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Education 02/09/2013

4 000 communes expérimentent les nouveaux rythmes scolaires

par Martine Kis
classe-vide-ecole-phovoir © Phovoir

22,2% des élèves de l’enseignement public découvrent les nouveaux rythmes scolaires lors de cette rentrée. En année électorale, la majorité des collectivités ont préféré attendre, craignant de mécontenter enseignants et parents. Pour celles qui se sont lancées, la formation du personnel apparaît comme une obligation à laquelle elles doivent répondre rapidement.

Cet article fait partie du dossier:

Collectivités territoriales : l'aménagement des rythmes scolaires

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A la rentrée 2013, près d’un écolier sur 4 bénéficiera des nouveaux rythmes scolaires, ce qui représente 1,3 million d’élèves et 22,2% des élèves de l’enseignement public, selon le décompte du ministère de l’Education nationale. 4 000 communes, sur les 24 000 qui ont une école primaire, sont concernées par la mise en œuvre des rythmes scolaires dès cette rentrée.

Parmi elles, peu de grandes villes, hormis Paris, Nantes, Grenoble et Brest, toutes villes de gauche. Lille, Lyon ou Montpellier, ainsi que les grandes villes de droite préfèrent attendre la rentrée de 2014.

Il s’agit d’une « révolution douce » qui va réduire les inégalités et permettre d’avoir des enfants « plus épanouis », a estimé le 27 août Vincent Peillon, à Feyzin, près de Lyon. Cette réforme est un « message fort sur l’égalité sociale, a-t-il ajouté. Le mercredi matin, il n’y a que 25% d’enfants qui vont au centre aéré, les autres restent chez eux. Là, selon des études, ça va être 80% d’enfants qui vont être pris dans le périscolaire ».

150 € par enfant et par an
L’Association des maires de France estime le coût de la mise en place de la réforme à 150 € par enfants et par an. Selon Yves Blein, maire de Feyzin, qui fait partie de la première vague, le coût pour la commune est plutôt de 200 €, dont il faut déduire l’aide de l’Etat. En effet, celui-ci a mis en place un fonds d’amorçage à destination des communes se lançant dans la réforme dès cette année.

Les scénarios de mise en place de la réforme diffèrent grandement selon les collectivités, note Anne-Sophie Benoît, présidente de l’ANDEV. Locaux, horaires, recrutements… autant de variables. Ainsi, les locaux posent un problème lorsque les enseignants considèrent qu’ils leurs appartiennent. La collectivité doit alors déplacer les enfants vers une salle de sport ou une maison de quartier, ou encore agrandir les ateliers périscolaires, ce qui entraine des coûts supplémentaires. Selon les ressources de la collectivité, il est fait appel à des animateurs professionnels, à des bénévoles, des associations ou même aux enseignants.

« La formation, un point vital »
« La formation est un point vital de la mise en œuvre de la réforme. Il s’agit d’un véritable défi pour les villes qui doivent former en masse des agents », rappelle Anne-Sophie Benoît. Les collectivités doivent rapidement former le personnel des collectivités territoriales, qui ne possède ni BAFA ni BAFD. « Pour aller vite, les collectivités travaillent avec la VAE et la certification de qualification professionnelle », explique-t-elle. Il est par ailleurs important de construire avec le CNFPT une formation qui relève de la filière animation et de la Jeunesse et des Sports. « Pour le personnel, il s’agit d’interventions autres que dans les centres scolaires et les centres de vacances puisqu’ici il y a un contenu éducatif », précise-t-elle. Les agents déjà qualifiés devraient être formés rapidement dès la rentrée de septembre. Puis, les autres agents en fonction suivront une formation continue sur l’année.

Du côté des horaires règne une grande variété de situation également, des villes qui travaillent par quart d’heure de façon à s’en sortir à moindre coût, jusqu’à celles, telle Lille, qui souhaitent dégager une demi-journée complète, ce qui nécessite l’aval du rectorat.

