Arlette Carlotti, ministre en charge de la Lutte contre l’exclusion. « La solution serait que le gouvernement dégage en notre faveur une ligne budgétaire particulière sur la subvention européenne. Nous serions ainsi libres de notre organisation. Je crois que les raisons de notre demande ont été comprises et que nous avons des chances d’aboutir rapidement », précise-t-il. Cette autonomie permettrait également aux structures d’avoir la maîtrise de la nature de l’aide alimentaire distribuée. « En faisant nous-mêmes nos achats, nous pourrions proposer davantage de produits frais et ainsi répondre aux exigences nutritionnelles, voire soutenir le développement de filières de productions locales », s’enthousiasme le directeur de l’ANDES.

L’aide alimentaire européenne va représenter 3,5 milliards d’euros pour la période 2014-2020, dont 500 millions d’euros pour la France. Le montant du FEAD est égal à celui du PEAD, mais il est réparti en un plus grand nombre de pays bénéficiaires, ce qui va diminuer la dotation de chaque Etat. Le gouvernement français s’est engagé à compenser cette baisse par « un abondement exceptionnel ».

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