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Social 12/09/2013

Les CCAS constatent une augmentation des demandes d’aides

par Martine Kis
Social, CCAS © Phovoir

Le Baromètre annuel de l'Unccas montre que les centres communaux d'action sociale (CCAS) sont confrontés à une hausse des demandes d'aides. Autre indicateur préoccupant : le renoncement aux soins médicaux augmente en 2013.

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Le maire et la lutte contre la précarité : l'action des territoires

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« Le paquebot de la pauvreté continue à voguer. Et il n’est pas arrivé au quai de la rupture de ce cercle infernal ». Le président de l’Unccas, Patrick Kanner, ne se satisfait manifestement pas d’assister à la montée de la pauvreté et de la précarité, « un mal pour la société et la République ».

Les données du Baromètre de l’action sociale locale 2013, présenté par l’Unccas le 12 septembre 2013, montrent que « la lutte contre la pauvreté doit être une priorité nationale, au même titre que l’emploi, la santé et l’éducation », estime le président.

Indicateurs à la hausse
Les indicateurs de la pauvreté, vus à travers l’activité des CCAS sont tous à la hausse. 77 % des CCAS ayant répondu à l’enquête ont observé une augmentation globale des demandes d’aides, aussi bien en nombre qu’en montant d’aide demandée.

Malgré les difficultés sociales, une forme de calme règne. La cocotte-minute chauffe, mais son couvercle est solide. Jusqu’à quand ? » [Patrick Kanner]

Pour la troisième année consécutive, les demandes d’aide financière sont en tête des sollicitations.

Premier motif : l’aide au payement du loyer ou de la facture d’énergie. Suivent les impayés aux services municipaux, les frais de transport et les facture téléphone et internet. Conséquence : les trois quarts des CCAS ont augmenté leur budget des aides facultatives entre 2009 et 2012, parfois au détriment d’autres dépenses (structure, personnel, etc.).

« Les budgets des CCAS sont en hausse, constate Daniel Zielinski, délégué général de l’Unccas. Mais pas assez par rapport à l’envolée des besoins sociaux ».

De façon croissante, les CCAS sont la porte d’entrée vers les dispositifs gérés par d’autres acteurs, tel le fonds de solidarité logement, la sécurité sociale, la caisse d’allocations familiales. C’est ainsi que des conventions ont été signées avec la CNAM et la Banque de France, pour la formation des agents et le montage de dossier.

Renoncement aux soins, surtout en milieu urbain
Le baromètre 2013 a braqué le projecteur sur la santé et de l’accès aux soins. Depuis 2009, les CCAS constatent une augmentation globale des demandes d’aides relatives à la santé : aide au paiement des soins, à l’acquisition d’une mutuelle, à la prise en charge des frais non remboursés, au reste à charge… La réponse consiste en un accompagnement administratif et/ou une aide financière pour les deux tiers des CCAS.

Autre constat : le renoncement aux soins est important, surtout en milieu urbain. En milieu rural, il s’agit du deuxième poste auquel les ménages renoncent, après l’énergie. Probablement parce que la population en milieu rural, plus âgée, ne peut renoncer aux soins médicaux comme les jeunes urbains. Lorsque le CCAS d’une petite commune participe à une coordination des acteurs de la santé, il en assure plus souvent le pilotage que dans les grandes villes.

LA MEDECINE SCOLAIRE AUX DEPARTEMENTS ?
Patrick Kanner, qui préfère parler le « bloc de cohérence » plutôt que de bloc de compétence, propose que l’Etat transfère aux départements la médecine scolaire. « La dominante prévention des départements, avec les PMI, etc., serait bien complétée par la médecine scolaire », note-t-il, soulignant la modicité des moyens que l’Etat y affecte. Si les départements maîtrisaient le champ complet de la prévention santé, l’état sanitaire de la population progresserait. Il cite en exemple la lutte contre l’obésité qui touche 1 jeune défavorisé sur 4. Naturellement, les départements pourraient s’appuyer sur les CCAS.

 

CCAS FACULTATIFS : L’UNCCAS MET EN GARDE

La proposition de loi Doligé de simplification des normes transmise à l’Assemblée nationale le 12 juin 2013 prévoit de rendre les CCAS facultatifs dans les communes de moins de 1500 habitants.  Ce serait « un très mauvais signe en termes d’accès aux droits sociaux », prévient l’UNCCAS : cette simplification n’aidera les maires ni à « prendre leurs responsabilités dans le champ social », ni à les outiller « pour répondre aux besoins sociaux sur leur territoire ». De plus, cela fragiliserait, estime l’Union, les CIAS.

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