La prudence de Montpellier Agglomération
Montpellier Agglomération y va, sans y aller tout à fait. Avec prudence. De façon à pouvoir communiquer sur la mise en place des nouveaux rythmes scolaires sans que Montpellier soit concerné. En effet, en septembre 2013, ce sont 10 communes sur les 31 de l’agglo qui inaugureront les nouveaux rythmes. Soit 35 000 habitants sur 400 000 et 11% des élèves de primaires de l’agglo. Le reste du territoire attendra septembre 2014.

L’agglo n’en lance pas moins l’élaboration d’un schéma directeur temps et territoire (SDiTT), une « première en France » selon l’agglo, portant sur les transports, les horaires des services et les rythmes scolaires et de travail.

102 000 € ont été voté sur le budget de Montpellier agglomération pour les mesures d’accompagnement.

Cette première période de mise en place de la réforme permettra à l’agglo d’évaluer les mesures prises avant de les généraliser. Celles-ci s’organisent autour de parcours culturels, de formations à destination des intervenants communaux, une offre de transport adapté pour les transferts entre école et centre de loisirs intercommunal.

Expérimentation à Pau
A Pau, pour 4 550 élèves concernés, 400 animateurs (étudiants, ATSEM etc.) sont mobilisés. Un taux d’encadrement plus important que celui requis par la réforme. En effet, le décret n°2013-707  du 2 août 2013 sur l’encadrement des activités périscolaires a fait droit à une demande des élus. Pour une durée de 3 ans, et à titre expérimental, celui-ci permet d’avoir, au minimum, un animateur pour quatorze enfants âgés de moins de six ans (au lieu de 10 précédemment) et un animateur pour dix-huit enfants âgés de six ans ou plus (au lieu de 14), dans le cadre d’un projet éducatif territorial.

« Certaines expériences sont très innovantes, souligne Anne-Sophie Benoît. D’autres, assez nombreuses, sont plus centrés sur les besoins des enseignants que sur ceux des enfants. On peut le regretter. Mais cette période électorale n’est pas la meilleure, ce qui explique que de nombreuses collectivités reculent. »

Celles qui attendent la rentrée de septembre 2014 ne sont cependant pas plus tranquilles. Pour être prêtes, il leur faut impérativement achever les négociations avec les acteurs éducatifs, enseignants et territoriaux, fin novembre, avant le circuit de validation du projet de la collectivité.

 

Et les enfants handicapés ?
Les enfants handicapés risquent de rester sur le bord de la route, relève un article de lagazette.fr. Les auxiliaires de vie scolaire (AVS) dont le statut va être enfin reconnu continueront à intervenir sur les temps de classe. En effet, le dispositif « portera, le plus souvent, sur la même quotité de temps de travail que le CDD qu’ils avaient jusque-là », explique le gouvernement. Ce qui signifie, concrètement, qu’il incombera aux collectivités de prendre en charge l’accompagnement des enfants handicapés en dehors du temps scolaire.

Chiffres Clés

  • 72 % des écoles ont mis en place une organisation avec des horaires identiques sur les 4 journées entières (à 1/4h près).
  • 23 % des écoles ont mis en place une organisation avec un ou deux après-midi plus courts que les autres.
  • 5 % des écoles ont choisi un autre modèle d’organisation du temps scolaire, dont 1% avec classe le samedi matin.
  • Parmi les 4 000 communes ayant choisi de mettre en œuvre la réforme dès cette rentrée, seules 176 ont effectué une demande de dérogation aux principes nationaux d’organisation du temps scolaire.
    (Source : ministère de l’Education nationale)

Références

  • Décret n° 2013-707 du 2 août 2013 relatif au projet éducatif territorial et portant expérimentation relative à l'encadrement des enfants scolarisés bénéficiant d'activités périscolaires dans ce cadre

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